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Les marchés européens fragilisés par la politique et l'obligataire
information fournie par Zonebourse 05/10/2026 à 17:52

Les Bourses européennes ont clôturé la première séance de la semaine en ordre dispersé. Elles expriment leur inquiétude autour des finances publiques françaises et restent attentives aux agitations sur le marché obligataire ainsi qu'aux évolutions des négociations diplomatiques au Moyen-Orient. Le CAC 40 rechute, perdant 0,80% à 7 834,10 points. En revanche, Londres, Francfort et Amsterdam gagnent respectivement 0,34%, 0,06% et 0,64%.

A Wall Street, la tendance est similaire. Le Dow Jones recule de 0,08%, après 17h45. A l'inverse, le Nasdaq gagne 0,74% et le S&P 500 progresse de 0,47%.

Tensions sur la dette française et crise diplomatique au Moyen-Orient

Cette nervosité des marchés actions s'explique en grande partie par les vives tensions qui secouent le secteur obligataire. L'écart de rendement entre l'OAT française et le Bund allemand à 10 ans évolue actuellement aux alentours de 140 à 150 points de base (soit environ 1,40 à 1,50%), atteignant des niveaux inédits depuis la crise de la zone euro en 2012. Cette hausse traduit les pressions sur la dette en France. Elle résulte directement des incertitudes budgétaires qui pèsent sur la trajectoire des finances publiques et du programme d'émissions record prévu par l'Etat via l'Agence France Trésor.

Au-delà des turbulences sur l'obligataire, l'environnement international reste marqué par la géopolitique où l'impasse persiste entre l'Iran et les Etats-Unis. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a déclaré hier que la riposte iranienne sera "plus forte qu'auparavant" en cas d'attaque militaire, tout en soulignant qu'il n'existe "aucune solution militaire, ni aucune solution fondée sur de nouvelles sanctions" au conflit entre les deux pays.

Araghchi estime que "seules des négociations basées sur la justice et l'équité permettront de trouver une solution pour mettre fin à ce conflit et à l'agression illégale et injuste contre l'Iran."

Le pétrole poursuit son repli malgré des exportations en hausse

Dans ce contexte pesant, les cours du pétrole continuent de reculer. Après 17h45, le baril de Brent perd 1,17% à 101,80 dollars. Le WTI américain recule de 0,09% à 90,74 USD.

Cette baisse des cours s'accompagne d'une progression des exportations pétrolières au Moyen-Orient en septembre 2026, mais les navires restent exposés aux attaques. Selon des données de Kpler (entreprise française de data intelligence) rapportées par le Financial Times le 29 septembre dernier, les exportations moyennes atteignent 15,5 millions de barils par jour (bpd), soit plus de 80% de la moyenne d'avant-guerre.

L'euro au plus bas depuis 17 mois

L'aversion pour le risque ne touche pas uniquement les matières premières : elle pèse tout autant sur le marché des changes, où la monnaie unique accuse le coup.

L'euro démarre la semaine sous pression, après avoir déjà souffert au cours des séances précédentes. Les craintes budgétaires françaises ravivent le spectre d'une contagion à l'ensemble de la zone euro et poussent la monnaie unique à des niveaux inédits depuis mai 2025.

L'euro a lâché 0,5% à 1,1193 USD au début de la journée ce lundi, évoluant à son plus bas niveau depuis 17 mois. La monnaie européenne a cédé après la clôture 0,4% à 1,1209 USD.

Elle avait d'ailleurs bouclé vendredi une cinquième semaine consécutive de baisse. Le mouvement s'est accéléré sous l'effet des tensions sur le marché obligataire français. Depuis le week-end, la rumeur d'élections anticipées en Espagne renforce la prudence des opérateurs, qui n'ont pas oublié les crises qui ont ébranlé la zone euro par le passé.

Schneider Electric bon dernier du CAC 40

Pendant que la monnaie européenne baisse, les sociétés cotées enregistrent des trajectoires très contrastées. Schneider Electric a plongé de près de 10%, terminant lanterne rouge du CAC 40 après l'annonce de la conclusion d'un accord définitif pour acquérir l'éditeur américain de logiciels d'ingénierie PTC pour environ 20,1 milliards d'euros. La finalisation de l'opération est attendue d'ici au 3e trimestre 2027, sous réserve notamment du feu vert des autorités réglementaires. Depuis le début de l'année, le titre progresse de 16%.

Au sein de cet indice phare parisien, en revanche, Air Liquide a progressé de 0,35% après avoir dévoilé son nouveau plan stratégique à horizon 2030, baptisé Beyond. Structurée autour de trois piliers (Ecoute, Croissance, Performance), cette feuille de route vise à capter la croissance des grandes mutations mondiales, notamment la transition énergétique, l'électronique poussée par l'intelligence artificielle, la santé à domicile et le spatial. Au niveau de la rentabilité, le géant français des gaz industriels et de la santé vise un retour sur capitaux employés récurrent supérieur à 11% et une amélioration de la marge opérationnelle de 400 à 600 points de base.

De son côté, Atos a remporté un contrat d'un montant de 350 millions de livres sterling sur six ans auprès de la police métropolitaine de Londres (Metropolitan Police Service, MPS). Le groupe français de services informatiques fournira des services numériques de bout en bout, assurera la maintenance des principales applications métiers du système d'information du MPS.

Secteur privé : des indicateurs économiques encourageants

Côté statistiques, les investisseurs ont digéré la publication de plusieurs indicateurs sur le secteur privé.

En zone euro, la dynamique s'est renforcée. L'indice PMI Composite a progressé de 52 en août à 53,1 points en septembre, atteignant son niveau le plus élevé depuis 41 mois. "Les dernières données composites PMI affichent un niveau conforme à une croissance trimestrielle du PIB de 0,4% et marquent une accélération de l'expansion à l'amorce du 4e trimestre", a commenté Chris Williamson, chief business economist à S&P Global Market Intelligence.

En France, selon les données de S&P Global, l'activité dans le secteur privé a accéléré en septembre. L'indice est passé de 48,5 points en août (en phase de contraction sous les 50) à 51,1 points en septembre, soit un sommet inédit depuis 25 mois. Dans le détail, l'activité dans le secteur des services a suivi la même tendance en passant de 48 à 51,2 points, signalant une progression de l'activité pour la première fois depuis décembre 2025.

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