(Actualisé avec détails, contexte et commentaires d'analystes)
LVMH LVMH.PA chute en Bourse mercredi après la publication des résultats du quatrième trimestre du géant du luxe, le marché sanctionnant la baisse des marges du groupe et son ton prudent face aux premiers signes de reprise de la demande.
A Paris, vers 10h39 GMT, le titre abandonne 6,82% à 549,10 euros et le CAC 40 .FCHI perd 0,97% au même moment.
Dans son sillage, ses concurrents Kering PRTP.PA , Hermès
HRMS.PA et Moncler MONC.MI perdent entre 1,55% et 2,75%. Burberry BRBY.L et Richemont CFR.S sont dans le rouge aussi, reculant de 2,56% et 0,65% respectivement.
"Si le leader du marché se montre un peu plus prudent pour l'année à venir, cela jette bien entendu une ombre sur l'ensemble du secteur du luxe", estime Carole Madjo, analyste chez Barclays.
FAIBLE CROISSANCE DE LA CHINE
LVMH a indiqué que ses ventes sur le marché chinois avaient augmenté au cours du trimestre, alors que ce marché clé renoue avec la croissance, mais les analystes ont estimé que ces résultats étaient moins encourageants que prévu après les commentaires optimistes de Richemont et Burberry sur la Chine au début du mois.
Les investisseurs sont à la recherche de signes confirmant un rebond du secteur cette année après un ralentissement prolongé, et les résultats de Richemont CFR.S et Burberry
BRBY.L ont surpris à la hausse.
Bien que LVMH ne fournisse pas de données sur la Chine en tant que marché individuel, l'Asie, hors Japon, a représenté 26% de ses ventes l'année dernière mais elles n'ont augmenté que de 1% au quatrième trimestre.
La croissance de 2% enregistrée dans la région au troisième trimestre avait suscité l'espoir que le long ralentissement du secteur du luxe touchait à sa fin, entraînant une forte hausse des actions du secteur en octobre.
Jelena Sokolova, analyste chez Morningstar, a toutefois déclaré que l'optimisme qui avait alimenté cette reprise se heurtait désormais à une réalité plus complexe.
"Les investisseurs commencent à s'inquiéter du fait que, pour soutenir les valorisations auxquelles ils sont parvenus depuis mi-2025, il faudrait une reprise. Et celle-ci ne semble pas imminente", a-t-elle déclaré.
GÉOPOLITIQUE ET INCERTITUDE ÉCONOMIQUE
Le président-directeur général du groupe, Bernard Arnault a déclaré mardi lors d'une conférence de presse "qu'il y a de quoi être un peu réservé" pour 2026 compte tenu des crises géopolitiques et de l'incertitude économique.
Le segment mode et maroquinerie, qui représente l'essentiel des bénéfices, a enregistré une baisse organique de 3%. Selon Carole Madjo de Barclays, les investisseurs espéraient que la division dépasserait les attentes.
Les acheteurs chinois, y compris les touristes à l'étranger, représentent près d'un tiers des ventes de mode et de maroquinerie de LVMH, selon les estimations d'UBS.
"Nous espérons tous voir les clients de l'entrée de gamme revenir davantage cette année, mais il n'y a aucune garantie claire à ce stade. Cela pourrait encore prendre plus de temps que ce que nous espérons tous", a dit Carole Madjo.
La marge d'exploitation de l'entreprise pour l'année a reculé à 22%, contre 23,1% en 2024, affectée par la combinaison des droits de douane américains, de la faiblesse du dollar et du ralentissement de la demande.
La directrice financière, Cécile Cabanis, a déclaré qu'une nouvelle croissance des ventes serait nécessaire pour que les marges rebondissent.
Les analystes ont également déclaré que la forte baisse de 9% des ventes de la division vins et spiritueux de LVMH était préoccupante, même si cette activité ne représente que 6,6% du revenu total.
(Rédigé par Mara Vîlcu, avec Helen Reid et Dominique Patton, édité par Blandine Hénault et Kate Entringer)

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