Des internautes se moquent de la taxe au gigaoctet
Taxe au gigaoctet : critiquée par le gouvernement, VLC et OVHcloud, la mesure de Laurent Lhardit est moquée par des internautes qui lui envoient la facture.
Une taxe sur Internet tournée en ridicule par les internautes
L'Assemblée nationale a adopté vendredi dernier une taxe de 5,5 centimes par gigaoctet de données transmis aux internautes français. Portée par le député socialiste Laurent Lhardit, cette mesure vise principalement les géants du numérique, mais pourrait aussi toucher des acteurs plus modestes. Sur X, des internautes ont décidé de tourner la proposition en dérision, en calculant ce qu'elle pourrait coûter au Parti socialiste lui-même.
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Dimanche, l'internaute @_mizmo a posté un message dans lequel il explique avoir créé un petit programme informatique pour télécharger en boucle un PDF de 44 Mo consacré à l'historien Marc Bloch, hébergé sur le site du Parti socialiste.
Son script supprime le fichier après chaque téléchargement, le récupère à nouveau et calcule la taxe théorique correspondante. En moins de quatre heures, le compteur affiche 13 109 téléchargements, soit 576 Go de données et plus de 30 euros de taxe fictive. La plaisanterie rencontre rapidement un certain succès sur X.
L'internaute pousse ensuite son raisonnement plus loin : selon ses calculs, 1 000 personnes utilisant le même procédé pourraient théoriquement épuiser en moins de cinq mois les 16 millions d'euros de budget du Parti socialiste.
Une projection purement fictive, qui ne tient notamment pas compte des plafonds prévus par l'amendement. Elle souligne néanmoins une particularité du texte : aucune exemption explicite n'est prévue pour les associations ou les partis politiques.
Le soir même, Christophe Boutry (@Ced_haurus) interpelle directement Laurent Lhardit : « Après 214 683 917 téléchargements de votre site perso, ça vous fera 10 237,20 € à régler. » Il invite ironiquement le député à se rendre au Trésor public pour régler l'addition.
Une taxe qui pourrait aussi pénaliser les acteurs français
Adopté par 11 voix contre 10, l'amendement I-1358 prévoit de taxer les fournisseurs de contenus, avec un plafond de 15 % de leur chiffre d'affaires français ou de 2 % de leur chiffre d'affaires mondial. Ses auteurs espèrent récolter 10 milliards d'euros par an.
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Le gouvernement s'y oppose, tout comme plusieurs acteurs du numérique. VideoLAN, l'association derrière VLC, évoque plus d'un million d'euros de taxe annuelle avant plafonnement. Octave Klaba, fondateur d'OVHcloud, estime la facture à près de 70 millions d'euros pour son groupe.
Certains dénoncent également une taxe qui pénaliserait davantage les contenus culturels volumineux, comme les films et les jeux vidéo, que la publicité numérique.
Laurent Lhardit dénonce de son côté « beaucoup d'exagération », rappelant que les fournisseurs de contenus seraient taxés, et non directement les internautes.
La mesure pourrait toutefois disparaître si les députés rejettent la partie recettes du budget 2027, dont le vote est actuellement prévu ce mardi.
Sources : La Clé publique , @_mizmo sur X , @Ced_haurus (Christophe Boutry) sur X , @Duunkerke sur X
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