La Fed et les "Big Tech" ne créent pas l'élan escompté sur les marchés
information fournie par Zonebourse 29/01/2026 à 08:43
Vers 8h15, le contrat "future" - livraison février - progresse de 45,5 points à 8 124 points, annonçant un début de séance dans le vert, alors que Londres et Francfort semblent se diriger, de leur côté, vers des replis initiaux de l'ordre de 0,1%.
Comme attendu, la Réserve fédérale a marqué une pause dans son cycle d'assouplissement monétaire dans la soirée de mercredi, en laissant ses taux inchangés après avoir abaissé à trois reprises le loyer de l'argent en fin d'année dernière.
Sans surprise non plus, la banque centrale n'a que légèrement modifié la teneur de son discours, se contentant d'indiquer que l'activité économique progressait désormais à un rythme "solide", et non plus "modéré", tout en évoquant des "signes de stabilisation" mais aussi une poursuite de la dégradation sur le marché du travail, des déclarations plutôt floues laissant penser que de nouvelles baisses de taux pourrait intervenir dans le courant de l'année.
"En résumé, le cap que s'est fixé la Fed n'a pas vraiment changé", observe ce matin Michael Brown, analyste marchés chez Pepperstone.
"De nouvelles baisses de taux restent dans les tuyaux, mais pour qu'un geste se matérialise à l'issue des réunions de mars ou d'avril, il faudra assister à une nette dégradation du marché du travail d'ici là", poursuit-il.
"Sans signaux clairs allant en ce sens, la banque centrale devrait continuer à jouer la montre, fidèle à sa stratégie dite "wait and see", probablement jusqu'à la fin du mandat de Jerome Powell", prévient Michael Brown.
A ce titre, de nombreux observateurs mettent en avant l'ambiance particulière de la conférence de presse du président de la Fed, notant que ce dernier a refusé de répondre à un grand nombre de questions sur les polémiques du moment et que l'analyse économique est presque passée au second plan.
"Durant son mandat de président de la Fed, il n'est jamais arrivé à Jerome Powell de refuser de répondre à autant de questions. Il a notamment réfusé de répondre sur l'enquête menée contre lui, les critiques de Donald Trump, l'évolution du dollar, sa succession, le fait qu'il reste gouverneur après la fin de son mandat de président,...", relève Bastien Drut, le responsable de la stratégie et des études de CPRAM.
Suite à cet exercice de communication qui s'inscrit dans la droite ligne des attentes du marché, les investisseurs sont restés imperturbables, à tel point que les mouvements consécutifs à l'annonce sont restés à peine perceptibles à Wall Street, montrant que le discours du patron de l'institution a été intégré avec sérénité.
Au coup de cloche final, le Dow Jones et le S&P 500 affichaient des scores virtuellement inchangés, tandis que le Nasdaq avançait de 0,3%.
Tout comme les déclarations de la Fed, les publications de résultats très attendues des géants de la "tech", tombées après l'ouverture n'ont pas constitué le catalyseur espéré.
Microsoft a déçu le marché en publiant, certes, des résultats légèrement supérieurs aux attentes, mais sans accélération de son activité dans le "cloud" alors que ses dépenses d'investissement restent très élevées, une conjugaison qui pesait sur le titre qui lâchait plus de 5% en cotations électroniques.
A l'inverse, Meta a été salué pour la vigueur de ses perspectives, le groupe de médias sociaux anticipant une croissance plus soutenue de ses revenus publicitaires sur le trimestre en cours, nettement au-dessus du consensus, tout en assumant la montée en puissance de ses investissements à horizon 2026, des commentaires interprétés par le marché comme un signal de confiance sur la trajectoire à venir, ce qui propulsait le titre à la hausse ( 7%) en avant-Bourse.
Enfin, Tesla bénéficiait lui aussi d'un accueil plutôt positif suite à la présentation de résultats meilleurs qu'attendu, qui ont été éclipsés par l'officialisation d'un plan stratégique visant à renforcer ses ambitions dans la robotique et l'intelligence artificielle, un discours jugé constructif par les investisseurs. L'action gagnait 2,5% dans les échanges de préouverture.
Dans ce contexte, ce sont finalement les métaux précieux, l'or en tête, qui continuent de voler la vedette sur les marchés. En signant un gain de presque 5% hier, le métal jaune a enregistré hier sa plus forte progression journalière depuis le début de l'épidémie de Covid, une dynamique haussière qui se poursuivait ce matin puisque l'once grimpait de presque 5% pour flirter avec le seuil des 5 600 dollars.
"On voit bien que l'or ne se contente plus de monter juste en réaction aux baisses de taux, mais qu'il est désormais considéré comme un refuge structurel face à des risques systémiques persistants, ce qui conduit les investisseurs institutionnels à l'utiliser de plus en plus comme une protection stratégique, et non plus comme un simple placement de court terme", explique Linh Tran, analyste marchés chez XS.com.
Du côté des devises, le dollar tend à se stabiliser jeudi matin après avoir retrouvé un peu de vigueur hier soir suite aux déclarations du secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, qui a réaffirmé l'attachement des Etats-Unis à une politique du "dollar fort" reposant sur des fondamentaux économiques solides sans nécessité d'intervention sur le marché des changes.
Des déclarations qui contrastent avec celles faites la veille par Donald Trump, qui s'était montré relativement à l'aise avec le récent accès de faiblesse du billet vert.
A près de 1,1990 face au dollar, l'euro se maintient ainsi à des plus hauts de près de cinq ans.
Sur le marché des matières premières, les prix du pétrole poursuivent leur progression sur fond de tensions croissantes avec l'Iran, après les déclarations de Trump sur une possible action militaire imminente contre l'Iran, le locataire de la Maison Blanche ayant brandi la menace d'une "armada massive", bien pire que les frappes qui avaient été menées en juin 2025.
Conséquence, le Brent progresse ce matin de 1,5% pour atteindre son plus haut niveau depuis fin septembre, à 69,5 dollars le baril, tandis que le brut texan WTI s'adjuge 1,6% à plus de 64,2 dollars.
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