( AFP / DANIEL ROLAND )
Le groupe bancaire allemand Commerzbank a clôturé 2025 sur un résultat historique et vise encore plus haut en 2026 et au-delà, déterminé à préserver son indépendance face à la menace d'un rachat potentiel par l'italienne UniCredit.
L'objectif d'être "un acteur incontournable" parmi les banques européennes a "franchi un pas significatif" en 2025, s'est félicitée mercredi Bettina Orlopp, présidente du directoire de Commerzbank, lors d'une conférence de presse.
La deuxième banque privée allemande a réalisé l'an dernier le meilleur résultat opérationnel de son histoire, en hausse de 18 % sur un an, à 4,5 milliards d'euros.
Son bénéfice net, hors charges de restructuration, a également atteint un niveau record, à 3 milliards d'euros.
Les actionnaires seront récompensés via un dividende en hausse de 70% sur un an, à 1,10 euro par action, et un nouveau programme de rachat d'actions démarre jeudi pour un montant de 540 millions d'euros.
- UniCredit : "rien n'a changé" -
Depuis l'entrée surprise d'UniCredit au capital de la banque francfortoise en septembre 2024, le cours de Bourse a presque triplé, alimentant les spéculations autour d'une acquisition, qui serait désormais bien plus coûteuse pour UniCredit.
La banque milanaise détient aujourd'hui autour de 29% de Commerzbank, tout près du seuil de 30% qui l'obligerait à déposer une offre publique sur le reste du capital.
"Rien n'a changé" concernant la situation "très spécifique" de Commerzbank vis-à-vis d'UniCredit, à la fois son principal actionnaire et un concurrent, notamment en Allemagne, a affirmé Mme Orlopp.
"Si une offre devait être faite, elle sera examinée de manière objective et ouverte", a-t-elle rappelé.
Mais "d'après ce que j'ai compris, il n'est pas prévu qu'il y en ait pour le moment", selon la banquière.
Le PDG d'UniCredit, Andrea Orcel, a souligné lundi en marge de la présentation de résultats records pour sa banque que "les acquisitions ne sont pas une nécessité, mais un moteur de croissance", laissant planer le doute sur ses intentions vis-à-vis de Commerzbank.
- La Bourse déçue -
Pour l'heure, Commerzbank applique sa stratégie alignée sur l'horizon 2028 qui vise à renforcer son autonomie. Ses effectifs resteront stables, après un plan de départ de 3.000 salariés en Allemagne l'an dernier, compensé par des embauches à l'étranger.
La croissance future sera aidée par le programme de relance du gouvernement allemand adopté l'an dernier pour moderniser le pays et étalé sur plusieurs années.
Par ailleurs, la banque investit dans l'intelligence artificielle, notamment pour la relation clients, mais elle n'a pour l'instant chiffré qu'une partie des gains futurs attendus.
En 2025, les revenus de commissions ont progressé de 7%, à 4 milliards d'euros, tandis que le produit net d'intérêts est resté stable à 8,2 milliards d'euros malgré la baisse des taux.
Une ombre au tableau, Commerzbank a rencontré des difficultés dans la gestion d'actifs depuis la reprise en 2024 d'Aquila Capital, un gestionnaire de fonds spécialisé dans les projets d'énergie renouvelable, confronté à des tensions sur son marché.
Le portefeuille de clients acquis par Aquila Capital a été totalement déprécié, a exliqué Mme Orlopp.
Pour 2026, Commerzbank vise un bénéfice net supérieur à 3,2 milliards d’euros, avec un produit net d'intérêts d'environ 8,5 milliards et une hausse de 7% des commissions.
La rentabilité nette sur fonds propres, qui a atteint 10% en 2025 hors restructuration, devrait passer à 11% cette année, pour atteindre 15 % en 2028.
À titre de comparaison, UniCredit a dégagé un ratio de 19% l'an dernier.
Les annonces de Commerzbank ont plutôt déçu les investisseurs, qui attendaient mieux: à la Bourse de Francfort, le titre reculait nettement mercredi en fin de matinée à Francfort, de près de 5%, en queue de Dax.
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