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Les 8 erreurs à éviter quand on débute en Bourse
Boursorama14/04/2020 à 14:00

Les 8 erreurs à éviter quand on débute en Bourse

Les 8 erreurs à éviter quand on débute en Bourse

La crise du covid-19 a déclenché une baisse sans précédent des marchés. Estimant que le point d'entrée était potentiellement attrayant pour investir en Bourse, vous vous êtes décidé à ouvrir un compte-titres ou d'un PEA. Que faire désormais que vous avez le pied à l'étrier, alors que le contexte actuel va rester chahuté et volatil ? Petite revue de détail à destination des débutants pour éviter les faux pas et tirer pleinement profit de son investissement boursier.

Couper les petits gains et porter les grosses pertes

Sans doute l'erreur numéro un et la plus fréquemment commise. L'investissement en actions suppose du sang froid et une certaine dose de détachement. On conseille souvent de se fixer des objectifs de gestion à la hausse, comme à la baisse : vendre systématiquement un titre au-delà d'une plus ou moins-value de 30% par exemple. Bien sûr, ce conseil n'est pas forcément applicable dans le cadre d'une baisse globale des actifs comme nous venons de connaitre. Mais elle s'avère utile dans le cadre d'un fonctionnement "normal" des marchés...

Sauf que. La tentation de «se refaire» est trop forte et le fait d'admettre qu'on a fait un mauvais choix est difficile. Beaucoup d'actionnaires gardent donc des titres pouvant perdre jusqu'à la moitié de leur valeur. À ce niveau, l'arithmétique devient impitoyable, une baisse de 50% d'une action doit être suivie d'un rebond de 100% pour revenir à l'investissement de départ.

L'autre face de la pièce est de trop souvent couper les petits gains. Trop d'investisseurs se satisfont d'une plus-value inférieure à 20% et cèdent leur position trop tôt alors que, dans le même temps, ils laissent courir leurs pertes. Encore une fois, si vous avez acheté le titre par conviction et que vous croyez en son potentiel, ne vendez pas avant d'avoir atteint votre objectif de plus-value.

Une autre solution un peu plus technique consiste à porter les gains et à placer une limite de "vente à seuil de déclenchement" (vente stop) à 5% environ sous le cours. Au fur et à mesure de la hausse, vous remontez votre limite de vente stop. Cela permet de sécuriser une partie de la plus-value, qui progresse tant que la limite de vente stop n'a pas été touchée.

Acheter un couteau qui tombe

«C'est les soldes !» Avouez. Vous suivez une action depuis un certain temps avec l'intention de l'acheter, ou vous venez de constater un mouvement de baisse prononcée sur un titre depuis quelques mois. Pourquoi ne pas prendre position ?

Si c'est un revers temporaire pour l'entreprise, l'idée n'est peut être pas mauvaise. Mais si la désaffection des investisseurs sur un titre est réelle, elle pourrait également être durable : perte de confiance dans le management, revers stratégique, fin d'un intérêt spéculatif, retournement de cycle : les raisons qui peuvent entraîner un titre à la baisse sont nombreuses. 
Au plus haut en 2008 le titre du producteur de nickel Eramet a valu plus de 600 euros, avant de commencer à chuter. En août 2008, il n'était plus qu'à 370 euros, en novembre 2008 il n'était plus qu'à... 147 euros. L'exemple est un peu extrême mais pas isolé. Au début 2000, bon nombre d'actionnaires de France Télécom pensaient tenir en main le pactole avant que le cours de l'action ne perde plus de 60% de sa valeur en moins d'un an. Ne ramassez pas le couteau qui tombe, il risque de vous échapper, de vous blesser la main et de se planter dans votre pied...

Déséquilibrer son portefeuille avec une trop grosse ligne

L'investissement en Bourse est risqué par nature. N'ajoutez pas du risque au risque en déséquilibrant votre portefeuille. Vous vous félicitez d'une bonne performance sur Innate Pharma : parfait. Mais si cette ligne en nette plus-value représente plus de 50% de votre portefeuille, le moindre retournement va peser sur la totalité de votre investissement.

Veillez donc toujours à ce qu'une ligne ne prenne pas plus de 20% au sein de votre portefeuille et ce d'autant plus si elle concerne un domaine risqué comme les nouvelles technologies.

Trop concentrer son portefeuille sur un seul secteur

Cette erreur est complémentaire de la précédente. De même qu'avoir une trop grosse ligne, un portefeuille trop axé sur un secteur produira les mêmes effets négatifs. Vous connaissez parfaitement le domaine de la banque et avez une grosse représentation de cette thématique dans votre portefeuille ? Vous risquez de grosses déconvenues en cas de crise financière comme l'ont prouvé par le passé, les subprimes ou encore la crise de la dette grecque. 

