Un trader vu de dos (Crédits: Adobe Stock)
Le 18 septembre 2026
Comment rester présent sur le marché, sans s'exposer à un risque permanent de correction de cours ? C'est la grande question que se pose aujourd'hui l'immense majorité des investisseurs individuels préoccupés par une dégradation constante des conditions de marché. Une certaine fébrilité se fait effectivement sentir en Bourse, mais les indices boursiers n'ont finalement rien perdu de leur superbe. A plus de 4.910 points, la référence boursière mondiale représentée par le MSCI World est proche de ses records récents de 5.000 points. Même chose pour les indices S&P 500 et l'Eurostoxx 50 de part et d'autre de l'Atlantique. Seul le CAC 40 directement affecté par l'état déplorable de nos finances publiques et une absence totale de prise de conscience par le monde politique de la gravité du problème, accuse un certain retard. Toutefois, autour de 8.140 points, l'indice parisien ne se situe jamais qu'à 6,5% de ses plus hauts historiques de la mi-août.
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La résilience des marchés, face à un assaut quotidien de mauvaises nouvelles, est en effet inhabituelle. L'explication, nous la connaissons : elle tient au poids grandissant qu'occupent les valeurs technologiques au sein des grands indices et à une abondance de liquidités disponibles à la recherche d'opportunités de valorisation du capital investi. Ces deux piliers ne sont cependant pas inébranlables. L'envolée du prix du baril de pétrole à plus de 100 dollars, sans perspective de règlement du conflit iranien à court terme, ainsi que la hausse des rendements obligataires (autour de 5% outre-Atlantique pour les emprunts fédéraux à 10 ans et de 4,5% côté français), constituent à ce jour deux sujets majeurs de préoccupation.
Sont venus s'y ajouter la hausse récente des taux directeurs des principales banques centrales mondiales. C'est notamment le cas aux Etats-Unis, où la Fed a relevé de 0,25 point de pourcentage son taux de référence pour lutter contre l'inflation, avec la perspective d'un nouveau tour de vis d'ici à la fin de l'année. La semaine dernière, la BCE avait pris la même initiative. A priori, ce type d'opération ne constitue pas un signal très positif pour les marchés, mais le geste de la Fed a été interprété comme une preuve de sérieux et surtout d'indépendance vis-à-vis de l'administration américaine. Cette semaine, Wall Street a plutôt bien réagi. Toutefois, si les tensions inflationnistes persistent, la mise en place d'une politique monétaire durement restrictive ne manquerait pas de peser sur le marché.
Dans un tel contexte, la meilleure stratégie consiste à protéger les portefeuilles avec un montant minimum de liquidités non investies. Cette politique présente l'avantage de neutraliser une partie du portefeuille contre les accès de faiblesse des cours auxquels nous assistons régulièrement, tout en restant suffisamment investi pour profiter des périodes d'embellie. On l'a vu ce jeudi, avec l'espoir d'une reprise des pourparlers à la fois autour d'un possible desserrement des contraintes de navigation dans le golfe d'Ormuz, ainsi qu'entre les Américains et les Houthis qui menacent de bloquer la circulation des pétroliers en mer Rouge. Les tentatives de remise en état d'un pipeline endommagé en Arabie Saoudite permettant de contourner le golfe Persique ont également été bien perçues.
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Même si les rebonds suscités par ces espoirs d'amélioration ne sont pas garantis dans la durée, un boursier actif ne peut se permettre de rester trop en dehors du marché. En portant ces dernières semaines à un peu plus de 40% de liquidités en moyenne dans les portefeuilles, nous avons bien résisté à la baisse récente des cours, mais il s'agit d'un niveau exceptionnellement élevé qui ne peut se justifier qu'en cas de grave crise sur les marchés. Aujourd'hui, nous sommes plutôt enclins à utiliser une partie des montants immobilisés pour revenir à un niveau plus raisonnable de 33% de liquidités non investies.
Question, quelles valeurs convient-il de privilégier pour revenir à une plus grande mobilité boursière ? La performance de notre portefeuille Défensif (+6,41% depuis le début de l'année) peut paraître satisfaisante au regard de l'évolution du CAC 40 (+0,46% sur la même période), mais elle reste faible dans l'absolu. Surtout, comparée aux grands indices internationaux. Elle montre que si la mise en place d'une gestion ultraprudente conduit à une bonne protection du capital, elle ne permet pas de profiter des opportunités du moment qui nécessitent une certaine prise de risques, notamment en direction des valeurs technologiques. De ce point de vue, le portefeuille Offensif (+25,09% depuis le 1er janvier) paraît mieux adapté. Il n'est nullement question de plaider pour un renversement complet des valeurs traditionnelles de la gestion de portefeuille, qui serait synonyme d'abandon des règles de prudence les plus élémentaires. L'objectif est d'adapter l'allocation d'actif à la dynamique des marchés portée par les investissements colossaux réalisés dans le domaine de l'IA. Un secteur, aujourd'hui, incontournable dans les portefeuilles.
En dépit d'une insuffisance évidente de valeurs technologiques européennes éligibles au PEA, les sept valeurs de ce secteur que nous avons sélectionnées dans notre portefeuille Offensif (qui en compte vingt-deux au total) suffisent à parvenir à une très belle performance. Dans le contexte actuel, la distribution optimale d'un portefeuille PEA diversifié, doit reposer sur trois piliers clairement identifiés. Tout d'abord, un tiers de valeurs technologiques, essentiellement présentes sur les marchés néerlandais, allemand et français. En second lieu, un tiers de valeurs traditionnelles solides et capables de défendre leurs marges. La plupart d'entre elles sont faiblement valorisées et disposent, à ce titre, d'un fort potentiel de valorisation à moyen terme. Il en existe de nombreuses sur le marché français, c'est le cas par exemple de Saint Gobain, d'Airbus, de Safran, de BNP Paribas, d'ArcelorMittal et de Michelin, sans oublier dans le secteur de l'énergie Schneider Electric, E-On, RWE, Saipem ou Vallourec. Tous ces titres figurent dans nos portefeuilles. A titre conservatoire, le dernier tiers de l'actif mérite d'être aujourd'hui consacré aux liquidités. Cette proportion est élevée, elle est destinée à préserver les portefeuilles contre un risque de correction boursière sur les titres les plus fortement valorisés. Un redéploiement de l'actif ne sera envisageable qu'à la seule condition que les tensions actuellement observées sur le marché obligataire se détendent de façon significative.
Bonne lecture et bon week-end à tous,
Roland Laskine
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