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Iran-Les espoirs d'une issue rapide se dissipent après le discours de Trump
information fournie par Reuters 02/04/2026 à 12:58

par Steve Holland et Enas Alashray

Les espoirs d'une fin rapide à la guerre au Moyen-Orient se sont dissipés jeudi après une allocution de Donald Trump prévenant que les Etats-Unis continueraient de frapper l'Iran, ce qui a poussé à nouveau le prix du baril de pétrole bien au-delà de 100 dollars.

Cette annonce par le président américain d'une intensification des opérations militaires, sans calendrier précis pour une fin du conflit, ont également fait chuter les Bourses et entraîné une hausse du dollar.

"Nous allons les frapper très fort au cours des deux ou trois prochaines semaines", a déclaré Donald Trump mercredi soir. "Nous allons les renvoyer à l'âge de pierre, là où est leur place."

Le locataire de la Maison blanche a ajouté que les États-Unis atteindraient bientôt leurs objectifs militaires, laissant toutefois entendre que la guerre pourrait s'intensifier si les dirigeants iraniens ne cédaient pas aux conditions de Washington, avec de possibles frappes contre les infrastructures énergétiques et pétrolières de la République islamique.

Les forces armées iraniennes ont réagi en avertissant les États-Unis et Israël que des attaques "plus vastes et plus dévastatrices" les attendaient.

Le porte-parole du commandement unifié des forces armées iraniennes, Ebrahim Zolfaqari, a déclaré que la guerre se poursuivrait jusqu'à ce que les ennemis de Téhéran éprouvent un "regret définitif et capitulent", selon un communiqué relayé par les médias officiels.

Alors que le conflit entraîne déjà des pénuries de carburant qui provoquent des tensions économiques dans toute l'Asie et devraient bientôt affecter l'Europe, le ministre italien des Affaires étrangères a en outre estimé que les flux migratoires augmenteraient si la guerre devait s'éterniser.

ISRAËL, L'ARABIE SAOUDITE ET ABOU DHABI À NOUVEAU CIBLÉS

Les cours de référence du Brent LCOc1 ont bondi d'environ 7,5% pour dépasser 108 dollars le baril, le discours de Donald Trump n'ayant guère apporté de garanties quant à la réouverture du détroit d'Ormuz, voie d'approvisionnement énergétique cruciale.

Les marchés boursiers ont pour leur part réagi négativement, avec une baisse de 1,3% des contrats à terme sur les indices américains EScv1 et de plus de 2% des contrats européens

STXEc1 . Presque toutes les places boursières asiatiques étaient dans le rouge, le Nikkei japonais .N225 reculant de 2,4% et l'indice MSCI des autres actions de la région Asie-Pacifique .MIAPJ0000PUS de plus de 2%.

"Si (Trump) cherchait à inspirer confiance aux marchés, il n'y est pas parvenu", a déclaré Russel Chesler, responsable des investissements et des marchés de capitaux chez VanEck Australia. "La question clé que tous les investisseurs ont en tête est la suivante : 'Quand cela va-t-il prendre fin ?'"

Des milliers de personnes ont été tuées à travers le Moyen-Orient depuis le début des frappes menées par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran, le 28 février, qui ont entraîné en retour des attaques de Téhéran contre l'Etat hébreu, des bases américaines et les États du Golfe, avec également un nouveau front ouvert au Liban.

Israël, qui abat la plupart des missiles iraniens, a signalé jeudi de nouvelles salves. L'Arabie saoudite a pour sa part déclaré avoir intercepté quatre drones et Abou Dhabi a dit avoir stoppé un missile, avec des dégâts mineurs occasionnés à proximité d'une zone économique.

L'ambassade américaine à Bagdad a exhorté ses ressortissants à quitter l'Irak, mettant en garde contre des attaques dans la capitale par des groupes alliés à l'Iran dans les prochaines 24 à 48 heures.

TRUMP ÉVOQUE DE POSSIBLES "FRAPPES PONCTUELLES" ULTÉRIEURES

Les attaques iraniennes ont pratiquement fermé le détroit d'Ormuz, par lequel transite environ 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux en temps normal, faisant grimper les coûts de l'énergie et pesant sur la cote de popularité de Donald Trump à l'approche des élections de mi-mandat.

Le président a imputé la hausse des coûts de l'énergie aux "attaques terroristes délirantes" de l'Iran contre des pétroliers, assurant que les États-Unis n'avaient pas besoin du détroit et mettant au défi les pays qui dépendent du pétrole de la région de le rouvrir.

Les Etats européens ont prévenu qu'ils ne contribueraient à sécuriser le détroit qu'en cas de cessez-le-feu tandis que les pays du Golfe, qui n'ont pas riposté militairement aux attaques répétées de l'Iran au cours du mois écoulé afin d'éviter toute escalade, affirment qu'ils se réservent le droit de réagir en situation de légitime défense.

Mercredi, le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et l'Agence internationale de l'énergie ont averti que la guerre avait des effets "substantiels, mondiaux et hautement asymétriques" et déclaré qu'ils coordonneraient leur réponse, notamment avec un soutien financier potentiel aux pays les plus durement touchés.

Dans une interview accordée à Reuters mercredi, Donald Trump a assuré que l'opération militaire américano-israélienne avait empêché l'Iran de se doter d'armes nucléaires, ajoutant que les forces américaines pourraient à nouveau intervenir par le biais de "frappes ponctuelles" si la menace resurgissait.

TOUJOURS PAS DE NÉGOCIATIONS SUBSTANTIELLES

"Nous démantelons systématiquement la capacité du régime à menacer l'Amérique ou à projeter sa puissance au-delà de ses frontières", a-t-il dit.

Avant les déclarations de Donald Trump, le président iranien Massoud Pezeshkian a écrit dans une lettre adressée au peuple américain que son pays n'éprouvait aucune hostilité envers les citoyens ordinaires des Etats-Unis.

Donald Trump a également assuré que des discussions étaient en cours avec des dirigeants iraniens qu'il considérait comme moins radicaux que leurs prédécesseurs.

Une source iranienne de haut rang a déclaré mercredi à Reuters que Téhéran exigeait un cessez-le-feu garanti pour mettre fin à ses attaques et qu'aucune discussion n'avait eu lieu par l'intermédiaire de médiateurs au sujet d'une trêve temporaire.

Selon certains analystes, si Donald Trump venait à mettre fin à la guerre sans accord, l'Iran pourrait sortir renforcé du conflit et avec un poids politique accru face aux pays du Golfe.

Le vice-président américain J.D. Vance s'est entretenu avec des intermédiaires pakistanais au sujet du conflit pas plus tard que mardi, a indiqué une source informée du dossier, précisant que Donald Trump était ouvert à un cessez-le-feu sous certaines conditions.

Le Pakistan, qui entretient de bonnes relations avec les États-Unis et l'Iran, avait dit qu'il espérait accueillir prochainement des pourparlers directs entre les belligérants, mais le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères a déclaré jeudi qu'il n'y avait pour l'instant aucune confirmation de l'intention des États-Unis d'y participer.

(Bureaux de Reuters, rédigé par Nathan Layne, Martin Petty et Philippa Fletcher, version française Benjamin Mallet, édité par Sophie Louet)

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