(Actualisé avec précisions, déclarations de Roland Lescure et commentaires d'analyste)
L'inflation en France, harmonisée selon les normes européennes (IPCH), a ralenti plus que prévu sur un an en juin à 2,0%, aidée par le refroidissement des prix de l'énergie, montrent les données préliminaires publiées mardi par l'Insee.
Le consensus tablait sur un indice IPCH, qui permet la comparaison avec les autres pays de la zone euro, à +2,3%, après une hausse de 2,8% en mai.
L'indice met ainsi fin à une série de cinq mois consécutifs de progression, qui avait débuté en janvier et s'était accélérée à partir de mars en raison de la crise énergétique déclenchée par la guerre au Moyen-Orient.
Aux normes françaises, l'indice des prix à la consommation ressortirait à +1,8% en juin en rythme annuel, après +2,4% en mai et en-dessous du consensus (+2,1%).
Cette baisse s'explique surtout par le fort ralentissement des prix de l'énergie, notamment ceux des produits pétroliers, qui restent toutefois en nette augmentation sur un an (+11,2% en juin après +16,6% en mai), précise l'Insee dans un communiqué.
"Ça avait monté très vite quand le pétrole a monté, mais là ça descend vite, on est en dessous de 2%. C'est une très bonne nouvelle pour le pouvoir d'achat des Français", a réagi mardi Roland Lescure, ministre de l'Economie et des Finances, sur BFMTV, faisant référence à la lecture selon les normes françaises et soulignant que ce chiffre était "le signal de la relance".
"Il y a encore du chemin à faire et j'espère qu'on va pouvoir le faire cet été. Ça dépend évidemment de la poursuite de l'évolution positive du contexte géopolitique", a-t-il dit.
Les cours du pétrole sont revenus près de leur niveau d'avant-guerre depuis la signature d'un protocole d'accord entre les Etats-Unis et l'Iran le 17 juin dernier, même si la situation reste fragile et l'incertitude quant aux prochaines étapes des négociations entre les deux parties persiste.
"Les données confirment que le risque d'une spirale inflationniste reste extrêmement faible en France et nettement plus limité que dans les pays voisins", écrit dans une note Charlotte de Montpellier, économiste chez ING France.
Elle avertit toutefois qu'une nouvelle hausse de l'indice pourrait intervenir dans les prochains mois, le chiffre de juin étant tiré vers le bas par le calendrier des soldes et l'inflation alimentaire devant progressivement augmenter à mesure que les prix de l'énergie se répercuteront sur les produits alimentaires.
Sur un mois, l'indice IPCH recule de 0,3%, après +0,1% en mai et alors que les analystes interrogés par Reuters tablaient sur une stabilité (0,0%).
L'indice aux normes françaises diminuerait de 0,2% en juin après +0,1% en mai, alors que les analystes interrogés par Reuters tablaient sur une stabilité (0,0%).
(Rédigé par Augustin Turpin et Diana Mandia, édité par Benoit Van Overstraeten)

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