* Les "fintechs" françaises en plein essor
* Les accélérateurs succèdent aux incubateurs
* Des acteurs incontournables à l'âge du numérique
* Les banques les accompagnent et en rachètent
par Patrick Vignal
PARIS, 9 octobre (Reuters) - Les jeunes pousses proposant
des technologies innovantes au monde de la finance (fintechs)
sont devenues en quelques années des acteurs incontournables
d'un paysage en pleine mutation.
Station F, une ancienne gare de fret parisienne reconvertie
en "plus grand campus de start-up au monde", selon ses
promoteurs, symbolise cet univers peuplé de jeunes gens
modernes, brillants et décontractés en apparence, même s'ils
savent que la réussite ne sourira qu'à une poignée d'entre eux.
L'espace, né de la volonté et de l'argent de l'entrepreneur
Xavier Niel, abrite plus de 3.000 postes de travail et en impose
avec notamment, dans le hall, une oeuvre de Jeff Koons baptisée
Play-Doh, sorte de tas géant de bouts de pâte à modeler de
toutes les couleurs.
Ce coin de Silicon Valley niché au coeur du 13e
arrondissement abrite l'accélérateur de fintechs que BNP Paribas
International Financial Services (IFS) développe avec le
spécialiste californien Plug and Play.
Accélérateur, et non incubateur, parce qu'il ne s'agit pas
ici de veiller à l'éclosion de projets mais plutôt de développer
rapidement des produits pour les lancer à l'échelle
industrielle.
"En tant que groupe financier, nous visons d'abord à faire
évoluer les produits et services que nous proposons à nos
clients", explique Andreas Lambropoulos, responsable des
initiatives stratégiques chez BNP Paribas IFS, en soulignant
l'essor des outils numériques, notamment dans la banque mobile.
INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, BLOCKCHAIN, ETC.
Les start-up sélectionnées ont trois mois pour réaliser un
pilote susceptible d'être exploité, précise pour sa part Hélène
Mouly, responsable du programme d'accélération chez BNP Paribas
IFS.
Ce délai très court s'explique par le fait que les start-up
choisies pour être "accélérées" (28 à ce jour) disposent déjà
d'un produit qu'il s'agira d'adapter aux besoins de la banque.
Biométrie, reconnaissance optique des caractères, robots
conseillers en investissement, traitement informatisé des
données... Les innovations permettant aux entreprises de la
finance d'opérer leur mutation à l'âge du numérique sont
multiples.
Les outils favorisant ce processus sont en plein essor, à
commencer par l'intelligence artificielle, qui optimise,
l'analyse des données, et la technologie "blockchain", qui
permet leur transmission sécurisée sans organe de contrôle.
"Trois tendances de fond sont à l'oeuvre un environnement de
plus en plus ouvert, de plus en plus interconnecté et de plus en
plus décentralisé", explique Laurent Herbillon, qui dirige la
coopération avec les start-up chez BNP Paribas IFS.
"Ces trois tendances sont les nouvelles technologies comme
le mobile et le blockchain, de nouvelles attitudes et
comportements de la part des consommateurs qui font que les
services clients proposés par les acteurs du net deviennent la
référence, et enfin des évolutions réglementaires auxquelles il
faut s'adapter", détaille-t-il.
Parmi les "start-up" ciblées par la banque française figure
DreamQuark, une société fondée en 2014 par le Français Nicolas
Meric qui propose Brain, une plate-forme d'analyse de données de
clients potentiels au moyen d'intelligence artificielle.
"La plate-forme permet, à partir de l'historique des
transactions, d'identifier le produit qui a envie d'être acheté
par le client et à quel client il faut vendre ce produit",
explique ce docteur en physique des particules aux allures
d'adolescent.
Les tests pratiqués pour ce produit appliqué à la division
de gestion de fortune de BNP Paribas laissent espérer une
augmentation significative des prise de rendez-vous et des
ventes grâce à cette méthode de ciblage de la clientèle,
ajoute-t-il.
DES RACHATS EN SÉRIE
Le paysage de ces jeunes pousses ouvertes sur la finance est
tellement varié qu'il a fallu inventer une nomenclature pour le
cartographier. On a donc les fintechs pour les banques et celles
pour les assurances ("assurtechs") mais aussi les services de
financement d'investissement et d'épargne et les services de
paiement, sans oublier les "regtechs", qui proposent des outils
destinés à aider les acteurs de la finance à mieux naviguer dans
l'univers de la réglementation.
Le nombre des fintechs françaises a explosé depuis l'an
dernier, passant de 250 à plus de 350, selon les données du
fonds spécialisé BlackFin Tech.
