e président du parti d’extrême droite français Rassemblement national (RN), Jordan Bardella (g), et la présidente du groupe parlementaire du Rassemblement national, Marine Le Pen, s’enlacent lors de leur participation à un événement du parti RN, « La fête champêtre », à Liévin, dans le nord de la France, le 4 juillet 2026 ( AFP / SIMON WOHLFAHRT )
Marine Le Pen ou Jordan Bardella? A un peu plus de 24 heures de la décision judiciaire qui déterminera lequel sera candidat à la présidentielle, leurs adversaires assurent se préparer à contrer l'un ou l'autre des deux responsables du Rassemblement national.
"On ne choisit pas ses adversaires, on les combat", a déclaré lundi Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement sur franceinfo, interrogée sur l'identité du futur candidat de l'extrême droite.
Marine Le Pen saura mardi après-midi si la cour d'appel de Paris la condamne à une peine d'inéligibilité moindre qu'en première instance dans l'affaire des assistants parlementaires des eurodéputés, à l'époque où le parti s'appelait encore le Front national. Au-delà de deux ans, elle devrait céder la place à son poulain et président du parti Jordan Bardella.
La déjà triple candidate à la présidentielle, qualifiée au deuxième tour en 2017 et 2022, pourrait également renoncer si elle se voyait contrainte par la justice de faire campagne avec un bracelet électronique.
Elle a déjà prévenu qu'elle donnerait sa décision le jour-même du rendu du jugement, peut-être le soir, au journal de 20 heures de TF1 où elle est invitée.
Le monde politique est dans l'expectative avant cette échéance déterminante pour l'élection de 2027 car si les deux profils sont distincts - Jordan Bardella est présenté par ses adversaires comme jeune et inexpérimenté à côté de Marine Le Pen rompue à la politique - le Rassemblement national survole la totalité des sondages d'intentions de vote, bien au-dessus de 30%.
"Équipe soudée"
Les deux têtes du mouvement ont affiché leur parfaite concorde et se sont jurés "confiance" et "amitié" lors d'un banquet militant samedi soir à Liévin, dans le Palais-de-Calais, fief de la patronne du RN.
Marine Le Pen a promis de soutenir, "tous les jours", "avec une grande énergie, une grande conviction et une grande confiance" celui dont elle a lancé la fulgurante carrière politique jusqu'à lui donner les rênes du parti en 2021.
L'occasion de "montrer une équipe soudée", a commenté lundi sur franceinfo Laurent Jacobelli, l'un des porte-paroles de la campagne du parti lepéniste - quel que soit le candidat.
Mais il s'est dit "gêné que des juges décident à la place du peuple". "C'est forcément politique quand on empêche la candidate naturelle du premier parti de France, la leader de l'opposition, que les sondages donneraient gagnante, de participer à l'élection présidentielle, la mère de toutes les batailles.
En attendant, l'un ou l'autre, leurs adversaires ne baissent pas la garde.
"Rétrécissement"
"Je combats le Rassemblement national de Jordan Bardella, de Madame Le Pen et de l'ensemble de ses élus, parce que j'estime qu'ils portent un projet d'asphyxie pour le pays extrêmement dangereux, un projet de rétrécissement, un projet d'isolement et que cela, quelle que soit la tête qui l'incarne, suffit", a estimé Maud Bregeon. Même position pour celui dont elle soutient la candidature à l'Élysée, Édouard Philippe qui, la veille, lors de son meeting de lancement de campagne a pris soin de lancer ses flèches autant à l'un qu'à l'autre.
Le RN "c'est un en même temps qui ne s'assume pas. Social dans le Nord, libéral dans le Sud", pour Marine Le Pen. Un RN "converti au libéralisme, à l'Europe, au capitalisme" et amateur de "petits fours à Monte-Carlo", pour Jordan Bardella, qui s'est affiché au Grand Prix de F1 de Monaco avec sa compagne, la princesse Maria-Carolina de Bourbon des Deux-Siciles.
Le président d'Horizons est dans l'immédiat le plus à même selon les sondages de contrer la candidature du RN et d'accéder au second tour.
De l'autre côté de l'échiquier politique, Jean-Luc Mélenchon s'est lui dit dimanche persuadé d'"éliminer" - "peut-être" même dès le premier tour - le candidat du Rassemblement national quel qu'il soit.
"Le Pen ou Bardella, c'est le même programme mijoté dans le même jus xénophobe", a estimé de son côté le patron des socialistes Olivier Faure.

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