Eramet ERMT.PA chute fortement en Bourse jeudi après la publication des résultats financiers du groupe minier français la veille, qui ont clôturé un exercice 2025 qualifié de particulièrement difficile par les analystes et marqué par la baisse des prix des matières premières, des effets de change défavorables et des difficultés opérationnelles, notamment en Indonésie.
A Paris, vers 09h14 GMT, l'action dégringole de 20,10% à 48,26 euros, contre un recul de 0,43% pour le SBF 120 .SBF120 au même moment.
"Eramet a publié des résultats extrêmement faibles pour 2025", écrit Varun Sikka, analyste d'AlphaValue dans une note intitulée "Une année 2025 désastreuse entraîne des mesures correctives radicales".
"Même si les ventes du quatrième trimestre ont affiché une meilleure dynamique, l'érosion globale des bénéfices et des flux de trésorerie en 2025 a conduit à une suspension des dividendes pendant deux ans", relève Varun Sikka.
Eramet a en effet annoncé mardi ne pas verser de dividende au titre de 2025 et suspendre le versement de dividendes sur les deux prochaines années en raison d'une approche stricte en matière d'allocation du capital.
Eramet, qui traverse par ailleurs une crise de gouvernance, a également annoncé mercredi une série de mesures destinées à renforcer son bilan, dont une revue stratégique avec des options de monétisation de ses actifs en 2026.
"Compte tenu de la dynamique délicate du marché final et de l'exode soudain du PDG-directeur financier d'Eramet, il n'est pas surprenant que l'entreprise ait dévoilé une série de mesures radicales", observe ainsi l'analyste d'AlphaValue.
Il souligne que les mesures prises - le contrôle des dépenses d'investissement, la suspension des dividendes, la monétisation des actifs et l'émission d'actions - semblaient inimaginables il y a quelques mois encore. "Tout redressement semble difficile".
L'Ebitda ajusté annuel d'Eramet a chuté de 54% sur un an à 372 millions d’euros, tandis que le résultat net part du groupe (hors SLN) et le free cash-flow ajusté sont ressortis en territoire négatif, à -370 millions et -481 millions d'euros respectivement.
Eramet a déclaré viser 250 millions à 290 millions d'euros de Capex (dépenses d'investissement) en 2026, soit une baisse de 30% à 40% sur un an.
"La seule raison possible pour laquelle ils peuvent rester à flot au milieu de ce chaos est en grande partie due au soutien indéfectible de l'État français", écrit Varun Sikka dans sa note.
(Rédigé par Etienne Breban et Augustin Turpin, édité par Blandine Hénault)

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