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Forte mobilisation en France contre le projet de réforme des retraites
Reuters05/12/2019 à 19:54

    * Une journée de grèves "historique", selon les syndicats
    * L'acte I du bras de fer sur la réforme des retraites
    * Transports et écoles très fortement perturbés
    * Un peu plus de 800.000 manifestants, selon l'Intérieur
    * Près de deux fois plus pour la CGT
    * Les réponses du gouvernement attendues la semaine
prochaine

 (Actualisé avec nouveaux chiffres)
    PARIS, 5 décembre (Reuters) - Des centaines de milliers de
personnes ont manifesté et fait grève jeudi en France au premier
jour d'une vaste mobilisation contre le projet de réforme des
retraites, que le gouvernement se dit prêt à négocier dans ses
modalités, pas ses principes.
    Selon la CGT, fer de lance de la contestation et premier
syndicat de la SNCF, les quelque 250 rassemblements et défilés
ont réuni 1,4 à 1,5 million personnes en France, dont 250.000 à
Paris. 
    Le ministère de l'Intérieur a pour sa part compté 806.000
manifestants, dont 65.000 dans la capitale. 
    Pour les syndicats, qui n'ont pas réussi à faire plier
Emmanuel Macron depuis son arrivée au pouvoir en 2017, le coup
de semonce est d'ores et déjà réussi.
    Des incidents ont perturbé le déroulement de la
manifestation dans la capitale, où quelque 500 "ultras", selon
la préfecture de police, s'en sont pris aux forces de l'ordre et
ont incendié et détérioré du mobilier urbain, notamment.
 
    A 17h00 (16h00 GMT), 87 personnes avaient été interpellées à
Paris, selon la préfecture de la police. En fin d'après-midi, 60
personnes avaient été placées en garde à vue, selon le parquet
de Paris.
    Des tensions sont également survenues à Nantes, Rennes,
Bordeaux et Toulouse, mais dans une moindre mesure.  
et  
    Le Premier ministre, Edouard Philippe, a rendu hommage aux
"organisations syndicales qui ont encadré les manifestations" en
province et distingué les "casseurs" des manifestants
pacifistes.
    Entre 33.000 et 100.000 manifestants à Toulouse, selon la
préfecture ou les organisateurs, 25.000 à 150.000 à Marseille,
de 19.000 (préfecture) à 25.000 (syndicats) à Nantes, 13.000 à
15.000 à Rennes... : les cortèges ont donné le ton du nouvel
acte social du quinquennat après les "Gilets jaunes" dont
l'exécutif redoute qu'il n'égale la lame de fond de 1995.
    
    "TOUTES LES PROFESSIONS SONT DANS LA RUE"
    "Toutes les professions sont dans les rues. Il y a du bruit
dans les rues, j'espère que les fenêtres de l'Elysée sont
ouvertes", a déclaré le secrétaire général de la CGT, Philippe
Martinez, au départ du cortège parisien.  
    La porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, a assuré
qu'il restait "des marges de négociation avec les organisations
syndicales" sur le projet de système de retraite unique par
points.  
    Les perturbations ont été importantes dans tout le pays,
particulièrement dans les transports et l'Education nationale,
et le mouvement de grève a été reconduit à la SNCF et à la RATP.
 
    La ministre des Transports Elisabeth Borne et son secrétaire
d'Etat Jean-Baptiste Djebbari ont dit s'attendre à une grève "de
quelques jours".
    Entre télétravail, covoiturage et "mobilités douces" comme
vélos, rollers et trottinettes, les Français, particulièrement
en Ile-de-France, s'étaient organisés en amont.
    "Tout le monde s'est organisé aujourd'hui et demain, mais la
semaine prochaine les gens risquent d'être énervés", témoigne
Isabelle Guibal, gérante d'un café, qui a effectué un trajet de
50 minutes à vélo pour se rendre à son travail à Paris. 
     A EDF, le taux de grévistes était de 41,4% de l'effectif
total, a fait savoir la direction.
    
    ANNONCES ATTENDUES LA SEMAINE PROCHAINE
    Le taux de grévistes dans la fonction publique s'établissait
à midi à 21,2%, avec des proportions plus fortes dans la
fonction publique d'Etat qui englobe les enseignants (32,5%).
    Le haut-commissaire aux Retraites Jean-Paul Delevoye livrera
les conclusions de ses discussions avec les partenaires sociaux
"le 9 ou le 10 décembre", notamment sur le mode de transition
des régimes spéciaux vers le système unique.
    Il appartiendra ensuite au Premier ministre, Edouard
Philippe, de dévoiler les grandes lignes du projet de loi
"vraisemblablement en milieu de semaine prochaine", dit-on à
l'Elysée, pour un examen au Parlement début 2020.  
    L'exécutif, confronté à une agrégation des mécontentements,
affiche sa fermeté sur l'objectif d'un système universel de
retraites par points supprimant les régimes spéciaux, mais se
ménage une marge de négociation, sur l'entrée en vigueur de la
réforme particulièrement, mais aussi la pénibilité et les droits
familiaux.   et  
    La CGT, FO, la FSU et Solidaires sont à l'origine de cette
grève interprofessionnelle, rejoints par la CFE-CGC et la CFTC
qui a laissé ses branches libres de rallier le mouvement. La
CFDT, dont le soutien à la réforme gouvernementale s'érode,
reste à l'écart mais sa branche Cheminots a déposé un préavis de
grève.
    Le mouvement social de l'automne 1995 contre le "plan Juppé"
avait duré du 24 novembre au 15 décembre. Alain Juppé, mentor
d'Edouard Philippe, avait alors cédé sur la réforme des
retraites, pas sur la refonte de la Sécurité sociale.

 (Rédaction de Paris, édité par Sophie Louet, Simon Carraud et
Jean-Philippe Lefief)
 

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1 commentaire

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  • M1961G
    05 décembre13:46

    les français qui manifestent et qui ont moins de 40 ans vont connaitre encore au moins 5 réformes . il y'a une réforme tout les 5 ans.......une personne de moins de 40 ans devrait plutôt s'occuper de son pouvoir d'achat . on fait comme si que cette réforme était pour 40 ans . pour que le système soit viable dans la durée , sans réforme une personne de moins de 40 ans n'est pas sûr d'avoir une retraite .........

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