En dépit d'un indice ZEW solide, les Bourses européennes ont le moral en berne ce mardi, dans un contexte où l'impasse géopolitique au Moyen-Orient, qui pousse à la hausse les cours du pétrole, vient nourrir les craintes d'une inflation persistante.
En milieu de journée, l'Euro Stoxx 50 s'inscrit ainsi en retrait de 0,6%, tandis que le CAC 40 perd 0,5% à Paris, à 8 535 points, que le DAX de Francfort cède 0,4% et que le FTSE de Londres limite la casse avec un repli de 0,1% seulement.
L'impasse géopolitique au Moyen-Orient pousse le pétrole à la hausse
"Les marchés ont fait preuve d'une faiblesse croissante au cours des dernières 24 heures, avec des obligations et des actions en baisse en raison d'informations d'ordre géopolitique négatives au Moyen-Orient", expliquait ce matin Deutsche Bank.
La banque allemande rappelait ainsi des propos du président Trump, qui ne voyait aucun intérêt à prolonger le délai théorique de 60 jours du protocole d'accord conclu en juin et indiquait qu'il n'était "pas pressé" de trouver un accord avec les Gardiens de la Révolution iraniens.
Par ailleurs, l'Iran a nié les affirmations de Donald Trump concernant un canal parallèle de discussions, et le secrétaire à l'Énergie, Chris Wright, ne semblait pas non plus pressé de parvenir à un accord, affirmant que les États-Unis jouent une partie de longue haleine avec l'Iran.
Dans un tel contexte, le WTI gagne 1% à 88,4 USD et le Brent grappille 0,3% à 91,3 USD, une progression des cours de l'or noir qui attise les craintes d'une inflation persistante et éloigne donc les perspectives de baisses des taux directeurs des grandes banques centrales.
Face à ces éléments, les rendements obligataires se tendent logiquement : celui à 10 ans de la France est au plus haut depuis la fin de l'année 2009, tandis que celui de l'Allemagne évolue à un niveau inédit depuis le début du 2e trimestre 2011.
L'indice ZEW augmente plus que prévu en Allemagne en août
Toutefois, l'indicateur ZEW du sentiment économique en Allemagne augmente de 7,9 points pour atteindre 34,2 en août, dépassant ainsi le consensus de 30, traduisant un optimisme accru des experts des marchés financiers quant aux perspectives économiques allemandes.
De plus, l'évaluation de la situation économique actuelle en Allemagne s'améliore également, et fortement, puisque l'indicateur correspondant s'établit à -61,1, soit un gain de 16,5 points par rapport à son niveau du mois précédent.
"La tendance positive des attentes se consolide encore en août, probablement grâce aux bons résultats trimestriels des entreprises et au niveau récemment élevé des exportations", explique le président du ZEW, Achim Wambach, à propos des résultats actuels de l'enquête.
"L'économie allemande continue de bénéficier des programmes d'infrastructures du gouvernement fédéral, bien que les niveaux d'eau historiquement bas sur le Rhin représentent un risque aigu supplémentaire affectant l'activité économique", poursuit l'économiste.
Toujours au chapitre des statistiques du jour, de nombreux indicateurs sont programmés dans l'après-midi aux États-Unis, avec principalement les chiffres de la construction résidentielle, les prix à l'importation et la production industrielle pour juillet.
Royal Unibrew a la gueule de bois après ses semestriels
Dans l'actualité des valeurs européennes, Royal Unibrew (-8,4%) accuse la plus forte baisse du STOXX Europe 600 après des résultats semestriels du brasseur danois inférieurs aux attentes, ce qui conduit les investisseurs à anticiper des révisions à la baisse du consensus.
Sixt gagne 3,6% à Francfort, profitant d'un relèvement de recommandation de "conserver" à "acheter", avec un objectif de cours relevé de 83 à 91 EUR, par Berenberg, qui anticipe une solide saison estivale pour le secteur du voyage en Europe.
Kingspan prend 1,2% à Dublin, dans le sillage de propos favorables de Berenberg, qui réaffirme sa recommandation "achat", avec un objectif de cours relevé de 95 à 120 EUR, confiant dans les perspectives de croissance du fournisseur de matériaux de construction.
À Paris, Hermès cède 0,7% et revient vers ses plus bas de plus de trois ans, pénalisé par un abaissement de recommandation de RBC à "performance en ligne avec le secteur", le broker canadien pointant une rentabilité maximale, mais qui plafonne.
Planisware s'affaisse de 1,5%, victime d'une dégradation de recommandation de la part d'UBS, qui invoque un rapport risque/rendement désormais plus équilibré sur le titre de cet éditeur de logiciels SaaS (Software as a Service), après un rebond vigoureux.
0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer