(Actualisé tout du long)
Le groupe franco-allemand KNDS a officiellement annoncé mercredi son projet d'introduction en Bourse à Francfort et Paris, étape initiale d'une opération très attendue qui pourrait déboucher sur l'une des plus importantes cotations pour une entreprise de défense ces dernières années.
Le fabricant des canons Caesar et du char Leopard prévoit de céder 20% de son capital lors de cette IPO, dont le produit reviendra intégralement aux actionnaires existants, a-t-il indiqué. Cette opération devrait compter parmi les plus importantes introductions en Bourse européennes dans le secteur de la défense ces dernières années.
Le groupe d'armement tchèque CSG est entré en Bourse en janvier avec une valorisation de 25 milliards d'euros, tandis que le constructeur allemand de navires de guerre TKMS TKMS.DE a atteint une valorisation de 5,15 milliards d’euros lors de son IPO en octobre 2025.
Un accord prévoyant l'acquisition par l'Allemagne d’une participation dans KNDS avait valorisé l’entreprise entre 15 et 18 milliards d’euros, selon une source proche du dossier citée précédemment par Reuters. Le groupe devrait être valorisé autour de 15 milliards d’euros dans le cadre de son IPO, a indiqué déclaré une autre source proche du dossier.
L’Allemagne devrait toutefois payer un prix supérieur au prix d’introduction en Bourse pour acquérir sa participation de 40% dans KNDS. Selon un document consulté par Reuters mardi soir, le montant sera calculé selon une formule intégrant prime de contrôle habituelle ainsi que la performance du titre après la cotation.
PRESSION SUR LES VALORISATIONS DU SECTEUR DE LA DÉFENSE
Les valeurs européennes de la défense ont fortement progressé après l’invasion de l’Ukraine par la Russie et le changement d’orientation de la politique étrangère américaine sous la présidence de Donald Trump, qui a poussé les gouvernements européens à accélérer leurs investissements militaires. Cette dynamique s’est toutefois récemment essoufflée.
Les actions du secteur de la défense et de l’aéronautique sont restées volatiles cette semaine, l’indice européen de référence du secteur .SXPARO reculant de 1,7% mercredi matin.
Le groupe allemand de défense Rheinmetall RHMG.DE chutait de 12,3% après un article indiquant que Berlin aurait abandonné son projet de construire le plus grand navire de guerre allemand depuis la Seconde Guerre mondiale et souhaiterait plutôt acheter huit frégates plus petites auprès de son concurrent TKMS.
Les forces armées allemandes constituent le principal client de KNDS.
DES PARTICIPATIONS ÉGALES POUR L’ALLEMAGNE ET LA FRANCE
Après la cotation, l’Allemagne et la France détiendront chacune une participation de 40% dans KNDS, a précisé l’entreprise.
Cet accord s’inscrit dans le cadre des efforts de Berlin pour préserver une position équivalente à celle de l’État français après l'IPO.
L’Allemagne et la France ont convenu qu’au cours des dix prochaines années, elles ne pourraient réduire leur participation en dessous de 30% sans l’accord de l’autre partie.
Tant qu’elles conserveront une participation supérieure à 30%, les deux parties pourront chacune nommer trois membres au conseil d’administration de KNDS. Les deux actionnaires devront également parvenir à un accord sur les décisions stratégiques importantes prises par le conseil.
KNDS a été créé en 2015 à la suite de la fusion entre le français Nexter et l’allemand Krauss-Maffei Wegmann (KMW).
(Rédigé par Elena Smirnova, avec Florence Loève et Maria Rugamer, édité par Benoit Van Overstraeten)

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