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Des gestionnaires se félicitent du développement croissant d'alternatives alimentaires
information fournie par Newsmanagers10/08/2020 à 09:22

(NEWSManagers.com) -

Le dialogue entre les grands groupes alimentaires et la coalition d'investisseurs Fairr, qui réunit 88 investisseurs gérant 13.000 milliards de dollars d'encours, commence à porter ses fruits. Les membres de Fairr, qui réunit entre autres gestionnaires Amundi, BMO et Northern Trust, discutent depuis 2016 avec 25 producteurs et distributeurs agro-alimentaires sur les problématiques de durabilité dans le secteur. Le groupe a dévoilé dans un rapport les premières conséquences de ce dialogue mutuel.

Deux acteurs majeurs de l'agro-alimentaire sur cinq ont ainsi mis sur pied des équipes spécifiquement dédiées au développement et/ou à la vente de produits à base de plantes pouvant être considérées comme des alternatives à la viande et aux produits laitiers. Parmi ces sociétés figurent notamment Marks & Spencer, Sainsbury' s et Tesco. Au sein de Nestlé, 10% des effectifs de recherche et développement sont consacrés à la fabrication de produits alternatifs à base de plantes. Aussi le rapport de Fairr souligne-t-il que sept des quinze plus gros distributeurs agro-alimentaires de la planète vendent ou ont l'intention de vendre des produits à base de plantes comme alternatives à la viande dans leurs rayons boucherie. Pour Jeremy Coller, fondateur du réseau Fairr et responsable des investissements de Coller Capital, " ces données suggèrent fortement que les grandes marques de l'alimentation luttent pour obtenir leur part de ce nouveau marché des produits à base de plantes" .

Deux pionnières et les autres

Les sociétés britannique Tesco et anglo-néerlandaise Unilever occupent les deux premières places du classement de Fairr. Elles sont considérées comme " pionnières" pour avoir été notamment capables d'inclure davantage de sources de protéines durable dans leurs catalogues alimentaires. Leurs conseils d'administration soutiennent en outre une transition vers des protéines alimentaires plus durables et calquée sur des objectifs climatiques. Enfin, elles ont été capables de fournir une analyse climatique de l'ensemble de leurs chaînes de valeur respectives. Parmi les géants de l'agro-alimentaire considérés comme " pro-actifs" figurent entre autres Nestlé, Mark & Spencer, Casino et Carrefour. Les firmes occupant les quatre dernières places sont de nationalité américaine; Walmart, Kraft Heinz, Amazon et Costco. Si la première est jugée active sur le plan de la recherche et de la vente d'aliments alternatifs à base de plantes, les trois autres sont considérées comme étant réactives.

Selon Fairr, le marché des protéines alimentaires alternatives a généré un investissement en capital-risque de plus d'1,1 milliard de dollars durant la première moitié de 2020. Soit plus du double des investissements observés en 2019 (534M$). D'ici 2025, le marché devrait peser 17,9 milliards de dollars. Nina Roth, directrice de l'investissement responsable chez BMO Global Asset Management, estime que l'actuelle transformation " durable" du marché agro-alimentaire " amène des opportunités de taille pour les firmes qui mettent en oeuvre des objectifs stratégiques pour gérer une robuste transition des protéines alimentaires." D'après Nina Roth, les investisseurs veilleront à identifier les leaders et les retardataires de la transformation durable de l'agro-alimentaire.

Son homologue chez Amundi, Caroline Le Meaux, responsable de la recherche ESG, de la politique de vote et de l'engagement, estime que ce changement pour des régimes alimentaires plus durables est devenu un puissant outil pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et améliorer la santé de manière générale. " La chaîne de valeur de la protéine animale est très sensible aux impacts matérialisés d'un climat plus chaud. Les investisseurs voient donc la diversification dans les protéines alternatives comme un moyen de mitiger potentiellement les risques de désastre climatique tout en renforçant leurs capacités de résilience vis-à-vis de la disruption à venir dans le marché de l'agro-alimentaire" , dit-elle.

L'impact du Covid-19

Outre les aléas du climat, la pandémie de Covid-19 ainsi que la peste porcine africaine ont aussi mis sous pression les acteurs internationaux de l'agro-alimentaire. Ces derniers ont en effet fait face à une hausse de la demande des consommateurs pour des produits alternatifs à base de plantes en conséquence de ce double phénomène sanitaire. Le rapport de Fairr note que c'est le cas notamment en Asie. Par exemple, OmniFoods, fabricant chinois de viande de porc alternatif à base de plantes, a enregistré une croissance record non seulement sur le territoire chinois mais aussi sur d'autres marchés asiatiques.

Selon Julia Kochetygova, responsable de l'intendance à long-terme (stewardship) pour la région EMEA chez Northern Trust Asset Management, " la crise du Covid-19 a exposé la fragilité des chaînes de valeur." " Elle met en lumière le besoin de protéines innovantes et alternatives en tant que solution potentiellement plus robuste pour faire face à la demande croissante de protéines à travers le monde."

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