Aller au contenu principal
Fermer

L'Italie veut reprendre à Euronext le marché de sa propre dette
information fournie par Zonebourse 08/10/2026 à 10:08

Le gouvernement italien étudie le rachat des 63% qu'Euronext détient dans MTS, l'une des plus grandes plateformes obligataires d'Europe et le lieu où s'émet et se négocie la dette de l'Etat italien. La participation est valorisée autour de 600 millions d'euros, soit moins de 4% de la capitalisation de l'opérateur boursier.

MTS est née en 1988, créée par le Trésor italien lui-même, avant d'être privatisée puis absorbée dans Borsa Italiana, qu'Euronext a racheté en 2021 pour 4,325 MdsEUR. C'est aujourd'hui le passage obligé des BTP, les obligations de l'Etat italien. L'encours de la dette publique transalpine atteignait environ 3 207 MdsEUR en mai 2026, pour un ratio attendu à 138,6% du PIB sur l'année. Rome a donc vendu, il y a cinq ans, le tuyau par lequel passe son propre financement. Giorgia Meloni voudrait le reprendre.

Le véhicule serait la Cassa Depositi e Prestiti, la caisse des dépôts italienne, qui détient déjà 8% de MTS, rapporte Bloomberg en citant des personnes au fait du dossier. Ces mêmes sources signalent que le coût pourrait constituer un obstacle. Euronext "ne commente pas les rumeurs de marché", tout en précisant que MTS est "un actif stratégique" qu'il entend continuer à développer au sein du groupe.

Les 600 MEUR ne représentent que 3,6% de la capitalisation d'Euronext, soit environ 16,5 MdsEUR, et valoriseraient MTS à près de 950 MEUR en totalité. C'est 14% du prix payé pour l'ensemble de Borsa Italiana. Vu comme ça, la cession serait indolore.

Sauf que ce n'est pas la bonne façon de regarder. En 2025, la ligne négociation et compensation obligataires a rapporté 196,6 MEUR, en hausse de 22,3%. C'est la croissance la plus rapide des grands métiers du groupe, pour 11% d'un chiffre d'affaires de 1 823,2 MEUR. Et elle repose largement sur MTS.

Euronext construit depuis quatre ans un récit d'infrastructure intégrée, de la négociation à la conservation. Lâcher la brique obligataire souveraine abîmerait ce récit et ouvrirait la question du reste du périmètre italien, de Borsa Italiana à Euronext Securities Milan en passant par Euronext Clearing. D'où le jugement d'AlphaValue, qui estime l'opération peu probable et rappelle que la direction d'Euronext considère MTS comme stratégique dans son dispositif multi-actifs.

Le 4 décembre 2025, la Commission européenne a adopté son paquet sur l'intégration et la supervision des marchés, pilier de l'Union de l'épargne et de l'investissement. Il transfère au niveau européen la supervision directe de "certaines infrastructures transfrontalières significatives", mission que l'ESMA s'est dite prête à endosser. Pour AlphaValue, cela ouvre la voie à un fonctionnement des opérateurs d'infrastructure sous licence unique, supervisés directement par l'ESMA, en contournant les autorités nationales que sont la CONSOB et la Banque d'Italie. C'est exactement ce que Rome refuse sur le marché de sa propre dette. L'affaire dépasse donc Euronext. Elle met face à face la centralisation européenne de la supervision et un réflexe de souveraineté sur l'infrastructure qui finance l'Etat.

0 commentaire

Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

Mes listes

valeur

dernier

var.

7 685,83 -1,07%
104,42 +3,18%
24,48 -2,31%
0,7 -4,50%
62,46 -2,31%
Chargement...