Genezys : des joueurs dénoncent des gains impossibles à retirer en euros
Des joueurs de Genezys, un jeu de cartes sportives développé par une société grenobloise, s'interrogent sur l'impossibilité de convertir leurs récompenses en euros et sur l'avenir de la plateforme. L'un d'eux, qui affirme avoir dépensé 2 200 euros, a saisi plusieurs autorités et dénonce des promesses de gains non tenues. Contactée par Cryptoast, Genezys conteste ces accusations et justifie son changement de modèle par la réglementation européenne MiCA.
Droit de réponse À la suite de cet article, Jean-Christophe Lebrat a demandé la publication d'un droit de réponse. Celui-ci a été publié le 21 octobre 2026 à 14h23 et est disponible à la fin de cet article .Un joueur réclame plus de 8 500 euros à Genezys
Sur Genezys, un jeu de cartes sportives développé par une société grenobloise, les joueurs achètent des cartes virtuelles d'athlètes pour constituer des équipes et participer à des compétitions. À la clé, des récompenses initialement distribuées en tokens $GNZ, dont la valeur était également présentée en euros. Mais plusieurs joueurs s'interrogent désormais sur l'impossibilité de convertir leurs gains en argent réel.
Parmi eux, Jean-Christophe Lebrat, inscrit depuis le 24 mars dernier, affirme avoir dépensé 2 200 euros dans l'achat de boosters , des paquets de cartes virtuelles vendus entre 8 et 12 euros. Selon lui, les récompenses étaient valorisées à hauteur de 20 euros pour 1 000 tokens $GNZ, tandis que la fonctionnalité de retrait, ou cash-out , était annoncée comme disponible « prochainement », sans date précise.
On nous fait miroiter des gains. On nous dit de jouer, de gagner, on nous parle de gains en euros, pas en points, pas en cartes : en euros.
Jean-Christophe Lebrat
joueur de Genezys
Aujourd'hui, le joueur estime avoir accumulé l'équivalent de plus de 8 500 euros en tokens et en cartes virtuelles, selon les valorisations affichées sur la plateforme. Une somme qu'il réclame à Genezys, alors que la conversion directe des récompenses en euros n'a jamais été mise en place.
Jean-Christophe Lebrat remet également en cause le modèle économique de Genezys. Selon lui, les récompenses affichées dépassent largement les sommes dépensées par les joueurs, ce qui l'amène à comparer le fonctionnement de la plateforme à une pyramide de Ponzi.
Quelle société donne plus que ce qu'elle perçoit ? Ça n'existe pas.
Jean-Christophe Lebrat
joueur de Genezys
Il craint que Genezys ne dispose pas des liquidités nécessaires pour payer les gains. Rien ne permet toutefois d'établir l'existence d'un tel montage. Il dénonce également un jeu qui inciterait à multiplier les achats de boosters pour obtenir de meilleures récompenses.
Estimant avoir été induit en erreur, il a adressé une mise en demeure à Genezys et écrit au procureur de Grenoble. Il affirme aussi avoir alerté la DGCCRF, l'AMF et l'Autorité nationale des jeux (ANJ). Selon lui, la vente de boosters pourrait relever d'un jeu d'argent non autorisé, une qualification juridique qui reste à établir.
Genezys justifie son changement de modèle par la réglementation MiCA
Contactée par Cryptoast, Genezys rejette ces accusations et explique que l'impossibilité de retirer les gains est liée à l'évolution de la réglementation européenne MiCA. La société précise toutefois que le transfert de son token $GNZ vers des plateformes d'échange centralisées n'a jamais été opérationnel et figurait seulement parmi ses projets de développement.
La période transitoire accordée aux prestataires de services sur actifs numériques (PSAN) s'est achevée le 1er juillet. Faute d'autorisation MiCA, Genezys a perdu son ancien enregistrement le 2 juillet, dans le cadre d'une procédure administrative automatique et non d'une sanction individuelle.
Genezys n'a fait l'objet d'aucune sanction ni mise en cause par les autorités de tutelle.
Un porte-parole de Genezys
La société affirme avoir mis en place un plan de cessation de ses services crypto conformément aux exigences de l'AMF.
Pourtant, le whitepaper de Genezys, rédigé en mai 2024, prévoyait l'obtention d'une autorisation MiCA en février 2025, soit près d'un an et demi avant la fin de la période transitoire. Cet objectif n'a pas été atteint.
Depuis le 14 septembre, Genezys propose deux solutions à ses utilisateurs. Ils peuvent convertir leurs tokens $GNZ en GEMs, la monnaie interne du jeu, avec la perspective de pouvoir les reconvertir en $GNZ après l'obtention d'une autorisation MiCA. Ils peuvent également transférer leurs tokens vers un portefeuille externe, pour les conserver et éventuellement les réintégrer à la plateforme une fois cette autorisation obtenue.
Ces solutions ne permettent toutefois pas de convertir directement les récompenses en euros. Surtout, rien ne garantit que Genezys obtiendra son autorisation MiCA un jour, ni que ses tokens auront encore de la valeur.
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Des joueurs s'interrogent sur la capacité de Genezys à payer les gains
Sur le serveur Discord officiel de Genezys, des joueurs ont interpellé les administrateurs sur l'avenir de la plateforme et sa capacité financière à honorer d'éventuelles demandes de retrait.
Une communication sur l'état actuel et financier de Genezys serait, au vu de la situation, bienvenue... Même si demain vous avez l'accord MiCA, pourrez-vous payer les joueurs qui feront du cash out?
