Même si la séance est marquée par une avalanche de publications bancaires à Wall Street, c'est surtout vers IBM que se braquent les projecteurs ce mardi : le titre du géant informatique plonge de 25% à moins de 218 USD, effaçant intégralement les gains engrangés depuis le début de l'année, victime d'un profit warning auquel s'ajoute une dégradation de recommandation de HSBC.
La direction d'IBM affiche des objectifs décevants
Pour les trois mois clos fin juin, IBM indique ne plus attendre qu'un BPA non GAAP (c'est-à-dire hors éléments exceptionnels) de 2,93 USD, en augmentation de 5%, mais bien en dessous de la moyenne de 3,02 USD anticipée par le marché, ainsi qu'un chiffre d'affaires en hausse de 1% à 17,2 MdsUSD, alors que le consensus des analystes tablait jusqu'ici sur environ 17,85 MdsUSD.
Dans sa lettre adressée aux investisseurs, le CEO Arvind Krishna justifie ce décalage par plusieurs facteurs clés, à commencer par une réorientation massive et imprévue des dépenses de ses clients vers l'achat de serveurs, de systèmes de stockage et de mémoire afin de sécuriser leurs approvisionnements avant des hausses de prix attendues et face à des contraintes liées à leurs chaînes logistiques.
A ce phénomène, qui a directement pénalisé les ventes de mainframes (systèmes Z) et de logiciels associés, le groupe d'Armonk (Etat de New York) ajoute que ses clients ont également été perturbés durant le trimestre par d'importantes préoccupations en matière de cybersécurité, ce qui a aussi ralenti d'autres investissements prévus.
Dans son courrier, Arvind Krishna admet en toute franchise que, face à ces changements brusques de comportement des clients, les équipes d'IBM n'ont pas su s'adapter suffisamment rapidement et ont manqué d'agilité pour conclure des contrats majeurs avant la fin du trimestre, ce qui constitue, selon lui, la principale cause du manque à gagner sur la période.
...et HSBC dégrade sa recommandation
Comme si cet avertissement sur résultats ne suffisait pas à plomber le dossier, HSBC a dégradé sa recommandation sur le titre du géant informatique, passant de "conserver" à "réduire", avec un objectif de cours ramené de 231 USD à 191 USD, "sur la base de multiples plus faibles afin de refléter le derating plus large du secteur".
Selon la banque britannique, qui compare le groupe avec des pairs dans certaines activités, IonQ pourrait prendre l'avantage sur l'activité quantique d'IBM. Elle souligne ainsi qu'au cours des cinq derniers trimestres, IBM n'aurait reçu que 100 MUSD de nouvelles commandes en informatique quantique, contre près de 600 MUSD pour IonQ.
HSBC considère aussi la croissance d'IBM comme moins durable que celle de SAP, dans la mesure où elle dépend d'une réduction continue des coûts : en moyenne annuelle sur la période 2026-2030, l'activité logicielle d'IBM devrait voir son EBIT non GAAP augmenter de 10,6% pour des revenus en hausse de 8%, à comparer à respectivement 10,3% et 10% pour le groupe allemand.
La banque pointe enfin une valorisation tendue, IBM se négociant, selon elle, à 22 fois le BPA non GAAP attendu pour 2027, contre une médiane sectorielle de 16,9 fois, alors qu'elle s'attend à ce que son BPA non GAAP progresse de 10,7% sur la période 2026-2028, contre une médiane sectorielle de 19,2%.
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