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ENTRETIEN MARCHÉS-La révolution des ETF est pacifique, assure BlackRock
information fournie par Reuters20/10/2017 à 11:04

    * Pour le leader du marché, l'ETF n'a rien d'effrayant 
    * Un produit innovant, simple et transparent 
    * Certaines variantes réclament de la vigilance 
 
    par Patrick Vignal 
    PARIS, 20 octobre (Reuters) - Accablés de tous les maux par 
leurs détracteurs, les fonds indiciels cotés dits ETF 
(exchange-traded funds) provoquent des bouleversements dans le 
monde de la finance dont il ne faut pas avoir peur, assure-t-on 
chez le gérant d'actifs américain BlackRock  BLK.N , numéro un 
mondial du secteur. 
    Simples, abordables, transparents et gérés de manière 
passive, c'est-à-dire automatisée, ces fonds cotés en Bourse et 
adossés à un indice dont ils ont pour objectif de répliquer la 
performance agacent certains tenants de la gestion active qui 
les accusent de perturber les marchés, voire de tuer 
l'investissement. 
    "Il y a des côtés révolutionnaires mais il n'y a rien de 
magique, c'est juste un panier de titres qui cote", dit à 
Reuters Benoit Sorel, directeur d'iShares (les ETF de BlackRock) 
pour la France, la Belgique et le Luxembourg. 
    Le marché des ETF ne concerne pas simplement les actions 
mais s'est étendu à d'autres actifs comme les obligations et les 
matières premières. Si plus de 200 sociétés de gestion dans le 
monde en proposent, le marché reste très concentré puisque les 
trois leaders (BlackRock et ses compatriotes Vanguard et State 
Street) en contrôlent près de 70%. 
    "Cette concentration est nécessaire parce qu'elle garantit 
que les gros volumes sont sur les ETF les plus liquides", plaide 
Benoit Sorel. 
    "L'ETF n'est qu'un véhicule d'investissement dont la beauté 
est d'être coté en Bourse et l'utilité est d'être très liquide. 
Il ne présente pas de risque de gestion tout en offrant une 
amélioration de la liquidité et de la performance." 
     
    CRITIQUES ET INQUIÉTUDES 
    Instruit des critiques des uns et des inquiétudes des 
autres, BlackRock a réalisé une étude pour tenter de 
dédiaboliser les ETF, apparus aux Etats-Unis en 1990 et lancés 
en Europe 10 ans plus tard. 
    Selon les chiffres de cette étude, la gestion indicielle ne 
recouvre que 17,5% du marché actions contre 25,6% pour la 
gestion active. La révolution, cependant, est bien là. 
    Un net mouvement de collecte sur les fonds indiciels et de 
décollecte sur les fonds actifs suggère en effet que les 
premiers devraient bientôt rejoindre les seconds, voire les 
dépasser. 
    "Les gérants actifs ont cependant bien plus d'actions sur le 
marché parce qu'ils font des décisions d'investissement tous les 
jours, alors que le gérant indiciel a un portefeuille très 
stable sur lequel il intervient assez peu", tempère Benoit 
Sorel. 
    "On estime que pour chaque dollar acheté ou vendu sur les 
actions US par les stratégies indicielles, il y a 22 dollars 
échangés par des gérants actifs", poursuit-il. "Les ETF attirent 
les flux mais ils ne vont pas perturber la fixation des prix." 
    Dès 2011 pourtant, plusieurs régulateurs, dont le Conseil de 
stabilité financière (FSB), ont tourné leurs regards vers les 
ETF, visant particulièrement l'émergence de versions plus 
complexes dites à réplication synthétique, qui utilisent des 
"swaps", soit un échange avec un autre acteur financier, le plus 
souvent une banque, qui s'engage à "coller" au plus près de 
l'indice, avec du collatéral en garantie. 
    Le débat entre réplication physique et synthétique est en 
train d'être tranché en faveur de la première méthode, les 
pionniers des ETF synthétiques comme DBX (Deutsche Bank 
 DBKGn.DE ), Lyxor (Société Générale  SOGN.PA ) ou Amundi 
 AMUN.PA  revenant sur leur pas, explique Benoit Sorel. 
    "Dans l'absolu, cela n'a aucun sens de rajouter une tierce 
personne bancaire pour gérer un swap", dit-il. "Si on me donne 
de l'argent pour gérer des actifs, pourquoi devrais-je déléguer 
cette gestion à une banque et pourquoi le ferait-elle mieux que 
moi ?"  
     
    L'AVENIR DE L'ÉPARGNE 
    Plus facile à appréhender que d'autres véhicules, l'ETF 
devrait connaître un nouveau coup d'accélérateur en janvier avec 
l'entrée en vigueur de la directive européenne MiFID II, qui 
imposera notamment aux gérants actifs de justifier les frais 
qu'ils facturent à leurs clients. 
    "Je comprends que l'industrie financière puisse avoir peur 
ou être agacée par cette évolution mais pour moi, elle a un côté 
plutôt vertueux", dit Benoit Sorel. 
    "L'ETF a cassé la chaîne de valeurs en démocratisant l'accès 
aux marchés de capitaux et en permettant aux petits épargnants 
d'investir en Bourse, y compris sur l'obligataire (...) Pour 
moi, l'ETF, c'est l'avenir de l'épargne individuelle." 
    Cette arrivée massive d'investisseurs particuliers 
susceptibles de vendre en panique en cas de retournement du 
marché crée cependant un risque, reconnaît Benoit Sorel. Dans ce 
type de scénario, les investisseurs institutionnels comme les 
assureurs ou les fonds de pension pourraient procéder à des 
rachats immédiats, ce qui aurait pour effet de rééquilibrer le 
marché, ajoute-t-il.    
    Dans le vaste univers des ETF, il est des galaxies sur 
lesquelles il est fondé d'avoir des craintes, admet Benoit 
Sorel, qui réclame une grande vigilance à l'égard de certaines 
variantes exotiques. 
    "Les ETF doivent rester des paniers physiques liquides et 
transparents et il faut veiller à ce que l'on met dedans", 
dit-il. "Sur les ETF avec de gros effets de levier vis-à-vis du 
marché, qui pour moi ne sont pas des ETF, il y a un vrai 
problème, surtout si l'on distribue ces produits à des 
particuliers, ce qui est le cas." 
     
    Voir aussi :  
    ECLAIRAGE-L'essor des ETF se poursuit, non sans craintes     
         
    ECLAIRAGE-Gestion-La révolution digitale, revanche pour la 
gestion active?   
    
 
 (édité par Blandine Hénault) 
 

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