Les Bourses européennes devraient prolonger leur mouvement de repli mercredi dans les premiers échanges en réaction à la poursuite de la remontée des rendements obligataires et des cours du pétrole, dans un contexte marqué par une reprise des hostilités entre les Etats-Unis et l'Iran. Selon les premières indications disponibles, le CAC 40 se dirige vers un recul de l'ordre de 0,3%, le DAX est attendu sur des pertes de l'ordre de 0,5% et l'Euro STOXX 50 perd 0,4% en préouverture.
La détérioration de la situation au Moyen-Orient rend les marchés prudents, l'armée américaine ayant conclu dans la nuit une série de frappes contre l'Iran, la deuxième en quelques jours, ce qui a conduit Téhéran à répliquer en visant plusieurs bases US situées en Jordanie, en Irak et à Bahreïn.
Dans ce contexte géopolitique tendu, les investisseurs devraient reprendre leur souffle en attendant d'y voir plus clair, surtout après le bon parcours réalisé cet été.
Depuis son pic du 11 août dernier, le CAC a perdu près de 4,9%. L'indice parisien n'affiche plus qu'un gain de 1,8% depuis le début de l'année.
De son côté, l'Euro STOXX 50 a mieux résisté, mais vient tout de même d'aligner trois séances de repli sur quatre. Il cède maintenant plus de 3% depuis son record du 12 août.
Des investisseurs de plus en plus sur leurs gardes
L'ampleur de la baisse alimente logiquement le débat sur l'amorce d'une simple consolidation ou le risque d'une tendance baissière plus durable dans un contexte de resserrement des politiques monétaires aux Etats-Unis comme en Europe.
"L'absence de nouveaux catalyseurs haussiers, couplée à la résurgence des craintes inflationnistes, complique la tâche des investisseurs à la recherche d'arguments solides pour repasser à l'achat", explique Andreas Lipkow, le responsable de l'analyse marché chez CMC Markets à Londres.
"Cela ne se traduit pas encore par des dégagements massifs ou désordonnés", tempère-t-il toutefois.
"Le marché s'inscrit plutôt dans une sorte de dérive baissière progressive, portée par des prises de bénéfices ciblées. La question centrale est désormais de déterminer quel est le niveau de valorisation qui saura susciter un réel regain d'intérêt acheteur et déclencher un redémarrage significatif des flux d'investissement", indique le professionnel.
Conséquence, les acheteurs préfèrent pour l'instant se tenir à l'écart du marché, laissant ainsi la main aux vendeurs, d'autant que la remontée des taux longs dégrade l'attractivité relative des actions.
La hausse des rendements obligataires s'est d'ailleurs amplifiée hier soir à Wall Street, avec des Treasuries qui crevaient tous les plafonds ou presque. Le taux à dix ans américain a franchi à la hausse le seuil de 4,80%, un nouveau pic de quasiment trois ans. Le 30 ans se tend quant à lui à 5,27%, au plus haut depuis 2006.
Parallèlement, le renchérissement de l'énergie vient un peu plus noircir la conjoncture économique et les perspectives en matière d'inflation.
Du fait du regain de tensions dans le Golfe, le baril de Brent s'adjuge près de 0,9% autour de 95,5 dollars tandis que le brut léger américain avance de 0,5% à 90,7 dollars.
Le Brent en direction des 100 dollars
Si le pétrole continue de franchir péniblement le détroit d'Ormuz, de nombreux signes de pénurie commencent à apparaître, comme en témoignent la hausse des prix de l'essence aux Etats-Unis, la cherté du diesel en Europe ou les rationnements en Russie.
La hausse du prix du gaz est encore plus conséquente. En Europe, le prix du MWh en Europe a atteint, au-delà de 68 euros, son plus haut depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Ce niveau est surtout bien supérieur aux hypothèses formulées par la BCE dans son dernier scénario de référence.
Au vu de l'instabilité de la situation au Moyen-Orient, le pétrole semble bien parti pour renouer avec ses sommets du 21 août, ce qui pourrait ouvrir la voie à des cours nettement plus élevés.
D'après les analystes techniques, un retour vers le seuil des 100 dollars, qui n'avait plus été atteint depuis le 23 juillet, est désormais envisageable, avec en ligne de mire la zone des 117 dollars, c'est-à-dire les sommets inscrits début mai.
Les échanges pourraient un peu s'animer dans la journée avec la publication de plusieurs indicateurs économiques importants aux Etats-Unis, en attendant les résultats de Broadcom ce soir.
L'enquête ADP, suivie de près par les investisseurs, paraîtra à 14h15. Les chiffres de commandes industrielles et des stocks hebdomadaires de pétrole suivront par la suite.
Mais au-delà des annonces prévues aujourd'hui, ce sont évidemment les chiffres de l'emploi attendus ce vendredi qui compteront le plus.
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