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L'équivalent d'une classe de 30 élèves tués ou blessés par jour au Liban, selon l'Onu
information fournie par Reuters 18/03/2026 à 11:32

par Maya Gebeily et Khalil Ashawi

L'équivalent d'une classe d'élèves est tué ou blessé depuis le déclenchement il y a deux semaines de la guerre entre Israël et le Hezbollah, conflit qui perturbe douloureusement le quotidien des enfants libanais, selon l'Unicef.

D'après le ministère libanais de la Santé, au moins 111 enfants ont été tués et 334 autres blessés dans des frappes israéliennes sur le Liban depuis le 2 mars, date à laquelle le Hezbollah s'est impliqué dans le conflit qui fait rage au Moyen-Orient en visant Israël.

"C'est une classe par jour depuis le début de la guerre qui a été soit tuée, soit blessée au Liban", souligne Ted Chaiban, directeur exécutif adjoint de l'Unicef, le fonds des Nations unies pour l'enfance.

Dans la région, quelque 1.200 enfants ont trouvé la mort ces dernières semaines : près de 200 en Iran, quatre en Israël et unau Koweït.

"Ils ont payé un tribut terrible. La première chose que nous demandons est une désescalade, une issue politique à cette guerre", dit Ted Chaiban à Reuters depuis Beyrouth, la capitale libanaise.

Israël se défend de viser délibérément la population civile et assure émettre des ordres d'évacuation aux habitants avant de mener des frappes aériennes.

ABSENTÉISME

Le feu israélien a tué plus de 900 personnes au Liban depuis le 2 mars, selon des données libanaises. Les ordres d'évacuation de l'armée israélienne ont déplacé plus d'un million de personnes, dont 350.000 enfants.

"Cela perturbe complètement la vie des enfants. Pas de maison, pas d'école, aucun sentiment de normalité", relève Ted Chaiban.

Certains ont trouvé refuge avec leur famille dans la même école qui leur avait servi d'abri lors du dernier conflit entre Israël et le Hezbollah libanais en 2024.

Les enfants qui sont scolarisés depuis plus de cinq ans ont déjà vu leur cursus perturbé par la crise financière qui a frappé le pays en 2019, et après l'explosion dans le port de Beyrouth et la pandémie de Covid-19 l'année suivante.

Ted Chaiban souligne la nécessité de trouver une alternative pour permettre aux enfants victimes de la guerre de poursuivre leur scolarité.

Fatima Mohammad Basharush, 41 ans et déplacée du sud du Liban vers une école de Beyrouth, affirme que ses trois enfants aiment l'école mais ne reçoivent désormais plus qu'un enseignement partiel.

"Ils ne reçoivent pas l'éducation qu'ils devraient. Ils n'apprennent pas tous les sujets. Un élève de CM2 suit un programme d'un élève de CP. L'éducation régresse. On devrait faire l'inverse : renforcer l'éducation dans ces conditions", s'alarme-t-elle.

PROTÉGER LES INFRASTRUCTURES CIVILES

Beaucoup de familles déplacées interrogées par Reuters ces derniers jours ont fait état d'un manque d'électricité, de chauffage, de toilettes ou encore d'eau courante dans les refuges.

L'Unicef dit fournir de l'eau, des kits sanitaires, des habits chauds et des couvertures aux familles.

L'agence onusienne a également fourni de l'aide aux familles restées dans le sud du Liban, théâtre de bombardements intenses de l'armée israélienne.

Ted Chaiban a exhorté les parties belligérantes à ne pas prendre pour cible les infrastructures civiles et a souligné le caractère essentiel du système de notification humanitaire, grâce auquel les organisations humanitaires signalent la localisation de leur personnel et de leurs opérations afin d'éviter qu'ils ne soient visés.

Au moins 38 professionnels de santé ont été tués dans les frappes israéliennes depuis le 2 mars, selon le ministère libanais de la Santé.

"Il n'y a pas lieu d'attaquer des infrastructures sanitaires, hydrauliques ou des écoles. Ce sont des endroits qui doivent être protégés", déclare Ted Chaiban.

(Version française Zhifan Liu, édité par Sophie Louet)

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