A voir : cinq conseils à respecter avant d'investir dans une biotech

Vous aimez les foncières et en avez garni votre portefeuille ? Gare à toute tension sur les taux d'intérêt qui viendrait pénaliser leur activité et leur performance en Bourse. La mode est aux biotechs ? Vous en débordez mais l'envie pour ce type de valeurs risquées peut se retourner brutalement, comme il l'a d'ailleurs fait à partir de la mi-2015. Conclusion : pas de trop grosse ligne, pas de sur-représentation sectorielle.

Écouter un «tuyau»

Un de vos proches travaille chez TechnipFMC et il est catégorique : la société va décrocher un gros contrat dans les jours qui viennent. Pourquoi ne pas profiter de cette information pour se placer et réaliser une plus-value quasi instantanée ? 

Le conseil d'un ami ou d'un proche, le fameux «tuyau» est dangereux à double titre. S'il est bon, il vous fait entrer d'emblée dans la catégorie du délit d'initié qui peut être puni d'une peine de deux ans d'emprisonnement et d'une amende d'un montant compris entre 10 fois les profits réalisés et 1.500.000 euros. S'il est faux ou même que la société venait à perdre un gros contrat, vous vous exposez alors à un fort recul de l'action.

L'autre risque, c'est que vous allez acheter un titre sur la seule foi de ce conseil. La Bourse n'est pas la loterie, sélectionnez une société dont vous comprenez le métier, la stratégie, dont vous aimez les dirigeants. 

Acheter au son du violon

Cette erreur n'en est pas forcément une, d'ailleurs l'adage anglo-saxon «trend is your friend» (la tendance, de préférence haussière, est ton amie) vient la contredire.

Mais prudence tout de même, acheter au son du violon, c'est-à-dire quand la Bourse est euphorique, c'est acheter avec tout le monde. Les gérants disent parfois avec un peu de cynisme que quand les investisseurs particuliers se mettent à acheter en masse, c'est le signal d'une fin de mouvement haussier sur les marchés.

Gardez un oeil rivé sur les fondamentaux (résultats, croissance attendue etc.), et les niveaux de valorisation (PER, PEG etc.) afin de ne pas vous emballer.

Acheter avant une publication

La publication de résultats, qu'ils soient trimestriels ou annuels, est souvent un temps fort de la vie boursière de l'entreprise. Celle-ci va dévoiler le niveau de son activité et de sa rentabilité, des indicateurs importants sur lesquels les analystes se basent pour établir leur modèle de valorisation et donc leur recommandation sur le titre.

Or, le risque c'est la mauvaise surprise : les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes et le titre plonge. Même des chiffres en ligne peuvent être source de déception si analystes et investisseurs s'attendaient à mieux. Vous placer avant une publication c'est prendre le risque d'encaisser immédiatement une moins-value et plusieurs séances de baisse si la publication est mal accueillie. Forgez vos convictions et votre horizon de placement sur le moyen / long terme.

Acheter une valeur qui n'est pas assez liquide

Par le terme liquidité, on désigne en fait le volume d'échanges moyen sur une action. Ce sont ainsi souvent plus de 1 million d'actions Air Liquide qui sont échangées chaque jour. Dans ce cas, trouver un acheteur ou un vendeur au prix souhaité n'est guère difficile. En revanche sur certaines petites et moyennes valeurs se seuil peut descendre. Beaucoup. Ainsi, sur les dernières séances, il n'y avait qu'un peu plus de 3.000 titres échangés sur le producteur de caoutchouc SIPH.

Moins un titre est «liquide», donc plus le marché est étroit, plus il vous sera difficile d'acheter mais aussi de vendre vos titres. Vous risquez de ne pas pouvoir vendre au prix demandé voire de rester «coincé» avec un titre. Au final, la belle plus-value ressortant sur votre ligne risque de ne rester que virtuelle...

Vous voilà désormais briefés sur les principaux écueils qui pourraient brider la performance de votre investissement en Bourse. Votre PEA n'attend plus que vous...

Conseil bonus : investir au fil de l'eau

Personne ne maîtrise actuellement tous les impacts de la crise du covid-19 sur les marchés et l'économie. Concrètement, les marchés vont encore rester volatils et nerveux jusqu'à la fin de l'année.

Concrètement, cela peut signifier des phases de hausse parfois marquées mais aussi des phases de repli brutales lorsque de mauvaises statistiques ou des mauvais résultats d'entreprises vont être dévoilés : soyez préparés. Se lancer en Bourse pendant cette période est donc tout sauf simple. Un conseil peut vous aider durant cette période. Si vous avez 5.000 ou 10.000 euros à mettre en Bourse, faites le progressivement. De cette manière, vous allez accompagner les mouvements de marché et ne pas être pris à revers lors d'une phase de retournement. Suivez les évolutions de cours et n'investissez vos liquidités que progressivement. Boursorama a organisé un webinaire : bien débuter en Bourse. Vous y retrouverez d'autres conseils pour bien démarrer.

LG (redaction@Boursorama.fr)

23 commentaires

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  • pamelia
    14 avril13:47

    un "marronnier" de circonstance....

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