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Italie-Le programme de privatisations 2019 compromis
information fournie par Reuters24/04/2019 à 18:32

    ROME, 24 avril (Reuters) - L'Italie n'atteindra pas cette
année son objectif de recettes de privatisation, reconnaît-on au
sein de la coalition gouvernementale, et Rome prévoit désormais
de recourir à des cessions immobilières pour lever plusieurs
milliards d'euros et tenter de réduire la dette publique.
    Le gouvernement a présenté fin 2018 un programme de
privatisations de 18 milliards d'euros mais cinq mois après,
aucun actif n'a été vendu et aucun projet concret n'a été lancé,
les deux partis au pouvoir, la Ligue et le Mouvement 5 Etoiles
(M5S), privilégiant les promesses de baisses d'impôts, au risque
de faire encore monter la dette, qui représente 132,2% du
produit intérieur brut (PIB).
    Une source au sein de la coalition a déclaré que le
gouvernement avait revu à la baisse ses ambitions et prévoyait
désormais de lever "jusqu'à cinq milliards d'euros" cette année
en vendant des actifs immobiliers gérés pour l'instant par des
organismes publics comme la holding CDP.
    Mais de nombreux analystes se disent sceptiques sur ce
nouvel objectif. 
    "Les privatisations immobilières ne marcheront pas", estime
Luca Paolazzi, économiste du cercle de réflexion milanais REF,
en expliquant que la majeure partie des actifs immobiliers
susceptibles d'être vendus sont contrôlés par des collectivités
locales, qui sont peu enclines à s'en séparer, et que le poids
de la réglementation italienne en matière de propriété
immobilière dissuade bon nombre d'investisseurs. 
    
    "CHIMÈRE" 
    Claudio Borghi, le porte-parole de la Ligue pour les
questions économiques, a déclaré il y a quelques jours que
presque tous les biens immobiliers intéressants avaient déjà été
vendus par les gouvernements précédents et il a qualifié de
"chimère" l'idée selon laquelle de telles cessions pourraient
remplir les caisses de l'Etat.
    Le Trésorier de son parti, Giulio Centemero, se dit pourtant
plus confiant: il a déclaré à Reuters que le projet de cessions
immobilières était réaliste et qu'il devait être perçu comme un
"signe de bonne volonté" à l'adresse des marchés. 
    "Nous voulons montrer que nous sommes responsables et
conscients de la nécessité de réduire la dette publique", a-t-il
dit. 
    La solution la plus rapide pour faire baisser la dette de
l'Etat consisterait à vendre des participations dans des groupes
publics comme la compagnie pétrolière Eni  ENI.MI  ou le
producteur d'électricité Enel  ENEI.MI  mais elle est exclue par
le M5S, qui les considère comme des actifs stratégiques.
    Poste Italiane  PST.MI , introduit en Bourse en 2015 à
hauteur de 35% du capital et dont la valeur a augmenté de plus
de 40% depuis, est un autre candidat potentiel à la
privatisation. 
    Mais une offre publique est difficilement envisageable et la
seule option viable serait une cession de gré à gré à des
investisseurs institutionnels, ce qui rapporterait sans doute
moins d'un milliard d'euros. 
     

 (Angelo Amante et Gavin Jones;
Marc Angrand pour le service français)
 

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