(Actualisé avec déclarations d'Emmanuel Macron)
PARIS, 26 novembre (Reuters) - La France a encore haussé le ton vendredi face à la Grande-Bretagne, Emmanuel Macron dénonçant les méthodes "pas sérieuses" de la Grande-Bretagne au sujet de la gestion des flux migratoires dans la Manche, après la diffusion sur Twitter par le Premier ministre britannique Boris Johnson d'une lettre qui lui était adressée.
"Je suis surpris des méthodes quand elles ne sont pas sérieuses. On ne communique pas d'un dirigeant à l'autre sur ces questions-là par tweet et par lettre qu'on rend publics. Nous ne sommes pas des lanceurs d'alerte", a déclaré le président français, interrogé à ce sujet lors d'une conférence de presse à Rome.
Dans le courrier qu'il a diffusé jeudi soir sur Twitter, Boris Johnson propose cinq mesures destinées à empêcher la traversée de la Manche par des migrants et suggère notamment que la France reprenne tous les migrants arrivés clandestinement en Grande-Bretagne.
De son côté, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, a estimé sur BFM TV et RMC que cette lettre était "indigente sur le fond, déplacée sur la forme".
Les tensions franco-britanniques au sujet de la gestion des flux migratoires ont été ravivées depuis qu'une trentaine de personnes sont mortes mercredi en tentant de gagner l'Angleterre, le pire drame impliquant des candidats à l'entrée clandestine en Grande-Bretagne jamais survenu dans la Manche.
Elles se sont ajoutées aux désaccords persistants autour de la question des licences de pêche pour les bateaux français dans les eaux britanniques.
"INADMISSIBLE"
"Il y en a marre des doubles discours (...) et de l'externalisation permanente" des problèmes des Britanniques vers l'Union européenne alors qu'ils ont fait le choix du Brexit, a déclaré Gabriel Attal.
Dans le sillage de la publication du courrier de Boris Johnson, "Gérald Darmanin a dit à son homologue ministre de l'Intérieur britannique qu'elle n'était plus la bienvenue à la réunion organisée dimanche", a-t-il également annoncé.
La ministre britannique Priti Patel devait participer à une réunion organisée dimanche à Calais par le gouvernement français à laquelle ont été également conviés les ministres chargés de l'Immigration belge, allemand, néerlandais, ainsi que des représentants de la Commission européenne, afin de renforcer les coopérations destinées à améliorer la lutte contre les réseaux de passeurs.
"Nous considérons la lettre publique du Premier ministre britannique inadmissible et contraire à nos discussions entre homologues", a fait savoir à Reuters l'entourage du ministre français de l'Intérieur.
A Londres, les autorités espèrent que la France changera d'avis d'ici dimanche.
"Aucune nation ne peut régler ça seule, donc j'espère que la France réexaminera cette position", a déclaré vendredi à la BBC le ministre britannique des Transports Grant Shapps.
(Reportage Richard Lough, Bertrand Boucey et Myriam Rivet, édité par Blandine Hénault et Sophie Louet)

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