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Commande émiratie de €17 mds d'armements, dont 80 Rafale, pour cimenter les liens avec la France
information fournie par Reuters03/12/2021 à 13:29

(Actualisé tout du long avec précisions)

par John Irish

DUBAI/PARIS, 3 décembre (Reuters) - Les Emirats arabes unis ont signé vendredi des commandes d'armements auprès de la France pour un montant de 17 milliards d'euros, avec notamment l'acquisition programmée de 80 avions de combat Rafale et de 12 hélicoptères de transport militaire Caracal, un renforcement des liens économiques et politiques scellé à l'occasion d'une visite d'Emmanuel Macron.

Le contrat pour la commande de 80 Rafale - d'une ampleur sans précédent pour l'avion de combat de Dassault AVMD.PA - a été qualifié d'"historique" par la ministre française des Armées Florence Parly, citée dans un communiqué. Son montant s'élève à 14 milliards d'euros, indique-t-on dans son entourage.

Cet accord, complété d'une commande pour 12 hélicoptères Caracal d'Airbus Helicopters (groupe Airbus AIR.PA ), a été annoncé à l'issue d'un entretien à Dubaï entre le président français et le prince héritier de l'émirat d'Abou Dhabi, cheikh Mohamed ben Zayed Al Nahyan.

"Les deux dirigeants sont convenus de poursuivre l'approfondissement de leur partenariat pour leur sécurité commune, et de renforcer leur coopération dans la lutte contre le terrorisme et la radicalisation", a précisé l'Elysée dans un communiqué diffusé à l'issue d'une cérémonie de signature, en marge du site de l'exposition universelle Dubaï Expo 2020.

"Outre la présence de trois bases militaires françaises sur le territoire émirien, cette confiance mutuelle se traduit par l'acquisition de 80 avions Rafale, 12 hélicoptères Caracal, et d'éléments associés" pour un montant de plus de 17 milliards d'euros, indique-t-on de même source.

Dans le détail, outre les 14 milliards d'euros de la commande de Rafale, la somme de 17 milliards d'euros recouvre également le montant de la commande des 12 hélicoptères Caracal (un milliard d'euros) ainsi que celui d'une commande de missiles (deux milliards d'euros) auprès du constructeur européen MBDA, contreprise entre Airbus (37,5%), le britannique BAE Systems

BAES.L (37,5%) et l'italien Leonardo LDOF.MI (25%), précise-t-on au ministère des Armées.

LE "LOUVRE ABOU DABI" PROLONGÉ

L'annonce de cette méga-commande de Rafale, qui porte à six le nombre de pays (hors France) ayant acquis l'avion de chasse, a fait bondir le titre du groupe Dassault à la Bourse de Paris. Il s'adjugeait près de 7,5 % à la mi-journée, surperformant largement un marché parisien .FCHI atone au même moment (-0,1%).

Au-delà de ces contrats militaires, des accords entre les deux pays ont également été signés dans les domaines économique et culturel.

La banque publique d'investissement Bpifrance et le fonds souverain d'Abou Dabi, Mubadala, ont ainsi renforcé leur partenariat de coinvestissement, chaque partie devant ajouter deux milliards d'euros sur un horizon de dix ans à leur plate-forme commune destinée à stimuler les investissements dans l'économie française.

Un second accord entre Mubadala et le ministère français de l'Economie et des Finances va établir un cadre permettant aux fonds associés au gouvernement d’Abou Dabi d'investir potentiellement 1,4 milliard d'euros dans des fonds français.

Le partenariat culturel engagé en 2007 entre les deux pays - notamment concrétisé par la création du Louvre Abou Dabi - a vu sa durée prolongée de 10 ans, jusqu'en 2047.

Un accord a formalisé l'extension de la licence sur la marque "Louvre" pour un montant de 165 millions d'euros, avec en contrepartie le prêt de quatre oeuvres emblématiques par le Louvre parisien, explique-t-on à l'Elysée.

"Le paiement correspondant à cette prolongation de la licence de marque sera versé par anticipation, dès la fin de l'année 2022, sans attendre le terme prévu", est-il précisé dans un communiqué du ministère de la Culture.

PRESSIONS DES ONG SUR LES DROITS HUMAINS

Après cette première étape émiratie, Emmanuel Macron doit se rendre au Qatar et en Arabie Saoudite.

Cette visite intervient dans un contexte d'inquiétude croissante des dirigeants locaux à l'égard de l'engagement des Etats-Unis, leur principal allié traditionnel dans le domaine de la sécurité, auprès duquel ils continuent cependant de se fournir largement en matière d'armements.

Avec ces contrats d'armements franco-émiratis, c'est la première fois qu'un proche allié des Etats-Unis dans le monde arabe dépendra davantage de la technologie française que de la technologie américaine, observe Jalel Harchaoui, chercheur de l'ONG contre la criminalité transnationale (Global Initiative Against Transnational Organized Crime).

"Alors que Paris, contrairement à Washington, n'assortit ce type de contrat de presque aucune condition en termes de respect des droits humains, cette nouvelle configuration va donner une énorme marge de manoeuvre à Abou Dabi", explique-t-il.

De son côté, Human Rights Watch a dénoncé dans un communiqué le fait que "la France procède à ces ventes en dépit du fait que les EAU ont joué un rôle de premier plan dans les opérations militaires entachées d'atrocités menées par la coalition dirigée par l'Arabie saoudite au Yémen."

"Emmanuel Macron devrait dénoncer les violations des droits humains" dans les trois pays qu'il doit visiter à l'occasion de sa tournée dans le Golfe, note également HRW.

(Reportage John Irish, avec la contribution de Tim Hepher, version française Myriam Rivet, édité par Jean-Stéphane Brosse et Sophie Louet)

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1 commentaire

  • 03 décembre16:45

    les usa se font pardonner :)


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