Un joueur de Genezys
sur le serveur Discord officiel
Genezys affirme de son côté vouloir maintenir un système de récompenses permettant aux joueurs de valoriser leurs collections, désormais fondé sur les GEMs plutôt que sur les distributions de tokens $GNZ.
Genezys n'a jamais abandonné ses utilisateurs. Face à la lourdeur et au changement de cette réglementation, nous avons fait le choix stratégique d'adapter notre modèle.
Un porte-parole de Genezys
Pour Jean-Christophe Lebrat, cette évolution constitue un changement majeur par rapport aux perspectives de gains présentées lors de son inscription.
Si on m'avait dit qu'il n'y aurait jamais de cash-out et que c'était juste des points internes, je n'aurais évidemment pas mis un euro là-dedans.
Jean-Christophe Lebrat
joueur de Genezys
Genezys dénonce des accusations diffamatoires
Jean-Christophe Lebrat affirme être en contact avec d'autres joueurs mécontents et souhaite réunir davantage de témoignages en vue d'une éventuelle action judiciaire. Il affirme également avoir contacté plusieurs athlètes associés à Genezys, dont les combattants français de MMA Baïssangour Chamsoudinov, alias « Baki », et Morgan Charrière, qui évolue à l'UFC. Tous deux lui auraient affirmé ne pas être au courant du problème.
De son côté, Genezys dénonce une démarche isolée et conteste les méthodes employées par Jean-Christophe Lebrat, qu'elle présente comme un prestataire freelance spécialisé dans les réseaux sociaux, ayant multiplié les sollicitations auprès de ses partenaires.
Nos recherches indiquent (...) que l'auteur de ces courriels est un prestataire freelance spécialisé en réseaux sociaux. Il ne s'agit nullement d'un lanceur d'alerte, mais d'une personne isolée usant de techniques d'outreach agressives (scraping de contacts, envois massifs) pour tenter d'instrumentaliser les délais inhérents à notre transition réglementaire. Nous dénonçons fermement cette méthode qui vise uniquement à créer un climat de panique artificielle en harcelant nos athlètes partenaires.
Un porte-parole de Genezys
La société assure n'avoir connaissance d'aucune action judiciaire collective engagée contre elle et se réserve le droit de poursuivre les auteurs de propos qu'elle juge diffamatoires.
Cette affaire rappelle l'importance de bien comprendre les mécanismes de rémunération avant d'investir. Pour mieux appréhender ces enjeux et construire une stratégie d'investissement adaptée, Cryptoast propose Crypto Stratège, un programme d'accompagnement associant analyses de marché, gestion des risques et conseils stratégiques.
Sources : Entretien avec Jean-Christophe Lebrat, joueur de Genezys, Déclarations de Genezys à Cryptoast
Droit de réponse de M. Jean-Christophe LebratÀ la suite de cet article, Jean-Christophe Lebrat a demandé la publication du droit de réponse ci-dessous, reproduit intégralement.
À la suite de l'article publié par Cryptoast le 8 octobre 2026 au sujet de Genezys, je souhaite apporter les précisions suivantes concernant les déclarations me mettant personnellement en cause.
1. Sur ma situation professionnelle
La société Genezys me présente comme un « prestataire freelance spécialisé dans les réseaux sociaux ». Je conteste cette qualification, qui semble provenir d'un ancien profil LinkedIn qui n'était pas à jour et ne reflétait pas ma situation actuelle. Je ne suis pas intervenu dans cette affaire en qualité de prestataire de services auprès de Genezys. Ma démarche relève d'un litige en tant qu'utilisateur de la plateforme et des interrogations que son fonctionnement a suscitées.
La présentation de mon profil professionnel ne saurait, à elle seule, permettre de discréditer les questions que je soulève concernant cette plateforme.
2. Sur les méthodes de contact qui me sont reprochées
Je conteste avoir eu recours à des techniques de scraping ou à des procédés automatisés d'envoi massif. Les coordonnées que j'ai recherchées ont été trouvées manuellement, à partir d'informations accessibles publiquement sur Internet.
Mes prises de contact avaient pour objectif d'informer certains sportifs de mes interrogations concernant leur association avec Genezys. Je conteste la présentation de ces démarches comme relevant de méthodes agressives et considère qu'il est nécessaire de distinguer une démarche d'information de comportements qui pourraient effectivement être qualifiés de harcèlement.
3. Sur l'accusation de harcèlement
Je réfute formellement l'accusation de harcèlement relayée dans l'article. La qualification employée par la société Genezys ne saurait être tenue pour établie du seul fait de l'existence de prises de contact avec des sportifs.
Les circonstances concrètes de ces échanges, leur contenu et leur fréquence doivent être examinés objectivement. Je demande donc que ma démarche ne soit pas présentée au public comme un comportement fautif avéré sur la seule base des déclarations de la société concernée.
J'ai par ailleurs entrepris des démarches auprès des autorités compétentes concernant le différend qui m'oppose à Genezys et les faits que je souhaite porter à leur connaissance.
4. Sur les conséquences pour ma réputation
Le fait d'associer nominativement mon identité à des accusations de harcèlement et à des méthodes déloyales est susceptible de porter atteinte à ma réputation personnelle et professionnelle. La visibilité d'un tel article dans les moteurs de recherche peut également avoir des conséquences sur mes futures démarches de recherche d'emploi.
Je demande que ces éléments soient présentés avec la rigueur nécessaire et que ma contestation soit portée à la connaissance des lecteurs dans des conditions permettant un débat équilibré.
Je reste disposé à communiquer les éléments matériels permettant de vérifier les circonstances de mes prises de contact.
Jean-Christophe Lebrat
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