Bourse Euronext dans le quartier d'affaires de La Défense à Paris
par Coralie Lamarque et Diana Mandia
Les Bourses européennes ont terminé en nette baisse jeudi, les espoirs d'une fin rapide de la guerre au Moyen-Orient s'étant évanouis après que Téhéran a rejeté une proposition américaine et affirmé qu'aucun plan de négociation ne semblait réaliste à l'heure actuelle.
À Paris, le CAC 40 a perdu 0,98% à 7.769,31 points. À Francfort, le Dax a reculé de 1,64% et à Londres, le FTSE 100 a abandonné 1,33%.
L'indice EuroStoxx 50 a fini en baisse de 1,55%, le FTSEurofirst 300 de 1,25% et le Stoxx 600 de 1,17%.
L'Iran juge que la proposition américaine de sortie du conflit qui lui a été transmise par l'intermédiaire du Pakistan est "à sens unique et injuste" et n'ouvre aucune perspective de négociation, a déclaré jeudi à Reuters un responsable iranien de haut rang.
Ce refus de Téhéran intervient alors que le président américain, Donald Trump, a réaffirmé jeudi lors d'un conseil des ministres que la République islamique souhaitait à tout prix parvenir à un accord de paix, ajoutant que Washington n'était pas certain de le vouloir.
Ces contradictions persistantes de la part des belligérants continuent de semer le doute chez les opérateurs, qui ont choisi de se mettre à l'abri du risque après plusieurs séances d'accalmie, les espoirs d'un accord visant à mettre rapidement fin au conflit s'estompant.
Pour Tom Lee, directeur de la recherche chez Fundstrat, les déclarations des dirigeants iraniens soulignent le "brouillard de guerre" qui règne actuellement.
"C'est précisément ce 'brouillard' qui explique pourquoi de nombreux investisseurs restent sur leurs gardes et se tiennent à l'écart", dit-il.
En réaction, les cours du pétrole, qui avaient fortement chuté la veille, ont de nouveau grimpé en flèche jeudi et les rendements obligataires se sont tendus, reflétant les craintes inflationnistes déclenchées par la guerre.
L'impact des tensions géopolitiques sur l'activité économique est également source d'inquiétude, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ayant souligné jeudi dans ses perspectives actualisées que l'aggravation du conflit avait commencé à freiner la croissance.
VALEURS
À Paris, Edenred a plongé de 17% après que l'autorité italienne de la concurrence (AGMC) a annoncé jeudi avoir ouvert une enquête sur le groupe français et sa filiale italienne, liée à un éventuel abus de position dominante sur le marché national de la fourniture de chèques-repas aux salariés.
Le fabricant français de spiritueux Pernod Ricard a fini sur une baisse de 5,7%, après que l'agence Bloomberg a rapporté jeudi peu avant la clôture que le groupe envisageait une éventuelle acquisition de Brown-Forman, le propiétaire du whisky Jack Daniel's.
H&M a perdu plus de 2%, pénalisé par un objectif de ventes en-dessous des attentes après un premier trimestre mitigé.
L'enseigne britannique de prêt-à-porter Next a quant à elle progressé de 4,2% à Londres après avoir légèrement revu à la hausse sa prévision de bénéfice pour l'exercice 2026/27, malgré un avertissement sur l'impact de la guerre au Moyen-Orient.
Au niveau sectoriel, les actions des fabricants de semi-conducteurs ont plombé le compartiment de la technologie (-2,32%), Google Research ayant annoncé plus tôt cette semaine le lancement d'un algorithme de compression qui pourrait accentuer la concurrence dans cette industrie.
La baisse des cours de l'or (XAU=) et de l'argent (XAG=), ainsi que le plongeon de la société minière suédoise Boliden (-19%) ont pénalisé le secteur des ressources de base, qui a reculé de 3,38%
À WALL STREET
L'incertitude pèse également sur les indices de la Bourse de New York.
À l'heure de la clôture en Europe, le Dow Jones perd 0,76%, le Standard & Poor's 500 1,10% et le Nasdaq Composite 1,48%.
Meta recule de près de 7% à son plus bas niveau depuis dix mois, après que le groupe américain, société mère de Facebook, a été reconnu coupable mercredi de négligence sur l'addiction des jeunes aux réseaux sociaux, ce qui a ravivé les craintes quant à d'autres poursuites judiciaires.
PÉTROLE
Après un léger répit plus tôt dans la semaine, les cours du pétrole progressent d'environ 5%, les perspectives d'un conflit prolongé au Moyen-Orient ayant ravivé les craintes de perturbations de l'approvisionnement.
Le Brent prend 5,65% à 108,00 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) 4,89% à 94,74 dollars.
Donald Trump a par ailleurs laissé entendre jeudi que l'Iran avait autorisé 10 pétroliers à franchir le détroit d'Ormuz, dont certains battant pavillon pakistanais.
TAUX
Les rendements obligataires progressent, les tensions persistantes au Moyen-Orient ayant ravivé les craintes inflationnistes.
Le rendement des Treasuries à dix ans prend 6,8 points de base à 4,3957%, tandis que celui de son homologue à deux ans avance de 7,4 points de base à 3,9550%.
Les contrats à terme sur les taux américains ont commencé, dès la semaine dernière, à intégrer la possibilité d'une hausse des taux d'intérêt dans le courant de l'année.
Dans la zone euro, le rendement du Bund allemand à dix ans a pris plus de 10 points de base à 3,0618%. Le deux ans a enregistré une hausse similaire pour clôturer à 2,7071%.
Les marchés monétaires de la zone euro ont par ailleurs réagi aux déclarations du président de la Bundesbank allemande, Joachim Nagel, qui a déclaré à Reuters qu'une hausse des taux d'intérêt en avril était "une option".
Selon Bruno Cavalier, chef économiste chez ODDO BHF, les banques centrales, spécialement la BCE, devraient toutefois garder la tête froide.
"Un durcissement préventif que certains évoquent n'est pas un remède, il aggraverait le mal", écrit-il dans une note.
CHANGES
Le dollar s'apprécie de 0,27% face à un panier de devises de référence, les doutes quant à un apaisement de la situation au Moyen-Orient ayant stimulé la demande d'actifs refuges.
"Les opérateurs continuent de se ruer vers les valeurs refuges et se préparent à un blocage prolongé du détroit d'Ormuz ainsi qu'à une éventuelle surchauffe des grandes économies sous l'effet de la flambée des prix de l'énergie", déclare Karl Schamotta, stratège chez Corpay.
L'euro perd 0,22% à 1,1533 dollar.
LES INDICATEURS DU JOUR
Les inscriptions au chômage ont légèrement augmenté aux Etats-Unis lors de la semaine au 21 mars, à 210.000 contre 205.000 la semaine précédente, ce qui laisse penser que le marché du travail reste stable et devrait permettre à la Fed de maintenir ses taux d'intérêt inchangés tout en surveillant les risques d'inflation liés au conflit au Moyen-Orient.
En France, la confiance des ménages s'est repliée comme anticipé en mars, tandis que le climat des affaires dans l'industrie a reculé plus que prévu, selon les données publiées jeudi par l'Insee.
À SUIVRE LE 27 MARS :
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Coralie Lamarque et Diana Mandiá, édité par Blandine Hénault)

0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer