La banque britannique Lloyds a publié mercredi un bénéfice net en forte hausse au premier trimestre, profitant de taux d'intérêts qui restent élevés, mais a prévenu que la guerre au Moyen-Orient risque de peser sur l'économie britannique, dont elle dépend.
(illustration) ( AFP / HENRY NICHOLLS )
Avec un bénéfice net en hausse de 40%, à 1,4 milliard de livres (1,6 milliard d'euros), la banque a "affiché une forte rentabilité", a salué dans un communiqué son directeur général Charlie Nunn, affirmant que le groupe "demeure résilient dans le contexte des incertitudes économiques actuelles".
La banque dit avoir profité d'une "marge nette d'intérêt bancaire plus élevée", mais aussi de "la croissance de l'activité de ses clients" ou encore du développement d'activités telles que le financement automobile au Royaume-Uni.
Si la Banque d'Angleterre a abaissé son taux directeur à six reprises depuis août 2024, elle ne l'a plus bougé depuis le début de l'année. Elle devrait encore le laisser inchangé jeudi, à 3,75%, les investisseurs ayant lourdement revu à la baisse leurs anticipations de réductions de taux depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient.
Mais si des taux d'intérêts plus élevés dopent les revenus des banques, Lloyds, qui dispose du plus grand réseau d'agences bancaires du Royaume-Uni, est aussi particulièrement dépendante de l'évolution de l'économie britannique puisqu'elle est avant tout une banque de détail, proposant des services aux particuliers et aux entreprises.
Or si la banque n'a pas modifié mercredi ses perspectives de résultats pour l'année, elle a tout de même annoncé un "impact de 151 millions de livres dû à la détérioration des perspectives économiques résultant du conflit au Moyen-Orient".
Le centre de réflexion National Institute of Economic and Social Research (NIESR) a chiffré mercredi à 35 milliards de livres (40 milliards d'euros) l'impact sur l'économie britannique du choc énergétique lié à la guerre, même dans le scénario le plus favorable d'une fin rapide du conflit.
"Pour l'instant, il y a peu, voire aucun signe de détérioration dans l'ensemble du portefeuille de prêts" de Lloyds, a cependant souligné Richard Hunter, analyste chez Interactive Investor.
Et le fait que la banque maintienne ses prévisions "laisse penser que la direction voit encore dans la perspective de taux plus élevés pendant plus longtemps un soutien suffisant pour compenser les pressions qui s’exercent ailleurs", a complété Matt Britzman, analyste de Hargreaves Lansdown.
Le titre de Lloyds à la Bourse de Londres reculait d'un peu plus de 1% mercredi matin.
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