(Actualisé avec cours à la mi-journée, commentaire et valorisation de UKPN)
L'action Engie ENGIE.PA monte en Bourse jeudi et enregistre sa plus forte hausse en près de neuf ans, au lendemain de l'annonce par l'énergéticien français d'un accord en vue d'acheter UK Power Networks (UKPN), distributeur d'électricité de référence au Royaume-Uni, qui deviendrait la plus grosse acquisition de son histoire.
A la Bourse de Paris, vers 11h19 GMT, l'action était en tête du CAC 40 .FCHI avec un bond d'environ 8% à 29,7 euros, en passe d'enregistrer sa meilleure journée sur les marchés depuis mars 2017 et s'établissant à son plus haut niveau depuis septembre 2009.
Le rachat de UKPN va être "transformateur" pour Engie, ont déclaré les analystes de Jefferies dans une note, soulignant que l'opération permettrait au groupe d'accéder aux revenus croissants du plus grand distributeur d'électricité britannique, alors que le Royaume-Uni accélère son électrification afin d'atteindre son objectif de neutralité carbone d'ici 2050.
L'opération fait suite au rachat en 2024 d'un autre distributeur britannique de taille plus modeste, Electricity North West, par l'espagnol Iberdrola et intervient alors que les énergéticiens européens réorientent de plus en plus leurs investissements vers les réseaux, qui offrent des flux de revenus régulés et plus prévisibles dans un contexte de forte volatilité des prix.
La base d'actifs régulés de UKPN devrait enregistrer un croissance d'environ 5 % par an jusqu'en 2028, ont estimé les analystes de Jefferies, évoquant un "catalyseur massif" et une initiative "attendue depuis longtemps" pour Engie, tout en soulignant que l'opération réduirait l'exposition du groupe français à la volatilité des prix du gaz naturel.
"Nous avons choisi le Royaume-Uni pour cette acquisition en raison de son engagement clair en faveur de la décarbonation ; leur objectif de neutralité carbone à l'horizon 2050 est juridiquement contraignant ", a souligné la directrice générale d'Engie, Catherine MacGregor lors d'une conférence avec les analystes.
L'expérience tirée de UKPN pourrait aider Engie à se développer dans d'autres régions, a-t-elle ajouté.
Le projet d'acquisition, qui ferait du Royaume-Uni le deuxième pays d'Engie en termes d'activité derrière la France, est basé sur une valeur nette de 10,5 milliards de livres sterling pour UKPN, actuellement détenu par le groupe CK basé à Hong Kong.
UKPN, dont la valeur d'entreprise atteint 15,8 milliards de livres sterling, exploite trois licences de distribution couvrant Londres, le Sud-Est et l'Est de l'Angleterre, représentant un réseau d'environ 192.000 km.
"VALORISATION RAISONNABLE"
Les analystes de Jefferies ont décrit la transaction comme "très positive pour Engie, dont la direction réalise une fusion-acquisition à une valorisation raisonnable, tout en diversifiant ses activités vers les réseaux électriques et en réduisant son exposition au marché libre et au gaz".
Pour les analystes d'AlphaValue, cette acquisition est "stratégique et positive" et ils soulignent dans une note que "la valorisation semble raisonnable en comparaison, en particulier avant la reprise du secteur au cours de l'année dernière".
Les deux courtiers ajoutent que l'opération est relutive, les nouveaux objectifs de bénéfices à moyen terme d'Engie - également présentés mercredi avec les résultats 2025 - étant supérieurs d'environ 9% au consensus du marché, en grande partie grâce à la contribution de UKPN.
Le prix payé par Engie implique un multiple de 1,5 fois la valeur des actifs régulés de UKPN, en ligne avec d'autres opérations dans le secteur mais inférieur à un multiple proposé par KKR et Macquarie en 2022, selon une source proche du dossier.
Pierre-Alexandre Ramondenc, analyste chez Alpha Value, a qualifié cette valorisation de "raisonnable".
Catherine Macgregor en outre déclaré jeudi qu'Engie était confiant dans sa capacité à céder pour 4 milliards d'euros d'actifs afin de financer le rachat de UKPN et que ces cessions pourraient inclure des participations minoritaires.
(Rédigé par Clément Martinot, avec America Hernandez et Dominique Patton à Paris, Andres Gonzales Estebaran à Londres, version française Mara Vîlcu et Benjamin Mallet, édité par Kate Entringer)

0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer