Le logo Zara est affiché sur la façade d'un magasin à Londres.
par Helen Reid
Inditex, la maison-mère de Zara, a fait état mercredi d'un bénéfice au deuxième trimestre inférieur aux attentes en raison d'une hausse des coûts liée au conflit au Moyen-Orient, entraînant un recul de son titre en Bourse, malgré un bon démarrage des ventes d'automne.
Le géant de la "fast fashion" a réalisé un chiffre d'affaires de 11 milliards d'euros au cours de son deuxième trimestre, qui s'étend de mai à juillet, un résultat solide dans un contexte estival marqué par des prix élevés de l'énergie et un moral des consommateurs en berne, sur fond de guerre en cours avec l'Iran.
La marge brute au deuxième trimestre s'est toutefois établie à 56,7%, soit légèrement en-deçà des attentes des analystes, le conflit ayant entraîné une hausse des coûts.
"Les perturbations au Moyen-Orient ont entraîné une hausse des coûts de transport et des coûts des intrants au cours du premier semestre", a déclaré Andrés Sánchez Iglesias, directeur financier d'Inditex, lors d'une conférence téléphonique avec les analystes.
La guerre a un impact sur les ventes d'Inditex au Moyen-Orient, bien que la situation se soit améliorée depuis le premier trimestre, a précisé Gorka Garcia-Tapia Yturriaga, responsable des relations avec les investisseurs. Inditex compte environ 480 magasins dans la région, gérés par des franchisés.
À la Bourse de Madrid, l'action perd 3,9% mercredi vers 08h45 GMT, alors que le titre a récemment connu une forte progression qui a permis à la capitalisation boursière, qui s'élève à 176 milliards d'euros, de dépasser celle du groupe de luxe français Hermès.
Malgré des températures extrêmes sur ses principaux marchés, Inditex a indiqué que ses collections automne-hiver avaient été "très bien accueillies", les ventes enregistrées entre le 1er août et le 7 septembre ayant progressé de 9% par rapport à l'année dernière.
"Les résultats actuels semblent très bons malgré une base de comparaison difficile par rapport à l'année précédente, la canicule et le ralentissement de la consommation aux États-Unis signalé par nos concurrents", a déclaré Anne Critchlow, analyste chez Berenberg.
Inditex a également annoncé 200 millions d'euros supplémentaires de dépenses d'investissement pour moderniser ses sièges sociaux, qui s'ajoutent aux 2,3 milliards déjà prévus cette année pour la rénovation de ses magasins et l'amélioration de sa logistique.
Les analystes de RBC estiment que ses dépenses d'investissement annuelles sont environ trois fois supérieures à celles de son concurrent suédois H&M.
En se concentrant sur des magasins phares plus grands et en fermant des points de vente périphériques, Inditex a vu le nombre total de ses magasins diminuer considérablement par rapport à la période précédant la pandémie de Covid-19.
Le groupe, qui détient également Massimo Dutti, Bershka, Stradivarius, Pull & Bear et Oysho, comptait 5.444 magasins à la fin du mois de juillet, contre un pic de 7.490 en janvier 2019.
Par ailleurs, le dossier d'introduction en Bourse à Hong Kong du géant chinois de l'ultra fast-fashion Shein a révélé un ralentissement des ventes, ce qui suggère que la pression concurrentielle sur les enseignes européennes de mode éphémère pourrait s'atténuer.
L'entreprise espagnole étend également sa marque la plus abordable, Lefties, au Royaume-Uni, et prévoit de s'implanter en Allemagne l'année prochaine, alors qu'Inditex tente de capter davantage de dépenses de la part des consommateurs à faibles revenus qui auraient pu être découragés par la stratégie de Zara visant des segments de prix plus élevés.
(Rédigé par Helen Reid ; version française Matthieu Huchet et Coralie Lamarque, édité par Augustin Turpin)

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