Le groupe de luxe a fait coup double mi-avril : il a d'abord annoncé son chiffre d'affaires du premier trimestre puis convié lesinvestisseurs à Florence, deux jours plus tard, pour leur présenter le plan stratégique «ReconKering» élaboré par Luca de Meo, l'ex-patron de Renault devenu directeur général de Kering en septembre 2025.
Le second événement était le plus attendu par les analystes, alors que le groupe de la famille Pinault a enchaîné trois années de baisse de son chiffre d'affaires et de sa rentabilité. Toutefois, l'activité au 31mars n'a pas été, finalement, une formalité. Elle s'est même soldée par une chute de 9,4% de l'action Kering en une séance.
Après une contraction de 10% en2025, à devises et périmètre constants, l'activité s'est stabilisée au premier trimestre, du moins pour le groupe dans son ensemble. Car les facturations de la nouvelle division Mode & Maroquinerie (2,8milliards d'euros) ont reculé de 3% en comparable, pénalisées par une nouvelle contre-performance de Gucci, seule marque dont Kering précise encore les chiffres: elle a pesé, en effet, l'an dernier pour 40% des ventes du groupe et de près de 60% de son bénéfice opérationnel.
En difficulté en Chine
Le chiffre d'affaires de la griffe italienne a chuté de 8% à devises constantes et de 14% en publié. «La performance de Gucci est très différente de ce que l'on voit chez nos pairs», a reconnu Armelle Poulou, la directrice financière de Kering, en conférence téléphonique. «Le marché n'est pas très porteur, et nous avons nos propres problèmes» en particulier en Chine, alors que la marque italienne s'est reprise aux Etats-Unis, notamment grâce aux sacs à main. Les collections du nouveau directeur artistique Demna arrivent peu à peu dans les boutiques.
S'ajoute à la difficile relance de Gucci l'embrasement du Moyen-Orient, où le groupe exploite 79magasins assurant près de 5% de ses ventes de détail. Celles-ci ont diminué de 11% sur le trimestre, coûtant à Kering environ 1% de croissance sur ces trois mois. Selon la directrice financière, cependant, le groupe a toujours «pour objectif de renouer avec la croissance [en comparable] et d'améliorer la marge opérationnelle en2026».
Doubler la marge
Parmi les quelques indications chiffrées du plan «ReconKering» figure justement «l'ambition, à moyen terme, de plus que doubler la marge opérationnelle courante du groupe par rapport à2025», sans autre précision sur le rythme et l'échéance du rebond.
Rappelons que ce taux de profitabilité est tombé à 11% l'année passée, contre un dernier pic à 28% en2021 et un record à 30% en2019. Chez Gucci, il est descendu à 16,1% en2025, venant de 41% six ans plus tôt. La relance de la maison italienne reste donc la priorité. Parmi les mesures évoquées est mentionnée la poursuite des fermetures de magasins, pour réduire le réseau de 20% d'ici à2030 et doubler le chiffre d'affaires au mètre carré.
Nous conseillons de conserver le titre même si le redressement de Gucci pourrait prendre du temps dans un marché que la guerre au Moyen-Orient vient encore compliquer.
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