L'Allemagne réduit la taxe sur l'énergie (essence et diesel) jusqu'à la fin de l'année
par Kate Abnett, Jarrett Renshaw et John Irish
L'administration Trump a demandé à l'Allemagne et à la France de libérer une partie de leurs stocks d'urgence de diesel afin de contribuer à faire baisser les prix mondiaux du carburant, Washington menaçant les deux pays européens de se voir priver exportations américaines s'ils ne s'exécutent pas, selon trois sources proches des discussions.
L'Europe est devenue de plus en plus dépendante des carburants américains après avoir interdit les importations russes en raison de l'invasion de l'Ukraine en février 2022 par la Russie.
La guerre déclenchée le 28 février par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran perturbe de son côté les approvisionnements en provenance du Moyen-Orient.
Cette mise en garde de l'administration américaine marque une intensification de la pression sur l'Europe, même si Donald Trump a déjà évoqué publiquement la possibilité d'une interdiction d'exportation de diesel.
La Commission européenne, l'Allemagne, la France, l'Italie, l'Irlande et la Grande-Bretagne ont discuté ce jeudi de l'éventuelle nécessité de libérer des stocks de diesel, a dit à Reuters un responsable de l'UE.
L'Agence internationale de l'énergie, l'organisme de surveillance énergétique de l'Occident, n'a pas encore demandé à l'Allemagne de puiser dans ses stocks, déclaré le ministère allemand de l'Économie.
La flambée des prix du pétrole à travers le monde ont conduit à des mouvements de protestation dans de nombreux pays.
Aux Etats-Unis cette situation attise le mécontentement des Américains contre le président américain Donald Trump, qui est tombé à des records d'impopularité, ce qui compromet les chances des Républicains de conserver leur majorité au Congrès à l'issue des élections à mi-mandat organisées début novembre.
Washington est particulièrement mécontent de la France et de l'Allemagne, qui, selon des responsables américains, n'ont pas pleinement respecté leurs engagements passés de mettre sur le marché leurs stocks d'urgence de pétrole et de produits pétroliers, comme l'a déjà rapporté Reuters.
Le ministère français de l'Énergie n'a pas souhaité faire de commentaire.
Un responsable de l'Élysée a déclaré qu'Emmanuel Macron et Donald Trump n'avaient pas abordé cette question lors de leur rencontre en marge de l'Assemblée générale des Nations unies à New York la semaine dernière.
Toutefois, ce responsable a ajouté que le président américain allait convoquer une visioconférence réunissant les dirigeants des pays du G7 afin d'aborder la hausse des prix des carburants et la disponibilité mondiale des produits raffinés.
Le but de cette réunion serait notamment de coordonner une mise en circulation des réserves en collaboration avec l'Agence internationale de l'énergie.
"Il est dans l'intérêt de l'Europe de collaborer avec les États-Unis alors que nous explorons plusieurs pistes pour renforcer l'approvisionnement en produits raffinés et réduire les coûts pour les consommateurs", a dit à Reuters l'une des sources, un responsable américain.
Une deuxième source, basée dans une capitale européenne, a précisé que les États-Unis avaient demandé à l'Union européenne de libérer 120 millions de barils de diesel au cours des six prochains mois.
(Jarrett Renshaw à Washington, Kate Abnett à Bruxelles et John Irish à Paris, avec la contribution de Forrest Crellin et de Michel Rose à Paris et de Christian Kraemer à Berlin, Version française Benoit Van Overstraeten, édité par Augustin Turpin)

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