Eramet ERMT.PA chute nettement en Bourse en lundi, le groupe ayant surpris les investisseurs en annonçant la veille mettre un terme au mandat de son directeur général, Paulo Castellari, moins d'un an après sa prise de poste.
Dimanche, le groupe a déclaré avoir décidé de mettre un terme au mandat de Paulo Castellari, à la tête d'Eramet depuis moins d'un an, en raison "de divergences avec ce dernier sur les modes de fonctionnement".
Le conseil d'administration de l'entreprise minière et métallurgique française a précisé dans un communiqué que le mandat prenait fin dimanche à 20h00 (19h00 GMT), la présidente du groupe, Christel Bories, assurant la fonction "le temps de mener un processus de désignation d'un nouveau directeur général".
Christel Bories a précisé à la presse que cette décision n'avait "rien a voir avec les résultats" et que la stratégie du groupe n'était pas modifiée.
Lundi, à 11h40 GMT, l'action Eramet perdait 7,52% à 68,25 euros.
Selon Nicolas Delmas, analyste financier chez Portzamparc, "le retour de Christel Bories devrait assurer une certaine stabilité durant la phase d'intérim".
Toutefois, cette décision a été une "surprise" pour le courtier, qui souligne dans une note que "Paulo Castellari semblait prendre progressivement ses marques et avait lancé un plan ambitieux visant à adresser les sujets de performance opérationnelle (ReSolution)".
Pour Maxime Kogge d'Oddo BHF, l'annonce a également été un choc, l'analyste précisant qu'avec ce départ, Eramet entre dans une nouvelle période de transition qui rendra plus difficile la mise en oeuvre des réductions de coûts et des améliorations opérationnelles.
Une source au sein de l'entreprise a déclaré que les tensions entre Christel Bories et Paulo Castellari au sujet de la prise de décision étaient connues, mais que le licenciement du directeur général avait surpris en interne.
L'État français est le deuxième actionnaire d'Eramet, derrière la famille Duval.
Oddo BHF précise que, bien que le limogeage de Paulo Castellari résulte probablement d'une décision commune, les intérêts divergents entre les Duval, favorables à des distributions aux actionnaires, et l'État, axé sur les investissements de croissance, pourraient "ralentir le processus de remplacement".
"L'Etat actionnaire réaffirme son attachement à la stabilité et à la performance d'Eramet. Dans son rôle d'actionnaire, il veillera à préserver les intérêts du groupe, de ses équipes et de ses partenaires", a déclaré un représentant du ministère de l'Economie et des Finances, sans commenter spécifiquement le licenciement de Paulo Castellari.
(Rédigé par Coralie Lamarque, avec Gus Trompiz et Olivier Cherfan ; édité par Augustin Turpin)

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