Aller au contenu principal
Fermer

L'ancien PDG de Lafarge condamné à 6 ans de prison pour financement du terrorisme en Syrie
information fournie par Reuters 13/04/2026 à 15:10

Le logo du fabricant français de matériaux de construction Lafarge à l'usine de production de béton Lafarge

Le logo du fabricant français de matériaux de construction Lafarge à l'usine de production de béton Lafarge

Le tribunal correctionnel de Paris ‌a condamné lundi Bruno Lafont, ancien PDG du cimentier français Lafarge, désormais filiale ​du groupe suisse Holcim, à six de prison avec mandat de dépôt pour financement du terrorisme.

La société est pour sa part condamnée à une amende de 1,125 million ​d'euros.

Au terme d'une enquête ouverte en 2017, Lafarge et huit anciens responsables de l'entreprise sont reconnus coupables d'avoir ​versé à trois groupes armés djihadistes, dont ⁠le groupe État islamique (EI) et le Front al Nosra (affilié à Al Qaïda), ‌quelque cinq millions d'euros entre 2013 et 2014 afin de maintenir l'activité de la cimenterie du groupe à Jalabiya, dans le nord de la Syrie.

L'usine ​de Jalabiya, construite de ‌2007 à 2010 et rachetée par Lafarge en 2008 pour ⁠680 millions de dollars, avait commencé ses activités en octobre 2010, quelques mois seulement avant le début de la guerre civile syrienne en 2011.

Elle était située dans une ⁠zone de combats, ‌à 50 km au sud de Kobané et à 80 km ⁠au nord de Rakka, qui allait devenir la capitale du califat de l'EI. ‌Les employés étaient logés à Manbij, sur la rive ouest de l'Euphrate, ⁠et devaient traverser le fleuve pour accéder à l'usine.

Les millions ⁠versés par Lafarge ont ‌servi à la sécurisation du passage aux points de contrôle et à l'achat ​de matières premières provenant de carrières contrôlées ‌par l'EI.

En décembre dernier, lors de ses réquisitions, le Parquet national antiterroriste (PNAT) avait fustigé un "dévoiement", "un choix purement ​économique, ahurissant de cynisme".

Lundi, la présidente du tribunal Isabelle Prévost-Desprez a estimé "manifeste" que le "financement d'entreprise terroriste avait pour seul but le maintien de l'usine syrienne dans ⁠un but économique".

"Les paiements à des entités terroristes ont permis à Lafarge de maintenir ses activités. Ces paiements se sont concrétisés sous la forme d'un véritable partenariat commercial avec l'Etat islamique", a-t-elle ajouté.

Dans ce même dossier, Lafarge a déjà versé aux États-Unis 778 millions de dollars après un accord de plaider-coupable en 2022.

(Reportage Juliette Jabkhiro, version ​française rédaction de Paris)

0 commentaire

Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

Mes listes

Cette liste ne contient aucune valeur.
Chargement...