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ECLAIRAGE-Les PME de l'aéronautique poussées à s'unir pour mieux recruter
Reuters12/07/2019 à 12:56

    * De nouvelles fusions-acquisitions à attendre
    * Besoins en recrutements accrus pour servir les avionneurs
    * Recherche "geeks" pour répondre à l'industrie 4.0

    par Cyril Altmeyer
    PARIS, 12 juillet (Reuters) - Les équipementiers
aéronautiques de petite et moyenne taille vont
s'internationaliser, voire fusionner entre eux, pour parvenir à
recruter la main-d'oeuvre nécessaire afin de suivre
l'accélération des cadences de production des constructeurs,
estiment des experts et des dirigeants du secteur.
    Airbus  AIR.PA  compte livrer 63 monocouloirs par mois de la
famille A320 mi-2021, contre 60 cet été, avec en ligne de mire,
selon certaines sources, un objectif de 75 par mois à moyen
terme.
    "Compte tenu de leur carnet de commandes, les avionneurs
aimeraient bien aller plus vite mais forcément la chaîne des
fournisseurs doit suivre, ce qui n'est pas évident", souligne
Gaël Lamant, associé responsable du secteur industrie au sein du
cabinet d'audit-conseil Mazars. 
    "L'une des conséquences est que l'on doit s'attendre à des
mouvements de consolidation dans le secteur des équipementiers",
ajoute-t-il.
    Face l'émergence de mastodontes, comme l'américain United
Technologies  UTX.N  qui prévoit de fusionner sa division
aéronautique avec Raytheon  RTN.N , les PME du secteur vont
devoir surfer sur une nouvelle vague de consolidation qui va
toucher des groupes plus gros qu'eux, soulignent les experts du
secteur.
    "Un grand nombre d'équipementiers français de taille
intermédiaire continuent à prendre des parts de marché et à
étoffer leur gamme de services et complètent leur portefeuille
aussi bien en Europe qu'aux Etats-Unis", dit Matthieu Lemasson,
associé responsable de l'aéronautique, la défense et la sécurité
chez PwC France.
    "D'autres, plus importants, étudient de nouveaux
rapprochements, s'estimant être marginalisés par les 'majors' du
secteur aux Etats-Unis qui continuent à se renforcer. Il devrait
donc y avoir des mouvements dans les 18-24 mois", poursuit-il.
    
    FAVORISER LA DIVERSITÉ
    La question de la taille va devenir d'autant plus cruciale
pour les PME qu'elles ne bénéficient pas du même potentiel
d'attraction auprès des ingénieurs que se disputent les
équipementiers de l'aéronautique et d'autres industries.
    L'analyse de données avec des "data scientists", la sécurité
informatique, la robotique et la fabrication additive (basée sur
l'impression 3D) créent des besoins supplémentaires dans le
secteur aéronautique face aux géants du numérique.
    "L'image de l'industrie traditionnelle n'est pas forcément
un atout vis-à-vis des profils un peu 'geeks'", note Gaël Lamant
de Mazars. 
    En France, l'aéronautique employait 180.000 personnes en
janvier 2019, en majorité chez les équipementiers, selon les
dernières données disponibles du Groupement des industries
françaises aéronautiques et spatiales (Gifas), lequel prévoit
15.000 recrutements en 2019 contre 10.000 en 2014.
    "Les équipementiers de taille intermédiaire comprennent de
plus en plus que le bonheur est dans la diversité", observe
Matthieu Lemasson, citant l'embauche croissante de femmes et de
jeunes diplômés d'écoles formant aux technologies liées à
l'"industrie 4.0" basée sur l'essor du numérique.
    Figeac Aero  FGA.PA , équipementier important d'Airbus, a
formé 1.200 personnes à Figeac (Lot), ville de moins de 10.000
habitants, et entend bien faire de sa différence un atout dans
son internationalisation.
    "Cette culture nous sert bien quand on ouvre des usines dans
des régions du monde où il y a (...) le niveau de formation
théorique de beaucoup d'ingénieurs et de techniciens supérieurs,
comme en Roumanie ou en Tunisie, mais pas le savoir-faire que
nous avons à Figeac", assure Jean-Claude Maillard, fondateur et
PDG du groupe. 
    Au Québec, Aéro Montréal, centre de coordination des acteurs
du secteur aérospatial de la province canadienne, a poussé un
peu plus loin la logique avec un programme permettant de
regrouper deux ou trois PME pour partir ensemble à la conquête
de marchés à l'international.
    "Elles sont trop petites et le fait de les faire travailler
en équipes leur permet d'avoir une plus grande force de frappe",
explique Suzanne Benoît, PDG d'Aéro Montréal. "Et déjà on a
décroché des contrats ailleurs dans le monde."

 (Cyril Altmeyer, édité par Bertrand Boucey)
 

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