(Répétition sans changement d'une dépêche transmise vendredi)
* Les marchés anticipent à tort une récession, selon BNPP WM
* La croissance de l'économie devrait se poursuivre
* Celle des bénéfices des entreprises aussi
* Les investisseurs doivent privilégier les actions
* Les pays émergents, le Japon et la zone euro conseillés
par Patrick Vignal
PARIS, 14 janvier (Reuters) - L'année douloureuse que
viennent de vivre toutes les classes d'actifs s'explique par un
décalage entre les anticipations pessimistes des marchés
financiers et les fondamentaux de l'économie mondiale, qui
demeurent robustes, explique Florent Bronès, responsable de la
stratégie d'investissement de BNP Paribas Wealth Management.
Le stratège de la banque privée voit certes la croissance
décélérer cette année mais estime que les marchés ont intégré à
tort dans les cours une récession qu'il ne voit pas venir.
"Il y a eu une déconnexion l'an dernier entre ce qu'il s'est
passé pour l'économie réelle et ce à quoi l'on a assisté sur les
marchés financiers", dit-il à Reuters.
"Les marchés sont à des niveaux qui, à notre sens,
anticipent des récessions, notamment aux Etats-Unis, ce qui
n'est pas du tout notre scénario, qui est celui d'un
ralentissement de la croissance mondiale, notamment aux
Etats-Unis, mais pas d'une récession."
La croissance n'est pas morte, selon lui, ni pour
l'économie, ni pour les bénéfices des entreprises, un facteur
que les intervenants de marché suivront avec la plus grande
attention lors de la saison de résultats trimestriels sur le
point de débuter.
"Les marchés sont en train d'intégrer dans les cours une
contraction des bénéfices alors que nous voyons leur croissance
ralentir mais se poursuivre", dit-il.
La tendance l'an dernier a été pénalisée en outre par une
multitude de risques politiques, des tensions commerciales
entres les Etats-Unis et la Chine aux incertitudes entourant les
négociations sur le Brexit et le bras de fer entre Rome et
Bruxelles sur le budget de l'Italie, autant de dossiers qui
devraient continuer de peser cette année.
"Les questions politiques ne font pas partie des choses que
l'on peut prévoir et cela crée de l'incertitude, ce qui est un
aspect négatif pour les marchés financiers et génère de la
volatilité", commente Florent Bronès. "Pour que les fondamentaux
positifs reprennent le dessus, il faut que l'incertitude
politique diminue."
DEUX HAUSSES DE TAUX EN VUE AUX ÉTATS-UNIS
Autre dossier chaud, le resserrement monétaire en cours aux
Etats-Unis et la communication parfois mal comprise sur les
marchés du président de la Réserve fédérale, Jerome Powell,
soumis en outre à une pression constante du président américain,
adversaire déclaré de la politique de hausse de taux conduite
par l'institution.
"Quand Donald Trump a commencé à remettre en cause
l'indépendance de la Fed, ça a généré de la nervosité sur les
marchés, ce qui a été un signal de l'accélération de la baisse à
Wall Street, mais cela a été bref parce que dans les 48 heures
qui ont suivi, plusieurs responsables de l'administration
américaine sont intervenus pour corriger le tir", souligne
l'expert de BNP Paribas WM.
"La Fed a changé sa communication, désormais un peu plus
accommodante, mais personne n'a dit qu'elle ne remonterait pas
les taux. Elle a dit prévoir deux hausses de taux cette année,
en précisant que le calendrier dépendrait des données, ce qui
est également notre scénario privilégié."
Autre élément ayant contribué à la baisse des marchés à la
fin de l'année dernière, et non sans lien avec la politique
monétaire de la Fed, l'amorce d'une inversion de la courbe des
taux aux Etats-Unis, un signal annonçant historiquement une
entrée en récession à moyen terme.
"Ce qui domine les marchés obligataires, c'est
l'aplatissement de la courbe des taux américains, avec les taux
longs qui ont monté beaucoup moins que les taux courts",
explique Florent Bronès.
"Les pessimistes y voient le signe de l'approche d'une
récession mais notre vision est que la courbe reste légèrement
positive et qu'il ne faut pas anticiper sur la base
d'indicateurs avancés".
LES TAUX TROP BAS POUR COUVRIR L'INFLATION
Le pilotage des anticipations par les banques centrales, aux
Etats-Unis comme en Europe, où la Banque centrale européenne
(BCE) vient d'arrêter ses rachats d'actifs mais n'a pas commencé
à relever ses taux, promet d'animer l'année qui vient de
démarrer.
"Notre scénario de base chez BNP Paribas est que la BCE
pourrait remonter légèrement son taux de dépôt, mais pas avant
septembre ou octobre", dit Florent Bronès.
"A un moment ou un autre, il va falloir normaliser les
politiques monétaires, qui restent anormalement accommodantes.
Globalement, nous pensons que la normalisation des politiques
monétaires va rester modérée parce que l'inflation ne pose pas
de problème."
Dans ce contexte, BNP Paribas WM continue de préférer les
actions aux obligations.
"Les niveaux des taux sont trop bas pour couvrir
l'inflation, quels que soient les investissements défensifs que
l'on décide de faire", argumente le responsable de la stratégie
d'investissement de la banque privée.
"Notre conseil à nos clients est donc d'augmenter la part
des actifs risqués dans leur portefeuille mais de diversifier en
termes de géographie, de secteurs et d'actifs".
"En matière de géographie, nous recommandons les pays
émergents, le Japon et la zone euro et nous sommes 'neutres' sur
les actions américaines."
VOIR AUSSI:
BNPP WM voit le contexte boursier s'améliorer
LE POINT sur les perspectives de marché 2019 des gérants et
stratèges
(édité par Blandine Hénault)
ENTRETIEN-Les marchés financiers déconnectés des fondamentaux-BNP Paribas
information fournie par Reuters 14/01/2019 à 07:00
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