Un panneau « Wall Street » à l'entrée de la Bourse de New York
par Diana Mandia
Wall Street est attendue en baisse et les Bourses européennes reculent légèrement à mi-séance, freinées par la poursuite de la flambée des rendements obligataires, tandis que l'absence de progrès diplomatiques au Moyen-Orient maintient les cours du pétrole bien au-dessus des 100 dollars.
Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture en baisse de 0,38% pour le Dow Jones, de 0,6% pour le Standard & Poor's-500 et de 1,03% pour le Nasdaq.
À Paris, le CAC 40 perd 0,34% à 8.095,76 points vers 11h44 GMT. À Francfort, le Dax recule de 0,37% et à Londres, le FTSE 100 cède 0,01%.
L'indice EuroStoxx 50 est en baisse de 0,28%, le FTSEurofirst 300 perd 0,27% et le Stoxx 600 recule de 0,28%.
La tension sur les rendements obligataires se poursuit jeudi, principalement aux Etats-Unis, en Europe et au Japon, alors que les dernières données économiques ont fait état d'une accélération des pressions inflationnistes, ce qui, combiné à une économie qui continue de faire preuve de résilience, laisse présager de nouvelles mesures de resserrement monétaire.
Les chiffres encourageants des PMI concernant l'activité du secteur privé américain, ainsi qu'à une adjudication à cinq ans des bons du Trésor, mal accueillie, ont encore exacerbé une tendance déjà présente sur le marché mondial de la dette souveraine, également confronté à des craintes budgétaires exerçant une pression sur les échéances à plus long terme.
Les opérateurs s'attendent à ce que le deuxième resserrement des coûts d'emprunt de la Réserve fédérale (Fed) intervienne dès le mois prochain et un autre relèvement pourrait intervenir en décembre.
Le président de la Réserve fédérale de New York, John Williams, a soutenu cette vision, en déclarant jeudi qu'il était raisonnable de penser que la banque centrale américaine devrait relever à nouveau ses taux d'intérêt afin de réduire les risques inflationnistes.
Dans la zone euro, les opérateurs prévoient une hausse de 25 points de base des taux d'intérêt d'ici la fin de l'année et estiment qu'il y a environ 40% de chances qu'une deuxième hausse ait lieu.
Pour l'instant, l'économie de la zone euro semble résister aux coups de la politique monétaire, et les principaux instituts économiques allemands ont revu à la hausse jeudi leurs prévisions de croissance pour 2026 et 2027, soulignant que la performance de la première économie d'Europe avait été meilleure au premier semestre qu'initialement prévu au printemps.
"L'inflation est élevée, les responsables des banques centrales tiennent un discours restrictif, les besoins de financement du secteur technologique exercent une pression concurrentielle et rien ne laisse présager une évolution rassurante de la dette américaine", souligne Gilles Moec, chef économiste chez AXA, pour expliquer le moment particulièrement tendu du marché obligataire.
Trois banques centrales européennes n'appartenant pas à la zone euro, à savoir celles de la Suisse, de la Norvège et de la Suède, ont annoncé leurs décisions de politique monétaire jeudi. Seule la Norges Bank a relevé ses coûts d'emprunt, mais l'inflation reste néanmoins une source de grande préoccupation pour les trois institutions.
L'incertitude géopolitique reste en outre élevée: certains responsables iraniens ont eu des entretiens avec des émissaires américains pendant l'Assemblée générale des Nations unies cette semaine, mais les deux parties ont laissé entendre que peu de progrès avaient été réalisés pour mettre fin au conflit.
Le président américain Donald Trump accueille par ailleurs ce jeudi son homologue chinois Xi Jinping à la Maison blanche dans le cadre d'une visite d'Etat qui s'annonce pourtant pauvre en accords majeurs.
LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET
VALEURS EN EUROPE
Aux valeurs, Trigano recule légèrement (-0,53%) après avoir publié ses résultats pour l'exercice 2025-2026.
L'action Shelly Group cotée à Francfort grimpe de 3,7% après que Schneider (+0,72%) a annoncé son intention de lancer une offre publique d'achat sur le groupe bulgare de domotique
Le groupe de mode suédois H&M cède 1,2% après la publication de ses résultats du troisième trimestre.
Mercedes-Benz recule de 1,54% alors que l'hebdomadaire économique WirtschaftsWoche a rapporté que le constructeur prévoit de réduire ses coûts salariaux en Allemagne de 800 millions d'euros. Au niveau sectoriel, les actions technologiques reculent de 1,54%, perdant ainsi de leur élan après leur récent rallye, tandis que celles des groupes énergétiques (+0,78%) avancent grâce à la hausse des prix du pétrole.
TAUX
Aux Etats-Unis, le rendement des Treasuries à dix ans prend 1,3 point de base pour s'établir à 5,1268%, tandis que la maturité à 30 ans a touché un sommet depuis 2004, à 5,4439%.
Dans la zone euro, le rendement du Bund allemand à dix ans, référence pour le bloc monétaire, gagne 2,8 à 3,5752%, dépassant son sommet de 17 ans enregistré la semaine dernière.
En France, le taux de l'OAT à dix ans s'affiche jeudi à 4,6884%, après avoir franchi la veille le seuil des 4,65%, son plus haut niveau depuis plus de 18 ans, tandis que le spread mesurant l'écart de taux entre les obligations françaises et allemandes se creuse à 111 points de base, au plus haut depuis mi-2012.
CHANGES Le dollar gagne 0,15% face à un panier de devises de référence et évolue autour de son niveau son plus haut depuis environ deux mois, soutenu par les anticipations de nouvelles hausses des taux par la Fed.
L'euro perd 0,08% à 1,1371 dollar.
PÉTROLE
Le marché pétrolier montre encore jeudi après avoir progressé de 4% la veille. Si l'Iran a déclaré rester ouvert à la diplomatie pour mettre fin à la guerre avec les Etats-Unis, les deux pays restent très éloignés sur les moyens d'y parvenir.
Le Brent prend 1,66% à 104,79 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) gagne 1,28% à 93,34 dollars.
La Commission européenne s'est par ailleurs déclarée préoccupée, jeudi, par des informations, démenties par la Maison blanche, selon lesquelles les Etats-Unis envisageraient d'interdire les exportations de gazole pour tenter de contenir la flambée des prix de ce carburant utilisé dans l'agriculture et le transport ferroviaire et routier.
Le prix du carburant utilisé pour les véhicules diesel a grimpé à plus de 6,50 dollars le gallon (3,78 litres) aux Etats-Unis en raison des graves perturbations pour le commerce mondial de pétrole engendrées par la guerre.
PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU 24 SEPTEMBRE :
PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT
USA 12h30 Inscriptions au chômage semaine au 201.000 196.000
19 septembre
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Augustin Turpin)

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