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L' ESG plus que jamais au cœur des décisions d' investissement des gestions
information fournie par Newsmanagers16/03/2020 à 10:15

(NEWSManagers.com) - Un tournant. Non seulement les investisseurs ne font plus l' impasse sur les sujets environnementaux, sociétaux et de gouvernance (ESG), mais encore tous en tiennent en compte, selon la cinquième édition de l' enquête dévoilée ce matin par Morrow Sodali, réalisée auprès de grands investisseurs internationaux (39% au Royaume-Uni, 27% aux Etats-Unis, 7% en Europe continentale et 26% dans le reste du monde) gérant 26.000 milliards de dollars.

Tous les répondants reconnaissent que les risques et opportunités ESG ont joué un plus grand rôle dans leurs décisions d' investissement l' an dernier, en particulier le changement climatique (86%), le risque réputationnel (45%) et le capital humain (36%). Toutefois, la quasi-totalité des répondants (91%) attendent que les sociétés montrent clairement les liens avec les risques et opportunités liés au climat, et plus des deux tiers demandent des détails sur le processus d' identification de ces risques et opportunités. " Les investisseurs attendent une traduction en projections financières" , précise Jean-Florent Rérolle, managing director chez Morrow Sodali. D' ailleurs, ils recommandent très largement d' appliquer le Sustainability Accounting Standards Board (SASB) (81%) et les Task Force on Climate-related Financial Disclosures (TCFD) (77%) pour communiquer sur l' ESG, " les deux référentiels les plus liés aux performances financières et donc préférés des investisseurs" , ajoute Jean-Florent Rérolle.

La culture d' entreprise scrutée de près

Le changement climatique (91%) et la gestion du capital humain (64%) sont les principaux sujets d' engagement des investisseurs pour cette année. Et les sujets de réduction d' émission de gaz à effet de serre ne concernent pas que l' énergie et l' industrie, mais tous les secteurs. En matière de capital humain, ils attendent une plus grande implication du conseil, et davantage de données (indicateurs de santé et sécurité, sondage annuel de satisfaction des salariés, turnover…). " La culture d' entreprise et l' éthique intéressent de plus en plus les investisseurs, à l' instar de State Street et de BlackRock" , rappelle Jean-Florent Rérolle.

En revanche, les avis sont partagés sur l' opportunité d' un vote sur le rapport de développement durable. 30% sont contre, 70% sont pour, mais à des degrés différents, seuls 30% soutiennent un vote sur les informations non-financières comme en Espagne. " En France, un tel vote n' est pas possible aujourd' hui, poursuit Jean-Florent Rérolle. Mais, la tendance va vers plus de demandes de précisions sur l' application de la politique ESG. "

Pour 91% des investisseurs, l' engagement au niveau du conseil reste le moyen le plus efficace pour influer sur la politique du conseil d' administration, devant le dialogue avec un membre du management (59%). Pour près d' un sur deux, un vote contre un ou des administrateurs est aussi une possibilité. " Les gérants préfèrent s' adresser au plus haut niveau en discutant avec les administrateurs qu' ils considèrent comme leurs représentants naturels" , poursuit Jean-Florent Rérolle.

L' activisme n' est plus tabou

Les investisseurs votent contre la rémunération des dirigeants en l' absence d' alignement avec la performance (100%), en raison du manque de critères de performance pour les rémunérations de long terme (86%), ou du peu de précisions sur les objectifs de performance (81%). " Ces chiffres peuvent apparaître en décalage avec la réalité des votes, concède Jean-Florent Rérolle. Toutefois, l' analyse de la performance évolue aux Etats-Unis, évaluée de plus en plus à la lumière de la création de valeur (EVA) et non plus seulement du rendement boursier (TSR). Et les investisseurs commencent à demander que les critères de performance des rémunérations, notamment extra-financiers, soient plus directement reliés à la stratégie de la société. "

L' activisme n' est plus tabou et les investisseurs n' hésitent plus à soutenir les fonds activistes, en cas de mauvaise gouvernance (64%) ou de mauvaise allocation du capital (50%). " Ne voulant pas aller au front directement, les gestions apprécient de pouvoir soutenir un activiste dont ils partagent l' analyse sur la société, explique Jean-Florent Rérolle. Hormis Legal & General, peu d' investisseurs ont adopté une politique ‘d' escalade' , similaire à celle d' un activiste, si l' émetteur ne répond pas à leurs attentes. "

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