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Le projet de scission de UMG, une aubaine pour Vivendi
information fournie par Cercle Finance16/02/2021 à 11:24

(Crédits photo : Flickr - L. Grassin )

(Crédits photo : Flickr - L. Grassin )

L'annonce de la distribution d'un dividende exceptionnel, sous formes d'actions Universal Music Group (UMG) qui seront bientôt cotées à Amsterdam- a euphorisé les actionnaires de Vivendi ce lundi 15 février.

Une assemblée générale extraordinaire se réunira le 29 mars prochain afin de modifier les statuts et permettre une distribution de 60% du capital d'UMG détenu par Vivendi (qui en conservera 20%, à part égale avec le chinois Tencent).

En tant que principal actionnaire de Vivendi (avec 27% et probablement 30% si annulation des actions auto-détenus), devant Société Générale et Caisse des Dépôts et consignations avec un peu plus de 5% chacun), Bolloré se retrouverait actionnaire à hauteur de 20% d'Universal... et surtout à la tête d'un gros paquet de cash une fois cédé ses titres UMG sur le marché, ce qui pourrait marquer le début de grandes manœuvres dans le secteur des médias.

Ce « spin-off » était un des plus vieux serpents de mer du CAC40 et les plus patients semblent enfin récompensés : le titre oscillait autour d'un cours médian de 20 E depuis 2011, inscrivant un plus bas vers 13 E en mai 2012, plafonnant sous 26,5 E du 3 avril 2019 au 3 janvier 2020, puis de nouveau du 18 décembre 2020 au 21 janvier 202, avant de s'assoupir entre 25,5 et 26,20 E du 2 au 12 février.

Et au-delà de cette somnolence (alors que le CAC40 engrangeait +300Pts dans l'intervalle), les volumes d'échanges n'ont cessé de se contracter au fil des jours : si vraiment il avait fallu désigner la valeur du CAC la plus ennuyeuse de la 1ère quinzaine du mois de février, Vivendi figurait en bonne place dans un tel classement, et Bolloré également (côté SBF120).

Autrement dit le secret a été bien gardé : pas une « fuite », pas le moindre mouvement de cours ni le moindre frémissement des volumes... strictement rien qui éveille l'attention.

Même constat sur le titre Bolloré : un peu plus de vélocité haussière depuis fin janvier mais des volumes d'échanges quasi anecdotiques, et en constante contraction depuis le 2 février.

Il devrait en être ainsi pour toute opération financière majeure... mais c'est rarement le cas.

L'effet de surprise a été total et d'autant plus imparable que le communiqué mettant le feu aux poudres a été publié le samedi 13, ce qui n'a laissé aucune chance aux éventuels vendeurs à découvert, contraints de se racheter dans les pires conditions dès l'ouverture, ce qui a entrainé une suspension de cotation de 25 minutes pour une envolée de +23% au 1er fixing du jour.

Pour les actionnaires de Vivendi et de Bolloré, ce fut une matinée en forme de jackpot et l'occasion de se féliciter de voir Vincent Bolloré démontrer sa capacité de « créer de la valeur » : alors que Vivendi affichait une capitalisation inférieure à 30MdsE vendredi, voilà que sa filiale se retrouve mécaniquement valorisée à 30MdsE, ce qui correspond à l'estimation retenue lors de la montée au capital de Tencent dans UMC.

Les autres actifs de Vivendi (notamment Canal+ et Studio Canal, les participations minoritaires dans Lagardère, Mediaset et Prisa) sont donc comptés pour zéro.

Et UMG verra peut-être son évaluation atteindre 40MdsE (selon UBS) ou même 45MdsE (selon JP-Morgan) lors de son introduction au cours des prochains mois (avant fin 2021) à la lumière de l'explosion de la consommation de musiques et d'images en « streaming ».

Les mesures de confinement se soldent par l'annulation de tous les concerts, tournées promotionnelles des groupes les plus populaires pour une sortie d'album et festivals musicaux, depuis mars 2020, et probablement jusqu'à la rentrée de septembre.

Tous les concerts majeurs en espaces clos, mais également en extérieur comme Solidays ou Lalopaloosa, programmés en avril, mai, juin sont d'ores et déjà annulés en France et le seront probablement en Allemagne, au Royaume Uni et en Amérique du Nord d'ici la fin du 1er semestre 2021 : la seule alternative pour que le public retrouve ses groupes favoris en « Live », ce sont pour de nombreux mois encore les concerts payants en streaming.


Il y avait donc une nette sous-évaluation d'UMG liée au phénomène de « décote de holding », laquelle était estimée à -15%, soit environ 4 E par titre (mais il existe d'autres calculs plus ou moins « généreux » se situant dans une fourchette de 3,5 à 5,4 E).

Et les actionnaires n'ont pas tous l'occasion de se réjouir au même degré du « repricing » d'UMG et du choix de sa distribution sous forme de dividende exceptionnel : le régime fiscal appliqué au dividende est bien différent selon que l'on appartient à la catégorie des actionnaires particuliers « minoritaires » (la taxation sera classiquement de 30% sur la valeur du montant reçu) ou celles des actionnaires majoritaires qui jouissent du privilège de la « maison mère », les plus-values à long terme sur les filiales relèvent alors du régime de l'exonération de l'impôt sur les sociétés et ne supportent qu'une taxation symbolique qui dans le cas de Bolloré devrait se limiter à 3,2% (selon les calculs du courtier ODDO).

Vincent Bolloré et sa holding (la Financière de l'Odet) font en revanche d'une pierre 2 coups : l'homme d'affaire pourrait disposer de suffisamment de cash pour faire « disparaître » Vivendi à l'occasion d'une OPE (après un transfert logique de 2MdsE de la dette de Vivendi à UMG) qui proposerait aux minoritaires de devenir actionnaires du groupe Bolloré.

Cela validerait une simplification de la structure de contrôle (suppression d'une « strate ») générant une réduction des frais, notamment ceux liés à la cotation de Vivendi qui fait aujourd'hui partie du CAC et de l'Euro-Stoxx50, qui est également coté à Francfort (Xetra) puis sous forme d'ADR aux Etats Unis.

Puis Vincent Bolloré pourrait se lancer pour de bon dans de grandes manœuvres visant à prendre le contrôle d'Europe-1 (Lagardère étant vendeur), et la rumeur lui prête l'intention de s'attaquer à M6 (Metropole TV qui capitalise 2MdsE), ce qui suppose de soumettre une offre alléchante auprès de Bertelsmann (RTL group) qui détient 48% et ne serait vendeur que si la valorisation de l'ensemble atteignait 3MdsE (soit une « prime » de 50%... pas sûr que des discussions aboutissent sur de telles bases).

Les spéculations vont bon train sur l'émergence d'un futur géant des médias (Canal+, Mediaset, M6, Europe-1...), peu importe qu'il s'appelle Vivendi ou Bolloré, mais la question en suspens demeure la rentabilité et la valorisation de ces actifs, puis à nouveau, le niveau de décote appliqué une fois réunis sous une holding : cela représente beaucoup d'inconnues.

Et à plus court terme, le marché ignore jusqu'à la date d'introduction d'UMG à Amsterdam.

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2 commentaires

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  • mdr21
    16 février11:39

    Pareil que Bernard Arnault qui a fait sa fortune sur le dos du textile Français avec le dépeçage de Boussac st frère acheté à vil prix pour en récupérer Christian Dior et liquider le reste. début de sa fortune faite sur le dos de l'état et ses aides. Comme Bernard tapie et Testut Terraillon ..........


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