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La Chine pourrait apaiser les craintes des marchés, selon BNP Paribas
information fournie par Reuters 12/04/2019 à 13:03

LA CHINE POURRAIT APAISER LES CRAINTES DES MARCHÉS, SELON BNP PARIBAS

LA CHINE POURRAIT APAISER LES CRAINTES DES MARCHÉS, SELON BNP PARIBAS

par Patrick Vignal

PARIS (Reuters) - Les investisseurs s'inquiètent à raison pour la croissance mondiale mais la deuxième économie du monde pourrait leur remonter le moral dans les mois qui viennent, pense Chi Lo, économiste senior pour la Chine chez BNP Paribas Asset Management.

"Si l'économie chinoise se stabilise puis repart modérément au second semestre, ce à quoi nous nous attendons, cela réduirait les pressions que fait peser sur la croissance le ralentissement des économies occidentales", déclare à Reuters l'expert de la branche de gestion d'actifs de la banque française.

Un tel scénario favoriserait les actifs risqués, très prisés depuis le début de l'année, en particulier en Chine, ajoute-t-il.

Le rebond des actions chinoises depuis le début de l'année est en effet spectaculaire avec une progression d'environ 30% pour l'indice SSE composite de la Bourse de Shanghai, à comparer avec un repli de près de 25% l'an dernier.

"Ce rebond s'explique en grande partie par l'optimisme des investisseurs concernant un accord prochain dans les négociations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine", explique Chi Lo.

Ce facteur est déjà largement intégré dans les cours mais d'autres éléments le sont moins, à commencer par le fait que les mesures de stimulation mises en oeuvre par les autorités de Pékin commencent à se traduire dans les indicateurs, prolonge-t-il.

Comme pour illustrer le propos de l'économiste, la Chine a annoncé jeudi une hausse des prix à la production au mois de mars, pour la première fois depuis neuf mois, un signe que les mesures prises par Pékin pour soutenir l'économie produisent leurs effets sur la demande intérieure.

"Le marché chinois a commencé à intégrer cette évolution dans les cours il y a deux ou trois semaines mais les investisseurs internationaux sont encore indécis en ce qui concerne la rapidité et la vigueur de la reprise de l'économie chinoise", dit Chi Lo.

LE MARCHÉ CHINOIS S'OUVRE AU MONDE

Les Bourses chinoises bénéficient en outre de l'inclusion récente dans les indices mondiaux de référence des actions libellées en yuans (actions A), l'un des signes d'une volonté manifeste de la Chine d'ouvrir davantage ses marchés aux capitaux étrangers, ajoute-t-il.

"L'inclusion des actions A dans les indices a eu un effet positif en attirant davantage de capitaux vers le marché chinois, avec notamment pour effet d'accroître la liquidité disponible pour les entreprises chinoises", dit-il.

L'ouverture aux capitaux étrangers apporte à la Chine un soutien à sa volonté de réformes structurelles, les flux entrants lui offrant en outre une arme pour lutter contre la dégradation de sa balance des comptes courants, fait-il valoir.

Il relève cependant une asymétrie dans le processus, les dispositifs de contrôle étant pratiquement levés pour les flux entrants mais largement maintenus pour les flux sortants.

"Le contrôle des capitaux locaux est la dernière ligne de défense du pays pour empêcher le système de se heurter à de sérieux problèmes", souligne-t-il.

VERS UNE NOUVELLE GUERRE FROIDE ?

Si l'horizon lointain n'est pas totalement dégagé pour les marchés chinois, avec notamment des niveaux d'endettement élevés qui menacent d'entraîner des défauts en cascade, l'avenir immédiat est plutôt souriant du point de vue des investisseurs, insiste l'expert de BNPP AM.

"Les actifs chinois, qu'il s'agisse des actions, des obligations ou du crédit, vont devenir une classe d'actifs à part entière au lieu d'une petite partie de l'univers des actifs émergents", prédit-il.

Si le risque de court terme lié à la question commerciale paraît minime, les tensions de long terme entre les Etats-Unis et la Chine ayant trait notamment à la concurrence technologique, à la sécurité nationale ou encore aux différences idéologiques ne vont pas disparaître, prévient-il pas ailleurs.

"Nous sommes passés d'un risque macroéconomique créant de la volatilité sur les marchés à un risque microéconomique centré sur le secteur de la technologie et affectant les chaînes d'approvisionnement intégrant la Chine", dit Chi Lo.

"Si vous y ajoutez l'angle politique, il y a un risque potentiel d'une forme de guerre froide à moyen terme entre les Etats-Unis et la Chine qui pourrait devenir un thème d'investissement dans les prochaines années, un risque géopolitique que les investisseurs devront prendre en compte".

(édité par Blandine Hénault)

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