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Dégel diplomatique attendu avec la visite de Xi en Inde, les relations commerciales comme sujet sensible
information fournie par Reuters 10/09/2026 à 13:16
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par Shivangi Acharya, Sarita Chaganti Singh et Mei Mei Chu

Le président chinois Xi Jinping est attendu à New Delhi cette semaine pour une visite officielle très attendue visant à consolider le dégel des relations diplomatiques entre l'Inde et la Chine, mais rien ne semble suggérer que ceci va aller de pair avec une amélioration sensible des échanges commerciaux.

Il est également prévu, lors de sa visite dans la capitale indienne, que le président chinois se rende à un sommet des BRICS, groupe qui comprend désormais dix pays, dont l'Iran et ma Russie.

Les entreprises des deux pays continuent de se heurter à de nombreux obstacles, dont le blocage des investissements, des retards dans la délivrance de visas et des restrictions sur les équipements industriels, ce qui souligne selon les analystes le fossé entre les progrès diplomatiques et l'atonie des relations économiques.

La Chine et l'Inde se sont livré une brève guerre en 1962, ce qui a jeté les bases d'une relation marquée par la méfiance. Une escarmouche frontalière en 2020, qui a coûté la vie à plusieurs soldats de part et d'autre, a davantage dégradé les échanges.

Les relations diplomatiques se sont toutefois améliorées ces dernières années, notamment depuis la visite de Narendra Modi en Chine l'année dernière et alors que les deux nations sont confrontées à des relations instables avec les États-Unis. La dernière visite de Xi Jinping en Inde remonte à 2019.

"La Chine souhaite certainement améliorer ses relations, mais nous attendons de voir dans quelle mesure l'Inde est réellement disposée à les améliorer", a déclaré Lin Minwang, expert de l’Asie du Sud à l'université Fudan de Shanghai, laissant entendre qu'il était peu probable que de grands progrès soient réalisés.

En mars, l'Inde a assoupli certaines de ses restrictions sur les investissements chinois, imposées à la suite des affrontements frontaliers de 2020, en se concentrant sur les secteurs de l'électronique, des biens d’équipement et des cellules solaires.

New Delhi envisage également d'accélérer les procédures d'autorisation pour les coentreprises entre des entreprises indiennes et chinoises dans certains secteurs.

L'Inde a aussi approuvé quelques projets d’envergure, notamment une coentreprise de fabrication entre la société indienne Dixon Technologies DIXO.NS et le fabricant chinois de smartphones Vivo Mobile.

Mais cela n'a pas suffi à faire venir des entreprises chinoises de premier plan telles que les constructeurs automobiles BYD 002594.SZ et Great Wall Motor 601633.SS , qui ont mis en suspens leurs projets d’investissement en Inde après avoir fait l’objet d’une surveillance accrue de la part de New Delhi, selon une source du gouvernement indien.

"DES PARTENAIRES, PAS DES CONCURRENTS"

Les projets d'investissement des entreprises chinoises en Inde font également l’objet d’une surveillance accrue de la part de Pékin, notamment dans les secteurs pouvant impliquer une fabrication sophistiquée et des technologies de pointe, ont déclaré cette source et une autre personne.

Le ministère chinois des Affaires étrangères a déclaré à Reuters que les dirigeants indiens et chinois, qui se sont rencontrés ce mois-ci lors d’un forum régional au Kirghizistan, considèrent que les deux pays sont "des partenaires, pas des concurrents, et qu'ils représentent des opportunités, et non des menaces, pour leur développement mutuel".

Les ministères indiens du Commerce et des Affaires étrangères n'ont pas répondu aux demandes de commentaires.

Selon l'une des sources indiennes, les autorités chinoises ont demandé aux entreprises de ne pas vendre à l'Inde des technologies et des infrastructures stratégiques, notamment des équipements portuaires, des panneaux solaires et des équipements de fabrication de téléphones mobiles. Le ministère chinois du Commerce n'a pas répondu à une demande de commentaire.

L’année dernière, l’Inde et la Chine ont rétabli leurs liaisons aériennes directes et New Delhi a assoupli les procédures de visa pour les professionnels chinois.

Le ministère chinois des Affaires étrangères a déclaré qu’il délivrait des visas aux "ressortissants indiens ayant un besoin réel de se rendre en Chine", conformément à la loi et à la réglementation.

Cette année, des équipements et composants fabriqués en Chine dont l’Inde a besoin dans des secteurs clés tels que l’énergie solaire et l’électronique, ainsi que pour le développement des infrastructures, ont été bloqués aux douanes chinoises, selon le dirigeant du secteur et les deux sources indiennes.

Le blocage des visas et des équipements "va au-delà de simples frictions administratives" et montre la volonté de la Chine d'utiliser la dépendance de l'Inde en matière de commerce et de technologie comme moyen de pression, a déclaré Ajay Srivastava, du groupe de réflexion Global Trade Research Initiative, basé à New Delhi.

En cas de rencontre bilatérale entre entre Narendra Modi et Xi Jinping lors du sommet des Brics, ce qui semble probable, certains obstacles pourraient être levés.

Anup Wadhawan, ancien haut responsable indien du commerce, a déclaré que toute rencontre entre les dirigeants des deux pays "offrira toujours des occasions de mieux aligner les intérêts politiques et économiques".

"Bien sûr, les relations commerciales sont en fin de compte dictées par les intérêts économiques mutuels des citoyens des deux pays. Les discussions bilatérales peuvent toutefois contribuer à permettre à ces voies de porter leurs fruits."

(Avec la contribution de Kevin Krolicki et Joe Cash en Chine ; version française Etienne Breban, édité par Benoit Van Overstraeten)

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