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Italie-La Ligue critique Paris et l'UE sur le dossier Renault-FCA
information fournie par Reuters 03/06/2019 à 17:22

    par Gavin Jones
    ROME/VICENCE, Italie, 3 juin (Reuters) - La Ligue, l'un des
deux partis de la coalition au pouvoir à Rome, a critiqué lundi
l'attitude de la France face au projet de  fusion entre Fiat
Chrysler  FCHA.MI  et Renault  RENA.PA , un dossier dont le
déroulement prouve en outre, selon elle, le traitement injuste
réservé à l'Italie par la Commission européenne.
    Le constructeur italo-américain, qui a présenté lundi
dernier un projet de fusion à 30 milliards d'euros, a entamé des
discussions approfondies avec Renault  RENA.PA  et le
gouvernement français en vue de donner naissance au troisième
constructeur automobile mondial.  
    Claudio Borghi, porte-parole de la Ligue chargé des
questions économiques, juge que l'Etat français devrait céder sa
participation de 15% dans Renault pour réduire son déficit
budgétaire au lieu de négocier des postes au conseil
d'administration d'une entreprise essentiellement privée.
    "La Commission européenne n'a-t-elle rien à dire à ce
sujet?", s'est-il interrogé dans une interview à Reuters.
    "De quel droit, dans l'Europe du libéralisme et des
privatisations, l'Etat français peut-il négocier des sièges au
conseil d'administration d'une entreprise automobile?", a-t-il
poursuivi.
    Claudio Borghi a ajouté qu'une telle fusion ne devait
entraîner aucune suppression d'emploi en Italie, faute de quoi
le gouvernement interviendrait.
    La Ligue, dirigée par Matteo Salvini, et le Mouvement
5-Etoiles (M5S), son partenaire de coalition, font régulièrement
l'objet de critiques de la part de Bruxelles concernant
l'évolution des finances du pays. La Commission européenne a
officiellement demandé la semaine dernière à l'Italie de
s'expliquer sur la détérioration de ses comptes publics, une
démarche qui pourrait aboutir à l'ouverture d'une procédure
disciplinaire contre Rome.  
    L'Italie et la France se sont aussi régulièrement affrontées
ces dernières années sur divers sujets allant de la politique
d'immigration au projet de liaison ferroviaire à grande vitesse
entre Lyon et Turin.  
    
    DI MAIO ET CONTE INSISTENT AUSSI SUR L'EMPLOI
    La Ligue est arrivée en tête des élections européennes du 26
mai en Italie avec 34% des suffrages, loin devant les autres
partis, en particulier le Mouvement 5-Etoiles.
    Depuis, le parti de Matteo Salvini a intensifié ses attaques
contre Bruxelles et réclamé une modification des règles de l'UE.
    Pour Claudio Borghi, l'implication du gouvernement français
dans des négociations entre constructeurs automobiles et le fait
que Bruxelles le tolère prouvent que le système actuel est
biaisé en défaveur de l'Italie.
    "C'est l'Europe d'hier, où il n'y a que des obligations pour
l'Italie alors que les règles n'existent pas pour tous les
autres. Désormais, les choses doivent changer", a-t-il déclaré.
    Pour convaincre le camp français, Fiat Chrysler discute du
versement d'un dividende spécial aux actionnaires de Renault et
de meilleures garanties sur l'emploi, ont dit à Reuters des
sources proches des discussions.  
    Cette offre améliorée prévoit également d'installer le siège
social des activités opérationnelles du groupe fusionné en
France et d'accorder à l'Etat français un siège à son conseil
d'administration, selon les sources. 
    Le gouvernement italien soutiendra une fusion entre Fiat
Chrysler et Renault si l'Italie peut tirer un bénéfice de
l'opération, a pour sa part déclaré lundi Matteo Salvini à
Reuters. 
    "Bien sûr, nous la soutenons si elle est favorable au
secteur et aux salariés italiens, indépendamment du lieu où se
trouve le siège", a-t-il déclaré. "Sinon, j'appellerai (la
famille) Elkann", actionnaire de contrôle de FCA, a-t-il ajouté.
    Luigi Di Maio, chef de file de M5S, a tenu un discours
similaire. "Nous tenons pour acquis que les travailleurs seront
préservés avant tout et que, à travers le maintien et le
renforcement du plan d'investissements dans les sites italiens,
(l'emploi) augmentera plutôt dans un avenir proche", a-t-il
écrit sur Facebook.
    De même, le président du Conseil, Giuseppe Conte, a dit que
son gouvernement suivait le dossier de près afin que les emplois
soient préservés mais qu'il ne lui revenait pas de définir les
grandes lignes des négociations entre Fiat Chrysler et Renault.

 (Avec Giuseppe Fonte, Riccardo Bastianello et Giulio Piovaccari
Claude Chendjou pour le service français, édité par Bertrand
Boucey)
 

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1 commentaire

  • 03 juin 17:36

    La ligue critique Paris mais menace d'intervenir si ça ne ce passe pas comme elle veut... faudrait savoir !


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