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Le coronavirus, un cygne noir pour les marchés
information fournie par Le Cercle des analystes indépendants05/03/2020 à 09:30

Eric Galiègue
Eric Galiègue

Eric Galiègue

Valquant Expertyse

Président

Nous sommes bien face à un «cygne noir», un évènement très peu probable et totalement imprévisible, qui peut avoir des répercussions dramatiques sur les sphères réelle et financière. (Crédits photo : Adobe Stock)

Nous sommes bien face à un «cygne noir», un évènement très peu probable et totalement imprévisible, qui peut avoir des répercussions dramatiques sur les sphères réelle et financière. (Crédits photo : Adobe Stock)

Nous écrivions dans cette même chronique il y a juste un mois : «Mais il est nécessaire que le risque reste un risque et ne se transforme pas en catastrophe sanitaire». Depuis une dizaine de jours, force est de constater que nous vivons une catastrophe sanitaire mondiale. Le coronavirus est particulièrement sournois, car son relativement faible taux de léthalité est compensé par une contagion particulièrement virulente, avec des phénomènes de porteurs sains et de probable mutation du virus.

Les alertes de l'OMS sont maintenant maximales. L'état de pandémie n'est pas déclaré, «mais l'endiguement du COVID-19 est possible et doit rester la priorité absolue de tous les pays. S'ils prennent des mesures énergiques sans tarder, les pays peuvent enrayer la transmission et sauver des vies» (Allocution du DG de l'OMS le 2 mars 2020). 

Une analogie possible avec 2008

Ainsi, pour lutter contre la contagion du virus, les pouvoirs publics doivent prendre des mesures sanitaires qui ont pour effet d'arrêter l'économie. Ces mesures volontaires d'arrêt peuvent catalyser une récession mondiale. L'OCDE a déjà réduit de 0,5% sa prévision de croissance, en insistant bien sur le fait qu'elle pourrait la réduire encore plus fortement si l'épidémie mondiale s'aggravait…Nous sommes bien face à un «cygne noir», un évènement très peu probable et totalement imprévisible, qui peut avoir des répercussions dramatiques sur les sphères réelle et financière.

L'analogie avec la crise de 2008 nous semble possible. En effet, dans les deux cas, nous assistons à un arrêt de l'économie, pas à une récession. En 2008, le dysfonctionnement des marchés monétaires avait créé un arrêt de l'activité économique. Heureusement, cet arrêt a été de courte durée, parce que les banques centrales et les Etats avaient pris les bonnes décisions. 

Evolution de 2006 à 2010. (source Factset et Valquant Expertyse)

Evolution de 2006 à 2010. (source Factset et Valquant Expertyse)

Aujourd'hui, l'arrêt de l'activité est causé par la nécessité de stopper la contagion virale. Cela se passe dans la sphère réelle, et pas dans la sphère financière, en tous cas pour l'instant. Et, comme en 2008, tous les yeux se tournent vers les banques centrales et les gouvernements.

On attend des autorités publiques qu'elles apportent une réponse appropriée à une crise exceptionnelle, voire unique dans son genre. Déjà, hier, un communiqué commun entre le G7 et les principales banques centrales a démontré le volontarisme des principaux décideurs de la planète. En matière monétaire, la création de nouvelles liquidités via l'achat d'actifs financiers ne sera d'aucun recours pour lutter contre l'arrêt d'activité lié à des mesures d'isolement de certaines villes ou régions complètes.

Ce qu'il faut éviter prioritairement, ce sont les faillites d'entreprises que l'arrêt d'activité va automatiquement causer. Cela permettrait d'éviter la transmission de la crise économique à la sphère financière, via les défauts d'obligations émises par les entreprises. De la même manière que la Fed, avec le concours du Trésor, avait réussi à mettre en place en 2008, en un temps record, les dispositifs de Quantitative Easing, de «TARP» et «TARF», de recyclage accéléré des produits toxiques, le rôle des banques centrales doit être repensé, à nouveau dans un contexte exceptionnel et gravissime, dans la sphère réelle cette fois-ci.

Vers un Quantitative Easing for People

Le schéma d'un «Quantative Easing for Corporate» constituerait en un dispositif de financement d'exploitation automatique, sur première demande de toute entreprise, consenti par les banques commerciales et refinancé tout aussi automatiquement auprès de la banque centrale. L'objectif de ce dispositif serait d'éviter le défaut de paiement des entreprises, confrontées à un contexte d'arret économique voulu par les mesures sanitaires prises par les autorités.

Ce dispositif est «contre nature» puisqu'il vient financer des entreprises en difficulté potentielle, et non financer leur croissance. Seules les banques centrales peuvent assumer un tel risque, que les banques commerciales cherchent évidemment à éviter.

Une autre mesure possible, qui confirmerait l'interventionnisme des autorités publiques en général, consisterait en l'avènement du «Quantitative Easing for People», qui bénéficierait directement aux ménages, via l'attribution d'une somme non remboursable à tout citoyen. La mise en place de ce type de dispositif nous semble aujourd'hui peu probable, mais pourrait être discuté en cas de récession «systémique», qui découlerait d'une double crise, économico-sanitaire et financière….

En tout état de cause, la contraction de l'activité économique nous semble inévitable. Des mesures fortes et innovantes de la part des autorités monétaires pourraient compenser partiellement les effets dans la sphère financière, de l'arrêt volontaire d'activité, pour contrer la contagion virale. 

Au-delà de la volatilité extrême et de la correction très atypique vécue sur les marchés d'actions depuis une dizaine de jours, il nous semble que le CAC 40 passera forcément par un niveau significativement plus bas que le cours de clôture du 28 février. La borne basse de l'évaluation définie selon la moyenne à 3 ans des ratios habituels appliqués aux prévisions de bénéfice et d'actif net, nous indique le niveau de 4.900/ 5.000 points, ce qui serait payer bien peu cher le cygne noir qui s'est révélé à nous le 19 février 2020…

Evaluation du CAC 40 depuis 10 ans. (source : Factset et Valquant Expertyse)

Evaluation du CAC 40 depuis 10 ans. (source : Factset et Valquant Expertyse)

1 commentaire

  • 05 mars09:54

    Le CAC avait été divisé par plus de deux en 2009, de 6700 à 3100. Avec la petite correction de 10 %, on est loin encore des 50 % de baisse. Peut-être que l'épidémie refluera-t-elle toute seule, c'est ce sur quoi misent les marchés apparemment. Simple hypothèse. Les banques centrales ne peuvent pas non plus financer sans limite toutes les entreprises en difficulté. Ce serait radicalement nouveau...


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