Les investissements dans ces fintechs françaises ont atteint
240 millions d'euros en 2017 et totalisent 140 millions d'euros
pour le seul premier trimestre 2018, de même source.
Cet écosystème est mouvant puisque les acteurs les plus
séduisants se font souvent avaler, comme la cagnotte en ligne
Leetchi, rachetée en 2015 par Crédit Mutuel Arkea, ou encore
Compte-Nickel, le service de compte bancaire commercialisé par
les buralistes passé l'an dernier dans l'escarcelle de BNP
Paribas BNPP.PA .
Les autres banques ne sont pas en reste, à l'image de
Société générale SOGN.PA , qui a été la première en France à
acquérir une fintech avec l'achat en 2015 par sa filiale
Boursorama de Fiduceo, spécialiste des solutions de gestion de
finances personnelles en ligne.
Le groupe Société générale est par ailleurs membre fondateur
du Swave, un espace de 2.500 m2 dédié à l'accompagnement des
fintechs et assurtechs situé dans la Grande Arche de la Défense.
La vague de rachats récents n'altère en rien la
détermination de certaines fintechs à vivre sans attaches et à
proposer leurs services à plusieurs clients, avec l'espoir de
devenir "licorne", soit d'atteindre une valorisation supérieure
au milliard de dollars.
A ce jour, 29 fintechs ont réussi cette performance dans le
monde, la plupart venant des Etats-Unis et aucune de France. La
volarisation cumulée de ces fintechs ayant rejoint le cercle des
"licornes" s'élève à 84,4 milliards de dollars (73,4 milliards
d'euros), selon les chiffres de la plate-forme de données CB
Insights, dont 20 milliards de dollars pour le seul Stripe, un
spécialiste américain des services de paiement.
Aucune fintech française n'a non plus atteint le Graal de
l'introduction en Bourse, consécration atteinte notamment par le
néerlandais Adyen ADYEN.AS et surtout l'allemand Wirecard
WDIG.DE , qui a délogé le mois dernier Commerzbank CBKG.DE
dans l'indice Dax de la Bourse de Francfort.
(édité par Blandine Hénault)
Les jeunes pousses de la finance entrent dans l'âge adulte
information fournie par Reuters 09/10/2018 à 14:09
| 930,400 EUR | Euronext Amsterdam | 0,00% | |
| 87,330 EUR | Euronext Paris | -2,48% | |
| 37,090 EUR | XETRA | -2,09% | |
| 62,270 EUR | Euronext Paris | -3,41% |
© 2026 Thomson Reuters. All rights reserved.
Reuters content is the intellectual property of Thomson Reuters or its third party content providers. Any copying, republication or redistribution of Reuters content, including by framing or similar means, is expressly prohibited without the prior written consent of Thomson Reuters. Thomson Reuters shall not be liable for any errors or delays in content, or for any actions taken in reliance thereon. "Reuters" and the Reuters Logo are trademarks of Thomson Reuters and its affiliated companies.
BOURSORAMA est une filiale à 100% de Société Générale
A lire aussi
-
* Variation des futures sur indice CAC 40 0#FCE: * Variation des futures sur indice Stoxx 600 0#FXXP: * Valeurs qui se traitent ex-dividende .EX.PA * Le point sur les marchés européens .EUFR Les valeurs à suivre mardi à la Bourse de Paris et en Europe : * SOLVAY ... Lire la suite
-
Le dirigeant ukrainien Volodymyr Zelensky a accusé les Etats-Unis de retarder à dessein la livraison prévue de missiles intercepteurs avant une rencontre, rapportée par le média Axios, avec l'émissaire de la présidence américaine Steve Witkoff mardi en Norvège. ... Lire la suite
-
La justice électorale a donné 24 heures à Meta pour prouver que le géant de la tech réserve un traitement égalitaire sur ses réseaux aux campagnes du président sortant Luiz Inácio Lula da Silva et de son adversaire conservateur Flávio Bolsonaro. Dans le cas contraire, ... Lire la suite
-
Le Sénat examine mardi un projet de loi du gouvernement pour lutter contre les ingérences étrangères qui s'expriment notamment dans le contexte électoral, une réforme jugée "trop limitée" par la chambre haute à l'aube de la présidentielle de 2027, déjà concernée ... Lire la suite
Mes listes
Une erreur est survenue pendant le chargement de la liste
valeur |
dernier |
var. |
|---|---|---|
| 109,88 | +0,64% | |
| 7 868,05 | -1,11% | |
| 1,12318 | +0,17% | |
| 4 142,42 | +0,03% | |
| 80,53 | -0,22% |
0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer