BAGDAD, 29 août (Reuters) - Le puissant imam chiite irakien Moqtada al Sadr a annoncé lundi son retrait définitif de la politique et la fermeture des institutions liées à son mouvement, en réponse à une impasse politique inextricable, une décision qui pourrait renforcer l'instabilité dans le pays.
"Par la présente, j'annonce mon retrait définitif", a déclaré Moqtada al Sadr dans une déclaration publiée sur Twitter, critiquant les autres dirigeants politiques chiites de ne pas avoir tenu compte de ses appels à la réforme.
Il n'a pas donné de détails sur la fermeture de ses bureaux, mais a déclaré que les institutions culturelles et religieuses resteraient ouvertes.
L'homme religieux avait déjà annoncé qu'il souhaitait se retirer de la politique ou du gouvernement et qu'il allait dissoudre les milices qui lui sont fidèles, mais qu'il comptait conserver un vaste contrôle sur les institutions étatiques et qu'il disposait toujours d'un groupe paramilitaire comptant des milliers de membres.
Moqtada al Sadr avait retiré ses 74 députés du Parlement en juin faute d'avoir réussi à former un gouvernement excluant ses rivaux chiites, principalement des groupes soutenus par l'Iran.
➦ Irak-Sadr réclame la dissolution du Parlement d'ici une semaine
Depuis la fin du mois de juillet, les partisans sadristes ont pris d'assaut la zone centrale du gouvernement de Bagdad. Depuis lors, le parlement reste occupé, interrompant le processus de sélection d'un nouveau président et d'un nouveau Premier ministre.
L'imam chiite insiste désormais sur la tenue d'élections anticipées et la dissolution du parlement. Il affirme qu'aucun politicien au pouvoir depuis l'invasion américaine en 2003 ne peut occuper un poste.
L'allié de Moqtada al Sadr, Mustafa al Kadhimi, reste Premier ministre par intérim.
L'annonce de lundi a fait craindre que les partisans du religieux n'intensifient leurs manifestations sans leur chef pour les contrôler étroitement, ce qui pourrait déstabiliser davantage l'Irak.
Le pays, qui peine à se relever depuis la défaite du groupe État islamique en 2017, fait face à des partis politiques se disputant le pouvoir et les vastes richesses pétrolières que possède l'Irak, deuxième producteur de l'OPEP.
(reportage John Davisonà Bagdad, Amina Ismail à Erbil, Irak; reportage additionnel Alaa Swilam; rédigé par Lina Najem; version française Alizée Degorce, édité par Kate Entringer)

0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer