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EXCLUSIF-La société ukrainienne Fire Point intègre des technologies européennes dans son système de défense antimissile
information fournie par Reuters 04/08/2026 à 14:32
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par Max Hunder et Daniel Flynn

Le fabricant ukrainien de drones et de missiles Fire Point a conclu des accords avec plus d’une douzaine d’entreprises européennes de défense pour la fourniture d'équipements destinés au projet de défense antimissile "Freyja", a déclaré mardi la directrice générale de l'entreprise à Reuters.

L'Ukraine, qui fait quotidiennement face à une pluie de drones et de missiles russes, recherche de toute urgence des partenaires pour développer un dôme antimissile capable d’intercepter les armes balistiques et supersoniques russes.

Un projet paneuropéen visant à sécuriser le ciel ukrainien a été officiellement lancé à Paris le mois dernier par dix gouvernements et douze entreprises du secteur de la défense, parmi lesquelles Eurosam, Leonardo LDOF.MI , Thales TCFP.PA et SAAB SAABb.ST .

Kyiv s'appuie actuellement sur le système américain Patriot pour abattre les missiles balistiques russes, mais la pénurie mondiale des missiles intercepteurs américains, aggravée par la guerre en Iran, a fait un trou dans la défense ukrainienne.

Fire Point, qui développe son système de défense antimissile "Freyja" pour pallier ces manques, entend réaliser sa première interception réussie d’ici mi-2027.

"Pratiquement tout a été convenu", a déclaré à Reuters la directrice générale de l'entreprise, Iryna Terekh, au sujet des 13 partenaires industriels qui ont déjà rejoint le projet.

Fire Point projette de produire un intercepteur balistique pour moins d’un million d’euros par missile – entre un quart et un sixième du coût d’un Patriot -, précise Iryna Terekh.

"Nous essayons de condenser en quelques années un programme qui prend habituellement 20 ou 30 ans", ajoute-t-elle, précisant qu’au moins cinq essais du missile intercepteur ont jusqu'à présent été effectués.

FIRE POINT COMME DÉVELOPPEUR DE MISSILE PAN-EUROPÉEN

Dans le cadre du projet, Fire Point fournira son missile FP7.X comme intercepteur et procède actuellement à l'intégration d'un système de guidage "autodirecteur", a expliqué Iryna Terekh.

"Nous sommes actuellement dans la phase la plus intense et aussi la plus compliquée, celle de l’assemblage final de l’ensemble des composants : radars de surveillance, radars de poursuite et autodirecteurs", a déclaré la directrice générale.

La société norvégienne Kongsberg travaille de son côté sur le centre de commandement chargé d’intégrer les différents systèmes. L’entreprise n’a pas répondu dans l'immédiat à une demande de commentaire.

Selon des publications spécialisées, la société allemande Diehl Defence – qui produit un autodirecteur pour son propre système de défense aérienne IRIS-T – fournira le système de guidage.

Un porte-parole de Diehl a confirmé que l’entreprise était en pourparlers avec Fire Point, mais a refusé d’en dévoiler les détails. Iryna Terekh n’a pas souhaité s’exprimer sur la question.

Le projet Freyja s'appuierait sur une architecture open source et permettrait d'interchanger différentes options, comme un radar Weibel à la place d'un radar fabriqué par Saab, selon des responsables ukrainiens.

Le nombre de partenaires industriels pourrait atteindre une vingtaine - ce qui augmenterait la capacité de production -, a précisé Iryna Terekh.

Elle a ajouté que Fire Point était en pourparlers avec des fabricants de missiles appartenant à l’État ukrainien, mais a refusé de les nommer.

VARIANTE D’ATTAQUE AVEC MOSCOU DANS LE VISEUR

Iryna Terekh a indiqué que les entreprises participantes financeraient la recherche et le développement jusqu’à l’obtention d’un produit minimum viable, signifiant selon elle l’interception réussie d’un missile balistique.

Un missile ne parvient à passer que si tous les intercepteurs d’un lanceur manquent leur cible. Pour maintenir la probabilité de six échecs consécutifs en dessous de 5% – une norme du secteur -, chaque intercepteur doit toucher sa cible environ 40% du temps, selon Fabian Hoffmann, expert en missiles à l’Institut norvégien d’études de défense.

Si cela pouvait réellement être réalisé pour 1 million d’euros, ce serait "assez impressionnant" et "très bon marché", a jugé ce dernier.

Le missile FP7 de Fire Point dispose également d’une variante d’attaque pouvant être utilisée pour frapper des cibles au sol.

L'arme a fait l’objet d’environ 15 tirs d’essai et est actuellement en cours de certification par le ministère ukrainien de la Défense.

Fire Point prévoit une première utilisation au combat de cette version au début de l’automne, et anticipe un résultat similaire à la fin de l’automne pour le missile balistique FP9, beaucoup plus imposant et qui sera capable d’atteindre Moscou, selon l'entreprise.

(Version française Etienne Breban, édité par)

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