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Innate Pharma : montée en gamme avant l’IPO sur le Nasdaq
information fournie par Biotech Finances 02/10/2019 à 15:00

La biotech marseillaise, qui demeure l'une des mieux valorisée sur Euronext, a encore beaucoup de retard à rattraper depuis les sommets de début 2017. (Crédits photo : Adobe Stock)

La biotech marseillaise, qui demeure l'une des mieux valorisée sur Euronext, a encore beaucoup de retard à rattraper depuis les sommets de début 2017. (Crédits photo : Adobe Stock)

La biotech marseillaise a dévoilé en début de semaine des résultats cliniques positifs, à l'occasion du congrès annuel de l'ESMO (European Society for Medical Oncology) à Barcelone. Ces données concernent deux produits du portefeuille de la biotech marseillaise. Le premier, IPH5401, est un anticorps ciblant le microenvironnement tumoral. Il est évalué en phase clinique initial (phase 1) dans différents cancers. Le second, Monalizumab, est un inhibiteur de point de contrôle immunitaire (IPCI) évalué dans le cancer de la tête et du cou en phase II. Ces résultats « justifient l'avancée clinique de ces deux programmes » estime Pierre-Alexandre Desir, analyste chez Portzamparc.

Paiement d'étape de 100 millions de dollars

Si d'autres données sont attendues pour Monalizumab, au premier puis au second semestre 2020, en combinaison avec d'autres anti-cancéreux, le groupe industriel AstraZeneca, partenaire d'Innate et détenteur d'une licence mondiale sur ce produit, a déjà indiqué, la semaine dernière, son intention de le faire entrer l'an prochain en phase finale (3) de développement clinique. L'inclusion du premier patient dans cet essai enclenchera un paiement d'étape de 100M$ en faveur d'Innate. En plus de Monalizumab, Innate peut aussi compter sur IPH4102, un anticorps anti-KIR3DL2 qui cible plusieurs cancers rares (syndrome de Sezary, mycosis fongoïdes et Lymphome T périphériques) et dont la biotech est cette fois entièrement propriétaire. L'étude clinique de phase 2, baptisée TELLOMAK, a démarré recemment, avec plusieurs cohortes de patients selon les indications.

Dans le syndrome de Sezary, la cohorte est «à visée d'enregistrement», c'est-à-dire que les résultats, s'ils sont positifs, pourraient suffire au dépôt d'une demande d'autorisation de mise sur le marché du produit. Les premières données d'efficacité sont attendues en 2021. Enfin, IPH5401 fait figure de joker. Évalué en combinaison avec durvalumab, l'IPCI phare d'AstraZeneca, il pourrait entrer en phase 2 l'an prochain, dans le cancer du poumon ou du foie.

Double cotation

Avec ces deux actifs entrés dans la dernière ligne droite du développement, Innate a fait murir un portefeuille de projets, certes impressionnant sur le plan scientifique mais jusqu'ici perçu comme précoce et loin du marché, depuis l'échec clinique de son produit historique lirilumab (licencié à BMS) il y a deux ans. Cette « maturation » est sans doute essentiel pour séduire les investisseurs américains, alors que la société se prépare rejoindre le club très fermé des biotechs faisant l'objet d'une double cotation sur le Nasdaq et Euronext (Cellectis, Celyad, DBV, Erytech et Genfit). La biotech marseillaise a en effet déposé en fin de semaine dernière un dossier d'enregistrement FORM-1, en vue d'introduire sur la bourse new-yorkaise et y lever jusqu'à 100M$.

Deux atouts supplémentaires devraient assurer à la société – qui vient de fêter ses 20 ans – un accostage réussi sur le marché américain. D'une part, Innate Pharma n'est une société aux abois : sa situation financière est au contraire très confortable, avec plus de 200M€ de trésorerie nette à fin juin soit deux ans d'autonomie financière. De plus, elle déjà en main un produit commercialisé : Lumoxiti.

Cet anti-cancéreux acquis en octobre dernier auprès d'AstraZeneca, est approuvé aux États-Unis dans le traitement de la leucémie à tricholeucocytes, un cancer rare. Innate en assurera seul la commercialisation dès l'an prochain. Les recettes que génèrera Lumoxiti offriront un (petit) coussin de sécurité à la société. Surtout Innate commencera à construire avec cette actif une force de vente et une infrastructure commerciale dédiée aux indications rares en cancérologie, sur laquelle elle pourra s'appuyer demain pour lancer IPH4102 et IPH5401.

La biotech marseillaise, qui demeure l'une des mieux valorisée sur Euronext, a encore beaucoup de retard à rattraper depuis les sommets de début 2017. Elle compte désormais sur les investisseurs américains pour remonter la pente.

Biotech Finances - «Biotech Finances est un média spécialisé sur l'écosystème francophone des biotechs et des medtechs»

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3 commentaires

  • 02 octobre 18:28

    Il faudra du temps, long terme mais positif Ça semble solide.


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