Après leurs records de la semaine dernière, les principales Bourses européennes sont attendues plutôt stables lundi à l'ouverture, voire en très légère baisse, dans un climat d'attente avant la publication d'une nouvelle série d'indicateurs économiques de haute importance.
D'après les contrats à terme sur les indices de référence, le CAC 40 parisien reculerait de 0,1% à l'ouverture, tout comme le DAX à Francfort ou l'indice Euro STOXX. Le FTSE de Londres lâcherait lui près de 0,5%.
Les grandes places européennes avaient toutes inscrit de nouveaux plus hauts historiques vendredi, portées par des chiffres de l'emploi américain moins bons que prévu qui ont éloigné la menace d'un resserrement monétaire aux Etats-Unis.
Les créations de postes ont été négatives en juillet (-23 000), tandis que les chiffres de mai et juin ont été révisés à la baisse de 103 000 emplois au total, conduisant les investisseurs à revoir sensiblement leurs attentes concernant la trajectoire des taux de la Fed.
Un rapport sur l'emploi qui redistribue les cartes
"Les dernières données sur la création d'emplois suggèrent que nous avons vraisemblablement franchi un cap en matière d'anticipations de marché", juge Scott Chronert, le stratégiste en chef de Citi.
"Alors que les investisseurs tablaient encore sur deux baisses de taux d'ici la fin de l'année au mois de février, le consensus s'était inversé à la fin du mois de juillet pour désormais intégrer deux hausses de taux", rappelle l'analyste.
En s'adjugeant plus de 2,4% la semaine passée, le CAC a signé sa meilleure performance hebdomadaire depuis le début du mois d'avril ( 3,7%) lorsqu'un cessez-le-feu avait été annoncé entre les Etats-Unis et l'Iran.
La tendance générale à la hausse sur le Vieux Continent a profité en premier lieu aux valeurs et aux secteurs qui avaient le plus souffert ces derniers mois, comme l'éditeur de logiciels allemand SAP qui avait subi de plein fouet les inquiétudes ayant trait à l'impact de l'IA sur son activité ou les titres appartenant au segment du luxe.
Une nouvelle batterie de statistiques en vue
Les indicateurs économiques vont tenir le haut du pavé lors de la semaine qui vient, tout particulièrement les chiffres de l'inflation américaine attendus ce mercredi qui devraient constituer un test crucial en permettant de déterminer si le récent essoufflement des prix s'inscrit dans la durée ou s'il s'agit d'un simple mirage statistique.
Une hausse plus forte que prévu de l'indice CPI au mois de juillet balayerait les espoirs d'une désinflation pérenne et renforcerait la pression sur la Réserve fédérale pour qu'elle relève ses taux dès septembre.
Un tel scénario exposerait tout particulièrement l'indice Nasdaq Composite, dont le récent rallye ( 5,2% de gains lors de la semaine écoulée) laisse les valeurs technologiques très vulnérables à tout rebond des tensions obligataires.
Pour mémoire, l'indice des prix à la consommation aux Etats-Unis avait nettement ralenti en juin pour s'établir à 3,5% sur un an, à comparer avec 4,2% le mois précédent, principalement sous l'effet du repli des cours de l'énergie.
Plusieurs autres statistiques de premier plan sont également attendues dans le courant de la semaine.
Toujours Outre-Atlantique, la statistique des ventes au détail et l'indice de l'Université du Michigan mesurant le moral des ménages, attendus vendredi, seront vraisemblablement très suivis afin de jauger de l'état de la consommation, tandis qu'en Europe ce sont les chiffres de l'inflation en Allemagne qui accapareront au premier chef l'attention des investisseurs.
Une éventuelle révision à la hausse risquerait en effet de contraindre la Banque centrale européenne (BCE) à remettre une hausse de taux sur la table dès sa réunion de septembre.
Le moteur des bénéfices tourne à plein régime
Si la saison des résultats touche désormais à sa fin, les publications trimestrielles de Cisco ou encore Applied Materials pourraient continuer de porter le marché, reléguant au second plan les risques entourant l'évolution des taux, les signes de ralentissement sur le marché de l'emploi et les tensions géopolitiques avec l'Iran.
A en croire FactSet, les bénéfices des entreprises du S&P 500 ont jusqu'ici grimpé de 50,4 % en moyenne au 2ème trimestre, soit leur meilleure performance en 5 ans, alors qu'ils n'étaient attendus qu'en hausse de 23,1 % à la fin du mois de juin.
"Pour faire court, cette divine surprise sur le trimestre nous offre tout simplement l'équivalent d'une année entière de croissance des bénéfices", souligne Scott Chronert, chez Citi.
La tendance des places asiatiques est globalement irrégulière, dans l'attente des prochaines statistiques et publications de résultats qui permettront ou non de maintenir la dynamique porteuse des derniers jours.
A Tokyo, l'indice Nikkei 225 progressait de presque 2% en fin de séance, mais le recul de l'indice des valeurs vedettes chinoises CSI 300 (-0,4%) venait tempérer cette impression favorable.
L'euro temporise, le pétrole et les taux cherchent un équilibre
Sur le marché des devises, l'euro marque une pause après avoir repris quelques couleurs face au dollar dans le sillage du dernier rapport sur l'emploi aux Etats-Unis.
La monnaie unique teste actuellement son précédent sommet du 3 août situé à 1,1550, un franchissement qui ouvrirait la voie à une poursuite de son redressement en direction des 1,1610, le plus haut constaté à la mi-juin, selon les cambistes.
Sa reprise reste cependant fragile, d'après les professionnels, puisque l'approche de sa moyenne mobile à 200 jours, située vers 1,1630 dollar, pourrait rapidement freiner le rallye et provoquer une phase de consolidation.
Le rendement du 10 ans américain, qui avait lourdement chuté vendredi dans le sillage des chiffres de l'emploi, tente de se stabiliser autour de 4,66% ce matin, après avoir presque enfoncé le seuil de 4,60% vendredi.
Les cours du pétrole se reprennent très modérément après leur recul de la semaine écoulée, l'incertitude sur la conjoncture économique aux Etats-Unis s'ajoutant désormais à la perspective d'un éventuel accord diplomatique partiel susceptible de sécuriser le trafic pétrolier dans le détroit d'Ormuz.
Le Brent avance de 0,2% à 83,7 dollars le baril, tandis que le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) remonte de 0,1% autour de 78,2 dollars.
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