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Le virage "hawkish" met en avant l'indépendance de la Fed, mais le marché reste nerveux
information fournie par Reuters 17/09/2026 à 13:06
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par Lewis Krauskopf, Suzanne McGee et Gertrude Chavez-Dreyfuss

Si les investisseurs se montrent plus confiants quant à la détermination de la Réserve fédérale (Fed) à lutter contre l'inflation après la hausse des taux annoncée mercredi, l'incertitude quant à l'ampleur du resserrement devrait entraîner une certaine volatilité sur les marchés au cours des prochaines semaines.

La banque centrale américaine a relevé ses taux d'intérêt pour la première fois depuis 2023, une décision largement anticipée par les marchés, l'inflation restant bien supérieure à son objectif de 2%.

Comme cette décision intervient malgré les appels répétés et retentissants du président américain Donald Trump en faveur d'une réduction des coûts d'emprunt, les opérateurs ont été rassurés au sujet de la volonté de Kevin Warsh, patron de la Fed depuis mai dernier, de préserver l'indépendance de la banque centrale.

Cette réunion "leur donne effectivement une image d'indépendance (...) cela renforce la confiance du marché", déclare Matthew Miskin, co-stratège chez Manulife John Hancock Investments.

Toutefois, ajoute-t-il, la Fed "s'est peut-être montrée un peu trop belliciste lors de cette réunion et il va falloir voir comment l'économie va réagir au cours des deux prochains mois".

"J'espère qu'au moins à un très haut niveau, les investisseurs retiendront que l'économie l'emporte sur la politique au sein de la Fed, du moins pour l'instant", déclare pour sa part Marta Norton, stratège chez Empower, prestataire de services de retraite et de gestion de patrimoine.

Le changement de cap est remarquable, car les marchés avaient commencé l'année en anticipant des baisses des taux, une conviction qui s'est soudainement évanouie avec le lancement de l'opération militaire américano-israélienne contre l'Iran fin février : la guerre a immédiatement bloqué la navigation dans le détroit d'Ormuz, importante voie d'acheminement du pétrole du Moyen-Orient, ce qui a entraîné une hausse des prix de l'énergie et, par conséquent, de l'inflation.

UN VOTE UNANIME

Les marchés sont confrontés à un contexte d'investissement caractérisé avant tout par un manque de clarté quant à l'ampleur du resserrement de la politique monétaire que la Fed a désormais l'intention de mettre en oeuvre pour freiner les prix.

La hausse des taux risque de ralentir l'économie, en augmentant les coûts d'emprunt pour les consommateurs et les entreprises, et pourrait également constituer un frein à la performance des actions et autres actifs risqués, notamment les petites capitalisations.

Le vote des responsables de la Fed en faveur d'une hausse des taux mercredi a par ailleurs été unanime, contrairement à celui de la dernière réunion, qui s'est tenue en juillet, où le statu quo avait été maintenu avec trois voix contre.

"Une hausse unanime augmente considérablement la probabilité d'une nouvelle intervention avant la fin de l'année, et les investisseurs qui s'étaient positionnés en vue du cycle d'assouplissement début 2026 doivent revoir entièrement leur stratégie", souligne David Krakauer, chargé de la gestion de portefeuille chez Mercer Advisors.

Les prévisions publiées mercredi indiquent que les responsables de la Fed prévoient une nouvelle hausse des taux cette année, avant de les maintenir inchangés en 2027.

Les opérateurs estiment à environ 50% la probabilité d'un nouveau relèvement en octobre, c'est-à-dire juste avant les élections de mi-mandat qui décideront du contrôle du Congrès américain, mais vont également bien au-delà, tablant sur d'autres hausses pour 2027.

DAVANTAGE DE CLARTÉ

L'inflation américaine se maintient depuis plusieurs années au-dessus de l'objectif de 2% fixé par la Fed, le dernier indice des prix des dépenses de consommation personnelle (PCE) sous-jacent, indicateur clé pour la banque centrale, s'étant établi à 3,3% en glissement annuel.

Cependant, la décision du nouveau président de la banque centrale de s'abstenir de donner la moindre indication prospective sur l'évolution des taux suscite des incertitudes à Wall Street.

La conférence de presse de Kevin Warsh à l'occasion de la réunion de juillet avaait laissé les investisseurs perplexes quant à son approche de l'inflation, et a été suivie d'une hausse des rendements des obligations d'État à long terme.

"Warsh a apporté davantage de clarté au marché obligataire (cette fois) (...) en indiquant que les tendances sous-jacentes de l'inflation restent trop fortes", estime Collin Martin, de Schwab Center for Financial Research.

Tout en naviguant dans l'incertitude, les investisseurs réfléchissent déjà à la manière d'adapter leurs portefeuilles à un environnement de taux plus élevés.

"Nous ne voulons pas réagir de manière excessive à une seule réunion", déclare Phil Blancato, stratège chez Osaic.

"Si cela s'avère être le début d'un cycle de hausse des taux, il pourrait être judicieux de réduire la duration et de diminuer l'exposition aux petites capitalisations".

(Reportage Lewis Krauskopf, Suzanne McGee et Gertrude Chavez-Dreyfuss ; avec la contribution de Laura Matthews et Sinead Carew ; version française Diana Mandiá ; édité par Benoit Van Overstraeten)

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