PHOTO DE FICHIER : Une employée de la salle des marchés d'IG Index regarde ses écrans d'ordinateur alors que les marchés chutent à l'échelle mondiale, à Londres
par Diana Mandia
Les Bourses européennes ont terminé en ordre dispersé mercredi, les gains enregistrés dans le secteur chimique ayant compensé les pertes des groupes de matériaux de construction, tandis que les difficultés du secteur technologique se sont poursuivies.
À Paris, le CAC 40 a gagné 1,01% à 8.262,16 points. À Francfort, le Dax a reculé de 0,52% et à Londres, le FTSE 100 a pris 0,85%.
L'indice EuroStoxx 50 a fini en baisse de 0,23%, le FTSEurofirst 300 a perdu 0,04% et le Stoxx 600 a gagné 0,15%.
La séance a été marquée par des performances très disparates entre les secteurs de la cote.
Le cimentier Heidelberg Materials a plongé de 9,7% entraînant dans son sillage l'indice phare de la Bourse de Francfort. Le quotidien allemand Handelsblatt a en effet rapporté que la Commission européenne envisagerait d'affaiblir le cadre du système européen d'échange de quotas d'émission (ETS). Selon les traders, cette nouvelle pourrait être favorable aux entreprises à forte consommation d'énergie, dont celles du secteur de la chimie (+4,79%) car elle impliquerait une réduction des coûts, mais elle serait négative pour les entreprises de construction, qui ont investi pour réduire leurs émissions de leurs produits.
La progression des compartiments comme la chimie, ainsi que de l'automobile, ont compensé le nouveau repli des secteurs de la technologie (-2,39%) et de la publicité (-0,48%), encore pénalisés par les craintes liées à l'impact que l'IA pourrait avoir sur leurs modèles économiques, même si les pertes se sont réduites par rapport à la veille.
Les investisseurs ont également examiné l'inflation de la zone euro, qui s'est établie en janvier à son plus bas niveau depuis septembre 2024, à 1,7%, un chiffre conforme aux attentes, tandis que l'indicateur des prix sous-jacents, qui exclut les éléments les plus volatils, a ralenti à 2,2%.
Ces chiffres n'ont pas modifié les attentes concernant la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE), qui devrait maintenir ses taux inchangés jeudi et confirmer ainsi une cinquième pause d'affilée dans son cycle d'assouplissement.
"Christine Lagarde n'a en effet aucune raison objective de modifier le niveau actuel des taux alors que les anticipations d'inflation restent autour de l'objectif-cible de 2% (...) Si le contexte géopolitique reste tendu (Iran, Groenland etc.), les récents développements et déclarations du président américain penchent pour une détente relative", écrit dans une note Edouard Faure, responsable Crédit France de Swiss Life Asset Managers France.
VALEURS
Holcim (-7,92%) et Vicat (-6,03%) ont tous deux souffert avec les informations sur les plans de Bruxelles concertant les quotas d'émission, tandis que les entreprises du secteur industriel telles qu'Air Liquide, Arkema, BASF ou Brenntag, qui ont bondi d'entre 4,9% à 9,6%.
À Paris, Publicis, qui a chuté de 9,2% mardi, a encore reculé de 2,19% mercredi sur fond de craintes concernant l'impact de l'IA sur le secteur de la publicité.
Crédit Agricole a perdu 3,04%, pénalisé par un quatrième trimestre marqué par d'importantes provisions et une hausse des coûts.
Soitec s'est envolé de plus de 23%, signant la plus forte hausse de l'indice SBF 120, après des résultats trimestriels jugés rassurants dans un contexte toujours difficile pour le fournisseur français de matériaux semi-conducteurs.
Wendel, qui a signé un accord avec Henkel en vue de céder au groupe allemand de produits de nettoyage sa participation majoritaire dans le fabricant de produits chimiques Stahl Holdings, a pris 9,05%.
Ailleurs en Europe, le laboratoire danois Novo Nordisk, qui a fait état mardi soir de perspectives bien plus pessimistes que prévu pour 2026 et signalé des défis à venir sur le marché des traitements contre l'obésité, a abandonné 17,7%.
A WALL STREET
A l'heure de la clôture en Europe, le Dow Jones gagne 0,39%, le Standard & Poor's 500 recule 0,74% et le Nasdaq Composite perd 1,84%.
Les indices de la Bourse de New York sont partagés entre les bons résultats d'Eli Lilly (+9,83%) et de Super Micro Computer (+10,35%) et les craintes persistantes concernant l'IA.
LES INDICATEURS DU JOUR
La croissance du secteur privé de la zone euro a ralenti en janvier pour le second mois consécutif alors que la demande a stagné et que les embauches sont à l'arrêt, augurant d'une conjoncture fragile pour le début d'année, montre mercredi une enquête de S&P Global auprès des directeurs d'achats.
Aux Etats-Unis, l'activité du secteur des services est restée stable en janvier, mais les entreprises ont payé plus cher leurs intrants et les nouvelles commandes ont ralenti, montre l'enquête mensuelle de l'Institute for Supply Management (ISM) publiée mercredi.
Le secteur privé américain a créé moins d'emplois que prévu en janvier, montre mercredi l'enquête mensuelle du cabinet ADP, qui a recensé 22.000 créations de postes le mois dernier, après 37.000 en décembre.
CHANGES
Le dollar gagne 0,24% face à un panier de devises de référence, aidé par la baisse du yen japonais à l'approche des élections législatives anticipées de dimanche prochain, qui devraient renforcer les ambitions de la Première ministre Sanae Takaichi en matière de dépenses budgétaires et de défense.
L'euro perd 0,17% à 1,1798 dollar.
TAUX
Les rendements des obligations de référence de la zone euro ont reculé légèrement après la publication des données sur l'inflation du bloc, qui ne devrait pas empêcher la BCE de maintenir ses taux d'intérêt inchangés jeudi.
Le rendement du Bund allemand à dix ans a abandonné 2,7 points de base à 2,8623%. Le deux ans a perdu 2,6 points de base à 2,0741%.
Aux Etats-Unis, le rendement des Treasuries à dix ans évolue à 4,2775%, plutôt stable. Le deux ans cède près de 1 point de base à 3,5635%.
PÉTROLE
Les cours du brut se stabilisent alors que des pourparlers entre Washington et Téhéran doivent se tenir vendredi à Oman et que Washington laisse planer la menace d'une intervention militaire contre la République islamique.
Le Brent grappille 0,04% à 67,36 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) recule de 0,16% à 63,11 dollars.
A SUIVRE LE 5 FÉVRIER :
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Kate Entringer)

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