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* La Fed réoriente sa politique vers une orientation plus restrictive
* La Banque d’Angleterre maintient ses taux inchangés mais suspendra ses ventes d’obligations
* La Banque du Japon devrait relever ses taux, mais mettra l'accent sur les perspectives et les flux de rapatriement
par Stefano Rebaudo et Sophie Kiderlin
Les principales banques centrales s’engagent sur la voie du resserrement monétaire, la Réserve fédérale ayant réorienté mercredi sa politique vers une orientation plus restrictive, alors même que les opérateurs continuent d’anticiper une réponse politique plus agressive que celle prévue dans le « dot plot » de la banque centrale américaine.
Selon les économistes, les marchés surévaluent les hausses de taux à venir, dans un contexte où l’on craint une aggravation du choc pétrolier après la prise par les Houthis d’un tronçon stratégique du littoral de la mer Rouge, une manœuvre perçue comme le signe d’une position plus affirmée de la part de cette milice soutenue par l’Iran.
Voici où en sont les banques centrales des dix économies développées du G10, classées par ordre décroissant de taux directeur.
1/ AUSTRALIE
La Banque centrale d’Australie a relevé ses taux d’intérêt à trois reprises cette année, les portant à 4,35 %, annulant ainsi entièrement les baisses de l’année dernière.
La voie semble clairement ouverte à une nouvelle hausse , en particulier après les chiffres d’inflation élevés enregistrés en juillet . Le vice-gouverneur de la banque centrale a déclaré que les décideurs politiques débattraient de l’opportunité d’une hausse lors de leur réunion prévue plus tard ce mois-ci.
Les marchés s’attendent globalement à ce que la banque centrale relève ses taux à cette occasion.
2/ NORVÈGE
La Norvège affiche l’un des taux les plus élevés du G10 et devrait bientôt arriver au terme de son cycle de hausse des taux. La Norges Bank, qui se réunira le 24 septembre, a maintenu ses taux inchangés à 4,25 % en août et a noté que l’inflation s’était modérée.
L’économie a quant à elle progressé à un rythme plus lent que ne l’avaient prévu les économistes au deuxième trimestre, à seulement 0,3 %, tandis que les marchés anticipent une nouvelle hausse d’un quart de point d’ici la fin de l’année.
3/ ROYAUME-UNI
La Banque d'Angleterre a maintenu jeudi ses taux inchangés, comme prévu, à 3,75 %. Trois membres du comité de politique monétaire ont voté en faveur d'une hausse, soit le même nombre que lors de la précédente réunion de la banque centrale.
Mais les responsables ont également tiré la sonnette d’alarme sur l’inflation, le gouverneur Andrew Bailey avertissant qu’un conflit prolongé au Moyen-Orient pourrait nécessiter un resserrement de la politique monétaire.
Les marchés tablaient jusqu’à présent sur au moins une hausse des taux de la Banque d’Angleterre cette année, avec la possibilité d’une autre.
4/ ÉTATS-UNIS
La Fed a relevé ses taux et a laissé entrevoir d’autres hausses , une décision qui a apaisé les inquiétudes concernant l’indépendance de la banque centrale face aux demandes du président Donald Trump en faveur d’une baisse des taux.
Sans ce signal clair, les investisseurs auraient pu se demander si une Fed dirigée par Kevin Warsh resterait déterminée à maîtriser l’inflation, ce qui aurait pu peser sur les actifs américains.
Toutefois, alors que les décideurs prévoient une nouvelle hausse des taux en 2026 et un statu quo en 2027, les traders anticipent plus d’une hausse cette année et environ trois hausses d’ici fin 2027.
5/ NOUVELLE-ZÉLANDE
La Banque centrale de Nouvelle-Zélande a relevé ses taux pour la deuxième réunion consécutive, les portant à 2,75 % au début du mois, comme prévu. Mais elle a également laissé entendre que tout nouveau resserrement serait probablement modéré, compte tenu de l’aggravation des risques pesant sur les perspectives économiques.
Lesdernières données sur la de la croissance économique se sont quant à elles révélées supérieures aux attentes, signe de résilience. Les marchés anticipent au moins un nouveau relèvement d’ici la fin de l’année.
6/ ZONE EURO
La Banque centrale européenne a relevé ses taux pour la deuxième fois cette année au début du mois et a adopté un ton restrictif face à la hausse des prix de l’énergie.
Les marchés anticipent au moins une nouvelle hausse d’ici la fin de l’année et un taux de dépôt supérieur à 3 % en 2027. Mais certains économistes s’attendent à ce que le choc énergétique pèse sur la croissance économique et contribue à freiner les pressions inflationnistes jusqu’à l’année prochaine.
7/ CANADA
La Banque du Canada a maintenu ses taux inchangés au début du mois, mais son gouverneur, Tiff Macklem, a déclaré qu’elle pourrait relever ses taux à plusieurs reprises si l’inflation restait élevée.
Cela marque une rupture par rapport à son message précédent, selon lequel les risques haussiers sur l’inflation et les risques baissiers sur la croissance étaient globalement équilibrés.
Depuis lors, des signes de ralentissement du marché du travail sont apparus et les tensions commerciales avec les États-Unis assombrissent les perspectives économiques . Les marchés anticipent néanmoins une nouvelle hausse d’ici la fin de l’année.
8/ SUÈDE
La Riksbank suédoise se range du côté des "colombes" et devrait maintenir son taux directeur à 1,75 % lors de sa réunion prévue plus tard ce mois-ci.
Les chiffres de l’inflation du mois d’août se sont révélés inférieurs aux attentes, ce qui renforce cette opinion.
Les marchés s'attendent toutefois à une hausse des taux d'ici la fin de l'année.
9/ JAPON
La Banque du Japon devrait relever ses taux à 1,25 % lors d’une réunion très attendue prévue cette semaine, mais les investisseurs seront attentifs au ton "hawkish" que tiendront les décideurs politiques à l’issue de la réunion .
Les économistes interrogés par Reuters s’attendent à ce que les taux atteignent 1,75 % au deuxième trimestre 2027, soit plus tôt que prévu.
Sur les marchés financiers, l'attention reste focalisée sur les éventuels flux de rapatriement provenant du Fonds de pension public japonais, alors que la hausse des rendements nationaux renforce l'attrait des actifs locaux.
10/ SUISSE
Les marchés s’attendent à ce que la Banque nationale suisse maintienne son taux directeur à 0 % lors de sa réunion du 24 septembre et le laisse à ce niveau jusqu’à une date avancée de l’année prochaine.
Les données faisant état d’une hausse des prix à la consommation et d’une forte croissance économique ont laissé entrevoir la possibilité d’une intervention plus précoce. Toutefois, la vigueur du franc suisse a contribué à modérer l’inflation, réduisant ainsi la nécessité d’un resserrement monétaire.

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