Le graphique de l'indice boursier allemand DAX est présenté à la Bourse de Francfort
par Diana Mandia
Les Bourses européennes ont terminé en nette hausse jeudi, portées par les résultats trimestriels des entreprises, tandis que les annonces de la Banque centrale européenne (BCE) semblent avoir conforté les espoirs des opérateurs quant à une approche modérée de la part de Francfort, visant à freiner l'inflation sans nuire à la croissance.
À Paris, le CAC 40 a terminé en hausse de 1,05% à 7.970,00 points. À Francfort, le Dax a pris 1,36% et à Londres, le FTSE 100 a avancé de 0,26%.
L'indice EuroStoxx 50 a fini sur un gain de 0,64%, le FTSEurofirst 300 a gagné 0,77% et le Stoxx 600 a progressé de 0,82%.
La BCE a, comme prévu, laissé jeudi son taux de dépôt inchangé à 2,50% après deux hausses plus tôt cette année, sans exclure un nouveau relèvement des coûts d'emprunt en décembre mais se montrant prudente quant aux risques pesant sur la croissance.
Selon trois sources, les responsables de Francfort prévoient de relever les taux lors de la dernière réunion de politique monétaire de l'année face à une inflation qui reste élevée, puis de marquer une pause, car la récente flambée des rendements obligataires pourrait peser sur la croissance et les prix.
"Le ton général était moins restrictif qu'en septembre. Lagarde a notamment insisté sur l'absence d'effets de second tour. Elle a également souligné deux évolutions majeures depuis la précédente réunion : les prix de l'énergie et le coût plus élevé du financement à long terme, ce dernier pesant sur la croissance et les perspectives d'inflation", résume dans une note Nadia Gharbi, économiste chez Pictet Wealth Management.
"Nous continuons de penser que le cycle de resserrement monétaire approche de sa fin", a-t-elle ajouté.
Les rendements obligataires de la zone euro, notamment les échéances courtes, ont amplifié leur baisse à la suite des annonces de la BCE, ce qui indique que les décisions de Francfort ont plutôt rassuré les investisseurs, qui subissent depuis des mois déjà une flambée soutenue des prix, mais aussi des turbulences sur les marchés obligataires, particulièrement marquées en France.
La deuxième économie de la zone euro, confrontée à un déficit élevé à l'approche de l'élection présidentielle de 2027, a d'ailleurs été bien présente dans tous les esprits lorsque la BCE a annoncé en fin de matinée que sa présidente Christine Lagarde quitterait ses fonctions en février, avant la fin de son mandat en octobre, ce qui permettra à Emmanuel Macron d'influencer le choix de son successeur avant de quitter lui-même l'Élysée.
La décision de Francfort suit celle de la Réserve fédérale (Fed) la veille, la banque centrale américaine ayant elle aussi opté pour le statu quo en attendant "la collecte d'informations supplémentaires". Les opérateurs continuent toutefois de tabler sur un relèvement des taux en décembre.
Les données économiques publiées jeudi aux Etats-Unis montrent par ailleurs une accélération de l'inflation PCE en ligne avec les attentes, portée notamment par les prix de l'essence, et un fort bond de la croissance économique au troisième trimestre.
De l'autre côté de l'Atlantique, les inquiétudes concernant l'IA refont surface après les résultats d'Alphabet, qui a publié un chiffre d'affaires inférieur aux attentes et accéléré sa consommation de trésorerie, faisant chuter son action de plus de 12%. Si cette tendance se poursuit, la société mère de Google devrait enregistrer jeudi sa plus forte baisse journalière jamais observée.
VALEURS
Renault, qui a fait état jeudi d'un chiffre d'affaires supérieur aux attentes au troisième trimestre, a grimpé de 6,9%, en tête du CAC 40.
TotalEnergies, qui a fait état jeudi d'un résultat net en forte hausse pour le troisième trimestre dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient, a pris 1,1%.
Société Générale a quant à lui grappillé de 0,74%, après un bénéfice net trimestriel supérieur aux attentes.
Également à Paris, Pluxee a en revanche plongé de plus de 16% après avoir annoncé ses objectifs pour 2027 et "un scénario de réajustement plus étendu au Brésil".
Ailleurs en Europe, Shell, qui a enregistré au troisième trimestre son meilleur bénéfice net ajusté depuis 2022, s'est octroyé 2%.
A WALL STREET
A l'heure de la clôture en Europe, le Dow Jones perd 0,40%, le Standard & Poor's 500 0,39% et le Nasdaq Composite 1,34%.
LES INDICATEURS DU JOUR
Le produit intérieur brut (PIB) des Etats-Unis a augmenté de 3,4% en rythme annualisé sur la période allant de juillet à septembre, contre une croissance de 2,2% au deuxième trimestre et de 2,1% au premier trimestre, montre la première estimation publiée jeudi par le département du Commerce.
L'indice des prix de la consommation personnelle (PCE) a pour sa part augmenté de 3,6% en rythme annuel, comme anticipé, après une lecture de 3,4% en août.
Ces indicateurs confortent les prévisions du marché quant à une hausse des taux d'intérêt de la Fed en décembre.
TAUX
Les rendements de référence de la zone euro ont reculé jeudi après les annonces de la BCE. Celui du Bund allemand à dix ans a perdu environ 2,5 points de base à 3,3579%, tandis que celui du titre à deux ans, le plus sensible aux anticipations sur les taux, a abandonné 5,6 points de base à 3,0495%.
Aucun répit en revanche pour la dette souveraine française, le rendement de l'OAT à dix ans terminant la séance sur un gain de 3,5 points de base à 4,9146%.
Aux Etats-Unis, l'aversion au risque, dans un contexte de craintes liées à l'IA, pousse les investisseurs à se réfugier dans les obligations : le rendement des Treasuries à dix ans perd 4,6 points de base à 4,9989%, tandis que celui du titre à deux ans abandonne 6,9 points de base à 4,6663%.
CHANGES
Le billet vert perd 0,17% face à un panier de devises de référence, tandis que l'euro gagne 0,09% à 1,1162 dollar.
PÉTROLE
Les cours du pétrole baissent légèrement jeudi, les espoirs de pourparlers de paix entre les États-Unis et l'Iran ayant tempéré les nouvelles inquiétudes concernant les perturbations de l'approvisionnement.
Le Brent perd 1,25% à 113,88 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) cède 1,67% à 101,06 dollars.
Le vice-président américain JD Vance a cherché à relancer les négociations de paix en adressant une lettre au chef du Conseil de sécurité iranien, Mohsen Rezaei, a rapporté mercredi le Wall Street Journal, citant des responsables américains et des sources proches du dossier.
(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Augustin Turpin)

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